Les Français sont toujours des veaux…

Les Français sont des veaux… Cette phrase assassine du général de Gaulle sur les Français, révélée par Jean-Raymond Tournoux et confirmée par son fils Philippe comme n’étant pas rare dans la bouche du Général, est hélas plus que jamais d’actualité. Les Gaulois passaient pour courageux, mais querelleurs et indisciplinés. En fait, l’histoire récente offre le spectacle déprimant d’un peuple capable de se rebeller pour défendre des intérêts catégoriels, mener des grèves contraires au bien commun, mais incapable de se dresser pour montrer sa vitalité, son vouloir vivre !

La plupart des grands pays européens ont bénéficié de responsables politiques vraiment courageux et ont procédé à des réformes difficiles pour lesquelles ils ont su fournir des efforts. La France n’en fait pas partie. Elle appartient à l’Euroland et en souffre, mais n’a pas procédé aux réformes indispensables pour y être à l’aise. Depuis près de quarante ans, les veaux attendent de leurs maîtres qu’ils enrichissent leurs pâturages sans leur demander d’efforts particuliers et maintiennent certaines prairies plus vertes que d’autres tout en chantant le refrain de l’égalité. Lorsqu’ils sont fatigués du bouvier, ils en changent, pour en être déjà mécontents l’année qui suit. Le monde bouge, la France décroche, mais les Français attendent toujours de leurs dirigeants qu’ils redressent le pays sans trop de souffrances.

Ce comportement conduit, bien sûr, à une impasse. Le brinquebalant pouvoir socialiste est discrédité pour n’avoir pas annoncé la couleur et avoir mis en œuvre, après deux ans d’errements, une politique qui n’a pas la moindre chance de succès avant la fin du mandat. Le PS encore divisé par son archaïsme idéologique n’a qu’un faible espoir : celui que la division de la « droite » le laisse en face de madame Le Pen au second tour. Sinon, ce sera comme d’habitude, dans notre pays amnésique, le retour des socialistes, incapables de gouverner, dans leur niche de l’opposition. En face, l’ piaffe d’impatience. Moins ils ont fait leurs preuves au pouvoir, plus l’ambition les dévore. Le désastreux Raffarin se voit président du Sénat. Le remuant Sarkozy va relancer son show avec le talent qu’on lui connaît. Copé va suivre pour se refaire une virginité. Fillon, qui n’a pas eu le courage de casser la baraque quand il était à Matignon, risque de pleurer sur le lait renversé et Juppé, soutenu par Bayrou, espère convaincre par le sérieux et la sagesse de celui qui offrira son intelligence au pays mais en ayant passé l’âge des tourbillons médiatiques. Tous se disent que contre madame Le Pen au second tour, c’est dans la poche.
 
Quant à l’intéressée, elle continue de faire peur et de ne pas susciter la confiance. Les veaux aimeraient bien quitter l’euro qui les étrangle, limiter au minimum l’immigration qui les submerge, mettre fin à la qui les agresse, mais ils pensent aussitôt que les discours qui les font rêver d’un autre destin ne sont pas réalistes et qu’il est préférable de se confier à ceux qui ont déjà fait leurs preuves… même si justement, ils ne les ont jamais faites. Mettre fin à la désastreuse expérience de l’euro est possible à une condition : c’est que ce soit dans le cadre d’une refonte rigoureuse de notre système comme on l’a connue en 1958. Non pas changer de monnaie pour se donner quelques années de facilité illusoire et suicidaire, mais pour redonner au pays une attractivité et une compétitivité salutaires. Les idées socialisantes défendues par le FN ne nous menacent pas d’une pareille cure. Elles font peur par manque de sérieux et non par les efforts exigés. Aucun de Gaulle à l’horizon ! Sur la morne plaine, on s’apprête seulement à changer le spectacle pour réjouir les veaux…

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Source : Résistance / YouTube / ​Boulevard Voltaire, le 14.09.2014

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