Perpignan : “Mon fils de 2 ans est mort sous les coups… Et il est déjà libre !”


"Cela fait un an que mon fils est mort, un an que je me bats pour obtenir des réponses. Au contraire, je suis mis à l'écart de tout. Ce que je sais c'est que mon fils dort dans une petite boîte blanche, au fond d'un trou, et que ses deux assassins présumés sont en liberté. C'est inadmissible. Insupportable. Je vais exploser".

Alan Hervé laisse éclater toute la rage qui le prend aux tripes. A la hauteur de son immense désespoir. Le 28 juin 2012, son petit garçon Nolhan, âgé d'à peine 2 ans, a succombé après avoir été admis en urgence au centre hospitalier de Perpignan. Roué de coups. L'autopsie pratiquée sur la petite victime a montré une fracture crânienne et un hématome sous-dural ainsi que plusieurs hématomes d'anciennetés différentes sur tout son petit corps. Confirmant une terrible vérité : l'enfant est mort des violences qui lui ont été infligées. Mais par qui ?

Quelques jours plus tard, la mère de l'enfant, employée dans une boutique, et son compagnon, chef d'entreprise, tous eux âgés de 25 ans, avaient été placés en garde à vue. Face à leurs versions totalement contradictoires, elle avait été laissée libre sous contrôle judiciaire et poursuivie pour 'non-assistance à personne en danger et non dénonciation de crime'. Son concubin avait, lui, été mis en examen pour 'violences répétées ayant entraîné la mort', puis placé en détention provisoire. Or, ce dernier vient d'obtenir une remise en liberté voilà deux semaines. Ce qui a immédiatement et naturellement déclenché la colère d'Alan Hervé.

"Je n'ai plus rien à perdre"

"Je ne sais même pas pourquoi il est sorti. Je ne suis au courant absolument de rien sur la mort de mon fils. Pour moi, ils sont responsables tous les deux. Je me bats pour qu'elle soit enfermée. Et lui ressort déjà de prison. J'ai été convoqué par le juge d'instruction au mois d'avril, j'ai été auditionné et je me suis presque senti suspect. Et il est dehors. Il a aussitôt réactivé son profil facebook et il a mis une photo avec lui et mon fils qui a des traces sur la joue. Vous trouvez ça normal vous ? La me dit d'attendre patiemment. Mais je vais tout foutre en l'air. Si je le vois, je vais faire un malheur. Si la n'est pas capable de faire son travail, je vais le faire. Tous les deux sont libres de faire ce qu'ils veulent, de vivre normalement. Moi, je ne vis pas depuis un an. Je pleure tous les jours mon petit garçon. Je n'ai plus rien à perdre".

La réaction en chaîne ne s'est pas fait attendre sur Internet. Le compagnon de la mère, qui continue de clamer son innocence, affirme avoir fait l'objet de plusieurs menaces de mort sérieuses, via les réseaux sociaux, avec diffusion d'informations personnelles le concernant. Il a ainsi déposé une plainte et une enquête devait être immédiatement déclenchée afin d'identifier les auteurs de ces messages. Et tenter de ramener la raison, aussi aveuglée soit-elle par trop de larmes. Pour empêcher malgré lui qu'un père ne vienne ajouter le sang à son indicible douleur. Et que lui soit rendue.

"Je ne vais pas laiser accuser un innocent"

"Cela fait 10 mois qu'il était incarcéré et rien ne met en lumière une quelconque responsabilité de cet homme sauf les accusations de sa compagne. Malgré les multiples auditions, commissions rogatoires, expertises…le mystère demeure", explique Me Maurice Halimi, l'avocat du concubin, qui a porté ces mêmes arguments devant la chambre de l'instruction lors de la demande de remise en liberté de son client.

Selon nos sources, lors de la garde à vue, le couple aurait expliqué que l'enfant avait été victime d'une chute et était tombé de son lit. La mère aurait été interrogée à quatre reprises et à l'issue aurait finalement accusé son ami. Aujourd'hui encore, tous deux nieraient en bloc tout acte de sur l'enfant et se rejetteraient mutuellement la faute.

Le compagnon expliquerait qu'il était absent du domicile à l'heure présumée du décès du petit garçon. Qu'il l'aurait découvert ce 25 juin, en rentrant vers midi. Qu'il l'aurait conduit aux urgences mais que son état était irréversible. Elle affirmerait au contraire qu'à 7 heures, l'enfant se portait très bien, qu'elle lui aurait donné son chocolat et qu'elle serait sortie. Le suspect aurait par ailleurs fourni deux ordinateurs à la justice qui auraient été expertisés et dans lesquels se trouveraient des photos de Nolhan qu'il aurait faites, ayant des soupçons, et qu'il aurait gardées au cas où… "Rien n'est prouvé, il n'y a absolument aucun élément à son encontre en dehors d'une déclaration que sa compagne a faite au juge, lorsqu'on lui a annoncé la peine encourue, avant la décision d'un mandat de dépôt. Que l'on ait tous de la peine bien sûr, que l'on essaye de se mettre à la place du père évidemment mais on a le droit de clamer son innocence. La moindre des choses est que l'on s'incline devant la mort de ce petit garçon. Mais on ne sait pas ce qui s'est passé. Je ne vais pas laisser accuser un innocent simplement parce qu'il nous faut un coupable et qu'on ne l'a pas trouvé".

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Source(s) : L'indépendant / Par Laure Moysset, 06.06.2013

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