Trafic international d’organes au Kosovo : le cerveau présumé Moshe Harel a été arrêté à Chypre


Les autorités de Pristina ont annoncé l’arrestation récente, mais non datée, à , d’un ressortissant israélien, Moshe Harel, soupçonné d’être l’un des principaux organisateurs d’un réseau de trafic d’organes au , démantelé en 2008. L’extradition du suspect va être demandée au plus tôt.

Moshe Harel est soupçonné d’avoir recruté de riches malades, ainsi que des victimes pauvres qui acceptaient de leur vendre un rein, généralement jamais payé. Les transplantations ont eu lieu entre 2006 et 2008, dans la clinique Medicus, au .

Moshé Harel, recherché depuis 2010 par le Kosovo et inculpé également en 2015 à Tel-Aviv, avec six autres Israéliens, pour leur appartenance présumée à un réseau international de trafic d’organes et de greffes illégales au Kosovo, en Azerbaïdjan, au Sri Lanka et en .

L’affaire Medicus éclate en 2008, lorsqu’un passager s’effondre à l’aéroport de Pristina. Il lui manque un rein, transplanté illégalement à un riche Israélien, qui a déboursé 80 000 euros.

L’enquête met en cause le docteur Dervishi, propriétaire de la clinique Medicus, et un chirurgien turc, Jusuf Sonmez, soupçonné de transplantations illégales dans plusieurs pays.

Deux ans plus tard, un rapport du procureur Dick Marty sur les crimes de la guérilla albanaise de l’UCK évoque un autre trafic d’organes présumé, et le relie à l’affaire Medicus. Le fait le tour du monde et force le Kosovo à créer un tribunal spécial, qui n’a toujours pas émis d’actes d’accusation à ce jour.

Arrêté en 2017, le docteur Dervishi est actuellement jugé à Pristina. Moshe Harel est le deuxième cerveau de ce trafic arrêté par la police. Le docteur Sonmez, lui, est toujours en fuite.

15 000 euros contre un rein

En 2013, un tribunal européen au Kosovo avait condamné cinq médecins kosovars à des peines allant jusqu’à huit ans de prison pour trafic d’organes au Kosovo, une affaire remontant à 2008 et dont les ramifications se sont étendues à travers l’, l’Amérique du Nord et jusqu’au Proche-Orient. 

La Cour suprême du Kosovo a annulé en 2016 ce verdict et ordonné un nouveau procès qui est en cours. Selon le parquet, plus de 30 prélèvements de reins et transplantations ont été faits illégalement dans la clinique Medicus, près de Pristina, fermée en 2008 lorsque le a éclaté. 

Les donneurs, recrutés en ou en centrale, se voyaient promettre chacun 15 000 euros tandis que les receveurs d’organes étaient prêts à débourser chacun jusqu’à 100 000 euros pour une telle intervention chirurgicale, selon la même source. 

Le président du Kosovo mis en cause

L’acte de l’accusation désignait également Moshé Harel comme étant le cerveau du réseau, alors qu’un médecin turc, Yusuf Ercin Sonmez, toujours en fuite, était soupçonné d’avoir effectué les greffes d’organes dans la clinique. 

Dans un rapport publié en 2011 sur un présumé trafic d’organes organisé pendant la guerre au Kosovo (1998-99) par la guérilla indépendantiste kosovare, le rapporteur du Conseil de l’Europe, Dick Marty, avait évoqué un lien entre ce trafic d’organes lors du conflit et le “cas contemporain” de la clinique Medicus. 

Le président du Kosovo Hashim Thaçi, le 11 octobre 2017 à Pristinia

Le président du Kosovo Hashim Thaçi, le 11 octobre 2017 à Pristinia afp.com/Armend NIMANI

Dick Marty avait mis en cause notamment l’ex-chef de la guérilla Hashim Thaçi, actuel président du Kosovo, ce que l’intéressé a vivement démenti. Un tribunal spécial composé de juges et de procureurs internationaux, mis en place à la Haye à la suite du “rapport Marty”, devrait annoncer prochainement ses premières inculpations. 

Lire aussi : Trafic d’organes en Ukraine : L’horreur monte d’un cran 

Sources : Russia Today / L’Express / RFI

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