Nouailhac – Le matraquage sans fin des automobilistes


Ils ont payé 67 milliards d’euros de taxes en 2017, soit presque autant que la recette totale (73 milliards) de l’impôt sur le revenu.

C’est un chiffre qui fait froid dans le dos : ces 67 milliards d’euros représentent l’ensemble des taxes acquittées par les usagers de la route l’année dernière, selon l’enquête annuelle de l’ACA (Automobile club association), la plus importante organisation de défense des automobilistes – 800 000 adhérents –, dont le siège est à Strasbourg. On savait depuis longtemps que la voiture était une vache à lait pour les pouvoirs publics, mais on n’imaginait pas à quel point ! Le président de l’ACA, Didier Bollecker, s’est aperçu que la seule fiscalité du carburant avait représenté 36 milliards d’euros de taxes en 2017, le taux de taxation du Super 95 ayant atteint selon lui le « niveau astronomique » de 182 % et celui du gazole 157 %, ce qui veut dire que « les automobilistes dépensent plus de taxes que de carburant ».

Selon l’étude de l’ACA, non seulement le super SP 95 et le gazole ont augmenté pendant cette dernière année, mais encore les taxes pétrolières ont grimpé là-dessus de 2,8 % sur le super et de 8,2 % sur le gazole. À l’arrivée, à la pompe, le litre de super sans plomb s’est vendu 5,6 % plus cher qu’en 2016, tandis que le litre de gazole s’est renchéri de 11,4 %. La différence s’explique par la volonté du gouvernement d’aligner progressivement le prix du diesel sur celui de l’essence. On aurait pu faire l’inverse, ou rechercher un point d’équilibre entre les deux. Pas de ça, a dit Bercy : on augmente le diesel jusqu’à ce qu’il ait rattrapé l’essence ! Et comme l’essence augmente sans cesse, c’est un jackpot permanent pour l’État.

Les mesures systématiquement hostiles à la voiture ne fonctionnent pas

Trente-six milliards, donc, de taxes sur les carburants en 2017 : « Un délire fiscal dont l’automobiliste a fait les frais à chaque passage à la pompe », dixit Didier Bollecker, qui a donné la liste des autres taxes imposées aux automobilistes : 9 milliards sur les péages, 7 milliards de TVA sur les véhicules neufs, 6 milliards de TVA sur l’entretien, 4 milliards de taxes sur l’assurance, 2 milliards sur les certificats d’immatriculation, 2 milliards d’amendes forfaitaires (radars, etc.) et un dernier milliard pour quelques autres taxes plus petites, ce qui fait bien un total de 67 milliards d’euros, soit près du quart des recettes nettes du budget général de l’État et presque autant que l’impôt sur le revenu. Le budget global de l’automobiliste tricolore a ainsi augmenté en 2017 de 3 à 4,5 % selon les véhicules utilisés, « soit trois à quatre fois la valeur de l’inflation ».

Le président de l’ACA, qui a vertement critiqué pendant sa conférence de presse le malus automobile fondé sur les émissions de CO2 alors qu’elles sont moins importantes pour les moteurs diesel que pour les moteurs à essence, a conclu son intervention en déclarant que « complexifier l’usage de la voiture ou rendre son coût exorbitant pour inciter à s’en passer ne permettra pas de faire adhérer les usagers aux principes d’une mobilité plus responsable ». En effet, d’après lui, « les mesures systématiquement hostiles à la voiture ne fonctionnent pas, car cela revient à nier une réalité : la voiture assure l’essentiel des besoins de mobilité des ménages ». Ajoutons pour notre part que c’est encore plus vrai, hélas, pendant les grèves de la SNCF…

 

Source : Le Point

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