Accusé de génocide dans son pays, ce médecin rwandais exerce désormais dans l’Oise


Soupçonné d’avoir participé au génocide rwandais en 1994, le docteur Charles Twagira, qui s’est réfugié en France et a obtenu la nationalité, a été embauché par l’hôpital Paul Doumer, à Labruyère, dans l’Oise. L’établissement était-il au courant de son passé ? La situation pose question…

Est-il moralement acceptable d’employer une personne accusée de génocide dans un hôpital public français ? Malgré la présomption d’innocence en vigueur, la situation pose question…

Car Charles Twagira, 58 ans, aurait participé au génocide de 1994 où800 000 personnes, en majorité Tutsis, ont été tuées. Aujourd’hui, il est employé dans l’hôpital Paul Doumer, à Labruyère, dans l’Oise. 

Au moment de son recrutement le 10 janvier dernier, sa situation n’était apparemment pas connue de son employeur. C’est une semaine plus tard que l’hôpital a su qui était le médecin, et de quoi il était accusé. Aussitôt, l’établissement a saisi la pour savoir de quelle manière appréhender le”cas Twagira”. 

Génocide et crime contre l’Humanité

Visé depuis décembre 2009 par une information judiciaire consécutive à une plainte du Collectif des parties civiles pour le (CPCR), le médecin a été mis en examen pour génocide et crime contre l’Humanité par un juge d’instruction de Paris en mars 2014.

Le 22 mai 2015, il a été remis en liberté tout en restant sous contrôle judiciaire. Depuis, le Dr Twagira devait notamment rester domicilié chez des proches, en Haute-Normandie, et ne pouvait quitter la France sans autorisation. Une décision qui à l’époque avait fait bondir le CPCR, pour qui cette décision paraissait “incompatible avec une véritable ”.

Déjà employé dans un hôpital français​

Malgré ces lourdes accusations, en 2002, le médecin rwandais avait déjà été employé par un hôpital dans le Calvados, où il exerçait dans le service de gériatrie après avoir obtenu la nationalité française. 

Au moment du génocide, le médecin dirigeait l’hôpital de Kibuye, dans l’ouest du . Il est accusé par le Collectif des parties civiles pour le (CPCR) d’être “un des chefs de la milice dans la commune de Kibuye, dont la raison d’être et le but étaient de commettre le génocide des Tutsis”.

Des témoignages édifiants

Selon le CPCR, qui s’appuie sur de nombreux témoignages, “Charles Twagira a notamment usé de ses fonctions de médecin au sein de l’hôpital afin d’y conduire les tueurs et leur permettre de tuer les Tutsi qui s’y trouvaient”, il aurait “organisé des barrages” dans son établissement “permettant aux miliciens de contrôler l’identité de la population et d’empêcher ainsi les Tutsi de fuir” ou encore “ordonné les tueries de Tutsi qui s’étaient réfugiés dans le stade et à l’hôpital”. 

Mais pour l’avocat du médecin, le dossier est vide, tout a été inventé pour écarter une personne “gênant le régime dictatorial de Paul Kagamé”. Mais alors, qui dit vrai ? La lumière sera faite prochainement sur cette affaire, qui débouchera sur un procès en Assises dont la date n’a pas encore été fixée. 

 

Source : France3 /

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