Marinaleda

Marinaleda, le succès d’un village autogéré

Au cœur de l’Andalousie, le village de Marinaleda fait figure d’exemple pour sa gestion et son administration basées sur l’économie sociale et solidaire. En effet, ce village fondé à l’issue de la dictature franquiste n’a eu de cesse d’œuvrer pour le bien-être de ses habitants au fil des années.

A la fin des années 70, les habitants de Marinaleda se regroupent d’abord pour créer un syndicat d’ouvriers agricoles pour défendre leurs droits et tenter d’obtenir de meilleures conditions de travail. Ces travailleurs créent un parti et gagnent les élections suivantes.

Puis au début des années 90, les habitants acquièrent la propriété des terres qu’ils cultivent et sur lesquelles ils vivent depuis de nombreuses années. A travers cette volonté collective, c’est une véritable économie sociale et solidaire « villageoise » qui est instaurée.

L’économie de ce petit village de 2700 habitants tourne essentiellement autour de l’, du conditionnement (grâce à la création d’une usine) et de la vente des produits agricoles. Cette économie est sociale et solidaire en ce sens que l’emploi est favorisé. Quelque soit le poste occupé à l’usine ou aux champs, les employés gagnent tous le même salaire : 47€ par jour. Tous les bénéfices sont redistribués ou investis.

Ensuite, la vie est axée sur une démocratie participative. Tous les habitants sont invités à donner leur avis concernant les décisions à prendre pour la vie du village. Ce n’est pas la règle de la majorité absolue qui prime, le maire va au-delà. Juan Manuel Sánchez Gordillo, réélu à plusieurs reprises, estime que l’accord des habitants doit au minimum avoisiner les 80% pour être représentatif du sentiment de la population. Toutes les décisions sont donc communes.

Enfin, la vie dans le village est aussi basée sur la solidarité et la collaboration. L’exemple le plus parlant est la mise en place de maisons auto-construites. Après avoir habité au moins un an dans le village, tout le monde peut faire la demande d’une maison. La mairie offre le terrain, le gouvernement andalou paye le matériel et les futurs habitants construisent eux-mêmes la maison. Ils devront par la suite payer 15€ par mois pour participer aux frais.

Source : Tout vert 25 novembre 2014

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