Saisie d’une plainte déposée par l’association anti-corruption Cicero 29, la justice a ouvert une enquête préliminaire sur l’affaire de la permanence parlementaire de Jean-Jacques Urvoas.
Les investigations sur la permanence parlementaire de Jean-Jacques Urvoas progressent. Le parquet de Lorient (Morbihan) a ouvert une enquête préliminaire pour « détournement de bien public » sur l’acquisition de ce local par l’ancien ministre de la Justice, a appris franceinfo lundi 26 février. « Le procureur de la République semble assez sensible à nos arguments, sinon il aurait classé la plainte sans suite », réagit Jérôme Abbassene, militant de Cicero 29, l’association à l’origine de la procédure. Contacté par franceinfo, le parquet confirme.
Comme le révélait franceinfo fin novembre, l’association reproche à l’ancien député du Finistère de s’être fait « un cadeau de départ de l’Assemblée, un parachute doré ». Jean-Jacques Urvoas est accusé de s’être enrichi avec de l’argent public, en achetant sa permanence – un appartement situé à Quimper – avec ses frais de mandat (IRFM) et en la mettant en vente (pour un montant estimé à 212 750 euros) ou à louer après la fin de son mandat. Si Jean-Jacques Urvoas est le seul à faire l’objet d’une plainte, d’autres anciens députés ont eux aussi réalisé de bonnes affaires immobilières.
Une affaire « dépaysée »
A l’origine, la plainte avait été déposée auprès du parquet de Quimper. Mais le dossier a été dépaysé à Lorient et confié à la division économique et financière de la police de Rennes (Ille-et-Vilaine). « C’est un signal très positif pour nous, connaissant la proximité entre le procureur de Quimper et Jean-Jacques Urvoas, réagit Jérôme Abbassene. Le travail de franceinfo a permis de desserrer l’étau et de faire sortir cette affaire de Quimper. »
Lundi 26 février, Antony Auffret, président de l’association, et Jérôme Abassene ont été entendus pendant deux heures trente par les enquêteurs. « Ils se sont saisis de l’affaire. Cela veut dire qu’il y a un vrai sujet, se félicite Jérôme Abassene. Nous espérons que cela se poursuive jusqu’au tribunal correctionnel ». Contacté par franceinfo, Jean-Jacques Urvoas ne nous a pas répondu pour le moment. En novembre, il s’était défendu en indiquant avoir agi dans les règles.
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Source : francetvinfo
