Algérie : Khalida Toumi s’excuse auprès d‘El Watan et dément l’information sur l’interdiction du forum de ce journal


Khalida Toumi vient de dégoupiller une bombe qui aurait pu avoir des conséquences pour le moins désastreuses sur l’image de l’Algérie, à la veille de la visite du secrétaire d’Étant American, John Kerry Alger. Il s’agit de l’interdiction des débats mensuels du journal El Watan.

Dans un communiqué, la ministre de la culture dément catégoriquement avoir interdit la tenue des débats du quotidien El Watan , prévus le 9 novembre dans la salle de l’Office de Riadh El Feth ». Le forum mensuel d’El Watan, qui se tient depuis trois ans dans cette même enceinte, doit porter sur la situation politique actuelle en Algérie sous le titre « Statut quo autoritaire : quel coût pour l’Algérie ».

Dans le même communiqué, Kahlida Toumi a condamné « énergiquement » la décision prise par la direction générale de l’OREF d’interdire la tenue de ce forum et s’engage à prendre toutes les mesures pour que cet acte inqualifiable ne se reproduise plus ».

Nous croyons savoir, selon des sources proches de l’OREF, que le directeur de cette institution a été limogé. Il faut dire qu’il n’en est pas à son premier fait d’arme contre la liberté d’expression. La semaine dernière, France 24 enregistrait une émission politique avec des journalistes et des représentants de l’opposition.

Ce directeur, constatant que les débats étaient une critique contre le système, n’avait rien trouvé de mieux à faire que de provoquer volontairement une coupure de courant, empêchant ainsi l’enregistrement de l’émission de se poursuivre. « Ne jouez pas avec le pain de mes enfants », a-t-il réagi face aux protestations des organisateurs de l’émission.

La ministre de la culture , en visite de Tamanrasset, ajoute le communiqué « n’a été informée que le 7 novembre en fin de journée et a immédiatement instruit le Directeur Général de l’OREF de libérer la salle et de contacter les responsables du quotidien El WATAN afin qu’ils tiennent leur conférence ».

Le département de Khalida Toumi précise encore qu’ « une enquête a été ouverte, à l’issue de laquelle seront prises les mesures et sanctions qui s’imposent ». Et de rassurer en soulignant que « en tout état de cause , la conférence pourra se tenir comme prévu à, l’OREF ». Et Khalida Toumi de conclure son communiqué en présentant ses « sincères et profondes excuses au quotidien El Watan et à travers lui toute la presse nationale en les assurant de son engagement à défendre le droit constitutionnel à organiser des débats sur toute question qui les intéresse dans tous les espaces relevant du Ministère de la Culture »

Rappel des faits. Dans sa version en ligne de jeudi , El Watan a indiqué avoir reçu mercredi un courrier de l’Office de Riadh el Feth (Oref, rattaché au ministère de la Culture) qui lui avait loué la salle pour l’occasion dès le 27 octobre, lui demandant d’obtenir une autorisation de la wilaya d’Alger pour pouvoir organiser le débat. Or ce même forum se tient depuis trois ans dans cette salle sans le préalable de l’autorisation de la wilaya.

El-Watan a précisé à l’AFP avoir soumis jeudi une demande d’autorisation à la wilaya pour s’entendre dire: “C’est trop tard”. Le vendredi est jour de week-end en Algérie. Selon le quotidien, “des instructions fermes ont été adressées mercredi soir aux différents services pour interdire et (ou) empêcher la tenue des débats d’El-watan (…) autour du thème +Statu quo autoritaire – Quel coût pour l’Algérie+”.

Interrogé par l’AFP, Omar Belhouchet, le patron du journal, a estimé que la mesure revenait de facto à une interdiction et a dénoncé “une grave atteinte aux libertés” dans un communiqué, alors que le journal organise depuis 2005 des dizaines de débats dans cette cité sans la moindre interférence des autorités.

El-Watan, que M. Belhouchet qualifie de “journal autonome” mais pas de journal d’”opposition”, considère ces débats sur des sujets d’intérêt général comme une poursuite de son travail éditorial. “Cette interdiction intervient alors que le mouvement social est laminé, des journaux sont censurés, un jeune blogueur est jeté en prison, des menaces sont proférées par le ministère de la Défense contre un journaliste d’El Khabar et les atteintes aux libertés se généralisent”, indique le communiqué du journal. Polémique close donc !

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Source(s): Algerie1 / Par Abbès Zineb, le 08.11.2013 / Relayé par MetaTV )

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