Procès Dieudonné : Quenelles, LDJ, Ananas, etc… 1


Procès : L’audience de M’Bala M’Bala devant la cour d’appel de Paris aura été agitée, jeudi 17 octobre. L’humoriste comparaissait pour diffamation, injure et provocation à la haine et à la discrimination raciale pour des propos et une chanson dans deux vidéos diffusées sur Internet.
(Voir la en bas de cet article)

Quenelles en cour d’appel !

Le récit de Diktacratie.com

Il y a des chansons qui font danser, d’autres qui consolent ou divertissent. Il y a celles également qui rassemblent, comme les hymnes ou les chants révolutionnaires. Enfin, il y a celles qui taquinent les consciences, au point de bousculer l’opinion. C’est le cas de « Shoananas » de .

Mais voilà, de nos jours, rire de l’Holocauste révélerait chez l’amusé un antisémitisme latent et sournois, intolérable à nos pouvoirs diktacratiques. Petite piqûre de rappel : le degré démocratique d’une nation se mesure à la tolérance qu’un pouvoir accorde à la liberté d’expression…

Aussi, hier après midi, l’humoriste devait répondre de sa sensibilité tendancieuse au Palais de de Paris… Nous y étions, et ce fut surprenant à plus d’un titre.

On croise de tout dans un tribunal, et on se perd facilement. En ce jeudi 17 octobre, il y avait du monde partout, un vrai chaos pour le touriste égaré ! Mais une troublante chorale pour le visiteur averti.

17 octobre, 17ème chambre, facile de ne pas se tromper. Là, ça grouille de caméras et de flics devant la salle, y a même un ananas qui traîne… Mauvaise pioche. Un gardien porté sur l’amabilité a la gentillesse de nous aiguillonner, ici c’est pour Varg Vikernes, créateur du projet musical de black métal, Burzum. Motif d’inculpation :incitation à la haine et discrimination. Tiens, tiens, ce chef d’accusation servirait de leitmotiv pour nos communautaristes susceptibles, que ça ne nous étonnerait plus…

Nous empruntons alors un chemin dérobé nous plongeant dans un dédale de couloirs et d’escaliers jusqu’au palier de l’entrée principale, où une foule attend devant un cordon de gendarmes bloquant l’accès de la salle d’audience. Cette fois, plus de doute. On discute cuisine à tout va : « Les quenelles, avec ou sans sauce? », « L’ananas cru ou cuit ? »

Une brochette d’avocates assaisonnent notre attente. L’une d’elles nous lance : « Je ne savais pas qu’il y avait autant de fachos en France ! ». Si elle était restée parmi nous, elle aurait pu goûter au plat de résistance… à la hauteur de ses fantasmes. Nous y reviendrons…

Toujours est-il que les sympathisants de Dieudonné s’amassent de plus en plus. Ça chante, ça débat, ça fusionne et il fait rapidement chaud. Trop chaud. Une chaleur tournante, un peu comme dans un four. Il nous faut de l’air et les portes donnant sur la cour principale sont juste derrière nous.

Étrangement, cette cour est saturée de comédiens et d’artistes. Sont-ils venus soutenir leur confrère Dieudonné ? Ils sont en fait réunis pour la réalisation d’un film intitulé « 24 jours ». Une fiction relatant le calvaire d’Ilan Halimi, ce jeune juif séquestré par le « gang des barbares ». Ici, le réalisateur Arcady donnant capricieusement ses consignes, là Jacques Gamblin accompagné de Sylvie Testud s’adressent, entourés de faux avocats, à de faux journalistes. Incroyable : dans la cour d’un vrai tribunal se joue une fiction destinée, en définitive, à formater l’opinion et la morale des téléspectateurs… susceptibles de devenir un jour, qui sait, jurés ?

Pour compléter le tableau : Europe 1, France Info et BFM TV sont à l’affût du moindre commentaire de nos comédiens après chaque scène filmée. Sortie d’on ne sait où, Anne Hidalgo, l’épigone de Delanoë, qui parlote avec ses copines actrices… Un camarade dissident, Thomas, se fait photographier d’ailleurs avec elle. Il en profite pour lui montrer la hauteur du soleil.

D’un côté, une lutte réelle se joue pour rappeler les fondamentaux de la liberté d’expression  – et bien sûr ici, aucune presse, aucune personnalité politique pour prendre part au débat. Et de l’autre, on scénarise un drame pour rappeler que certaines libertés sont relatives. Ainsi on instrumentalise une victime, pour en faire l’étendard d’une menace fasciste quelque peu mystifiée. Le système semble manifestement approuver cette propagande.

Reste le clou du spectacle : de retour dans l’enceinte du tribunal, on constate que les amis de Dieudonné sont de plus en plus nombreux. Mais désormais l’ambiance sympathique de tout à l’heure s’est quelque peu tendue. Une quinzaine de furieux ont débarqué. La plupart ont le crâne rasé, certains sont masqués par un foulard. L’un d’eux déploie un drapeau jaune avec un poing noir au centre. Ils insultent la foule, ils veulent se battre.

La maréchaussée s’interpose. L’un d’eux est franchement bousculé. La centaine de partisans de Dieudonné scandent alors « liberté d’expression ! » avant d’entonner la Marseillaise. Un gendarme enlève même son képi, il s’apprête à mettre la main sur son cœur, presque déboussolé, quand il se ressaisit pour évacuer les provocateurs avant que cela ne dégénère. Les injures fusent jusqu’à la sortie du palais. Étrangement, ou plutôt comme il se doit, aucune interpellation. Les agitateurs-provocateurs de la  (Ligue de défense juive) semblent intouchables… en France ! Allez savoir pourquoi, car même aux Etats-Unis, cette organisation est listée terroriste.


Ananas, humour et antisémitisme : audience agitée au procès de Dieudonné

​Récit de l’AFP repris par Le Monde, Le Nouvel Obs

En première instance, le comique avait été condamné à 20 000 euros d’amende. Le parquet a de nouveau requis une peine de vingt jours-amende à 600 euros, signifiant qu’il devait s’acquitter de 12 000 euros ou alors risquer jusqu’à vingt jours de prison.

Les voix des amis de Dieudonné, rassemblés dans la grande galerie du Palais de , ont résonné jusqu’à la salle d’audience pleine à craquer, barricadée par les forces de l’ordre. L’irruption d’opposants cagoulés à l’humoriste a nécessité une intervention policière afin de séparer les deux groupes.

“JE VOUS PARLE D’ANANAS”

Dans l’une des vidéos incriminées, il transformait la chanson d’Annie Cordy Chaud cacao en “Shoah nanas”. L’humoriste soutient que la chanson, dont il attribue la paternité à des détenus, parmi lesquels le terroriste Carlos, fait en réalité référence à des “chauds ananas”“Merci d’être là pour la chanson française, pour la variété”, a ironisé Dieudonné devant ses supporteurs, dont certains brandissaient le fruit exotique.

“Ce n’est pas l’affaire Dreyfus !”, se sont insurgés les avocats de la , SOS Racisme, l’UEFJ et J’accuse !, parties civiles dans ce dossier, devant la“surenchère” de la défense. Outre son avocat habituel, Dieudonné était défendu par trois secrétaires de la conférence du barreau ainsi qu’un détenu de la prison de Poissy qui s’était constitué partie civile pour l’occasion.

“Vous êtes obsédés par certains problèmes, je vous laisse avec eux”, a lancé Dieudonné aux parties civiles qui l’interpellaient sur la Shoah. “Moi je vous parle d’ananas, c’est un fruit qui me passionne”, a-t-il ajouté, arrachant quelques rires à la salle.

“VOUS N’ÊTES PLUS UN COMIQUE MAIS UN IMPRÉCATEUR”

“On ne peut pas rire de tout. M. M’Bala M’Bala a dépassé les limites admises de la liberté d’expression, y compris celles accordées à un humoriste”, a déclaré l’avocate générale. Au prévenu qui se revendiquait de Coluche et Desproges, elle a rétorqué : “Eux ne croyaient pas ce qu’ils disaient, ça se voyait. Vous, on a l’impression que vous n’êtes plus un comique mais un imprécateur.”

Le ministère public a également rappelé que Dieudonné avait déjà été condamné six fois pour les mêmes motifs et devait toujours régler 36 000 euros au titre de ses précédentes condamnations.

Dans sa plaidoirie, Jacques Verdier a déploré “une spirale de condamnations de principe” ayant pour seul but de faire passer son client pour “l’antisémite par excellence”. La cour d’appel rendra sa décision le 28 novembre.

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