pourquoi la russie a-t-elle besoin de l’europe de l’est


Et, pourquoi l’Europe de l’Est a besoin de se débarrasser de la ?

La frontière de la avec l’Europe est l’endroit le plus sanglant dans le monde. Prise entre les grandes puissances de l’Occident et la puissance de la , la région a vu quelques-uns des pires conflits de l’histoire.

Pendant la Deuxième Mondiale, environ 17 millions de soldats ont perdu la vie dans des batailles sur ce front oriental.  A titre de comparaison, dans l’ouest, moins de quatre millions de soldats sont morts, incluant le Jour J, la Bataille des Ardennes et toutes les autres batailles dont nous entendons parler plus souvent.  Et, ces chiffres ne comprennent pas le très grand nombre de civils qui ont perdu leur vie lors de la bataille de Stalingrad ou le siège de Leningrad et d’autres affrontements terribles.

Les chiffres pour la Première Mondiale sont tout aussi épouvantable ; Des estimations approximatives indiquent que 5 millions de soldats ont perdu la vie en combattant sur ce front oriental.

Les conflits entre l’Europe et la sont sanglants et fréquents.  Cette histoire donne le contexte nécessaire pour comprendre ce qui se passe en et comment l’Europe va réagir.

Pourquoi l’Europe de l’Est est-elle secouée ?

La liberté dont bénéficie l’Europe de l’Est est inhabituelle, même en termes de l’histoire récente.  Pour la majeure partie du 20ième siècle, toute la région a été conquise par la Russie.  L’Estonie, la Lettonie, la et la n’ont passé que 30 de ces 100 années, libres et autonomes.

Les pays d’Europe centrale et orientale ne peuvent exister que lorsque les puissances environnantes sont faibles.  La dernière fois que ce fut le cas pour une longue période de temps, c’était dans l’histoire antérieure de la région.  Au 13ième siècle, les Mongols ont conquis la Russie de l’Est, en gardant le pays captif pendant plus de 200 ans.  Pendant ce temps, l’ devait encore s’unir et devenir la grande puissance continentale de l’Europe.

Le vide a permis à la de se développer sous la forme d’un Commonwealth -.  La Suède a également été une grande puissance dans la région, tandis que les chevaliers allemands dirigeaient la région qui est maintenant l’Estonie et la Lettonie.  Sans une menace de l’est, la était en mesure de tenir sa place.

Dans le sud, le vide a été comblé par l’Empire Ottoman.  La Bulgarie, suivie par la Moldavie (ensuite connue comme Moldova) et la Roumanie, tomba aux mains des Ottomans.

Lors de l’avènement d’une Russie forte, tout ceci a changé.  La Pologne avait tenté de profiter de la faiblesse de la Russie au début du 17ième siècle, mais, bientôt, ses chances avaient disparues.  Le territoire de l’ a commencé à glisser d’entre les mains de la Pologne vers celles de la Russie.  La zone qui est maintenant l’Estonie et la Lettonie a glissé entre les mains de la Russie au début du 18ième siècle, et la Pologne est devenue un état vassal, dominé par la Russie. À la fin des années 1700 la Pologne a disparu entièrement, divisée entre la Prusse, l’Autriche et la Russie.

La Russie a continué à se heurter avec la Suède dans le nord et à l’Empire Ottoman dans le sud.  Mais, peu de pays dans le milieu pouvaient être libres.  Ils n’avaient tout simplement pas la puissance pour se maintenir contre les empires concurrents.

Les pays du nord-est de l’Europe n’ont pu regagner leur liberté qu’après 1917, quand l’empire russe, usé par la , s’est effondré avec la révolution bolchevique.  L’Estonie, la Lettonie, la et la Pologne ont regagné leur indépendance de la Russie.  Plusieurs pays dans la région des Caucases ont essayé d’en faire autant, mais, ont échoué.  L’ a également été incapable de regagner son indépendance, alors que la Pologne reprenait une partie de son territoire occidental.

Quelques décennies plus tôt, la Bulgarie et la Roumanie sont également devenues libres, en regagnant leur indépendance de l’Empire Ottoman avec le soutien de la Russie, à la fin du 19ième siècle.  La Russie n’a pas pu s’en emparer car elle craignait les puissances occidentales de l’Europe.  Moldova a regagné sa liberté après la Première Guerre Mondiale et a voté pour rejoindre la Roumanie.

Cette période de faiblesse de la Russie n’a duré que seulement 20 ans ; La Russie a repris toutes ces nations pendant la Seconde Guerre Mondiale.  La Pologne a de nouveau été divisée avant d’être conquise entièrement par la Russie. Abandonnée par l’Occident, la Pologne a été contrainte de passer les 40 années suivantes sous le contrôle de la Russie.

La leçon pour l’Europe de l’Est est simple : Elle ne peut être libre que lorsque la Russie est faible.  La crise en Ukraine démontre que, une fois de plus, la Russie est de plus en plus forte.

Domination soviétique

L’Europe de l’Est a terriblement souffert sous la domination communiste.  La plus célèbre atrocité est l’Holodomor de 1932 à 33, la famine délibérée des paysans en Ukraine.  Le Livre noir du communisme estime que plus de 6 millions de personnes ont été assassinées.  Et, assassinat est le mot juste ici.  Les autorités russes ont délibérément caché et même exporté les denrées alimentaires alors qu’elles savaient que les paysans étaient affamés.  Elles ont également empêché par la force les paysans de l’Ukraine de quitter leurs terres pour acheter de la nourriture ailleurs.

Le reste de la région a également beaucoup souffert.  De 1940 à 1953, les autorités russes ont déporté 200000 personnes des pays Baltes ; Ils en ont emprisonné 75000 autres dans les goulags. Dix pour cent de la totalité de la population adulte a été soit emprisonné ou déporté.  En Moldavie, 120000 personnes ont été déportées, 7 pour cent de la population.  Pendant ce temps, 300000 personnes ont été déportées de l’Ukraine.

Lorsque la Russie a conquis la Pologne orientale, au début de la Deuxième Guerre Mondiale, ils ont déporté environ un million de Polonais.  Cent mille personnes sont mortes dans des camps de détention ou en route vers leurs nouvelles destinations ; 30000 personnes ont été abattues.

Six cent mille personnes ont été déportées de la Hongrie ; Autour de 750000 autres personnes ont été emprisonnées.  Les chiffres sont tout aussi horribles pour les autres pays dominés par l’Union Soviétique.  Le Livre noir du communisme estime que 1 million de personnes sont mortes à cause des régimes communistes en Europe de l’Est.

Il est facile de laisser ces chiffres devenir de simples statistiques. Mais qu’est-ce qu’ils veulent dire ?  que dans la mémoire vivante des proportions énormes de ces pays ont été déportées, enfermées, ou pire . Une fois les pays libres ils ont été contraints de vivre sous ce régime répressif. La domination soviétique a laissé des cicatrices qui ne sont pas guéries aujourd’hui.

 Quelles sont les craintes de la Russie ?

Mais, la Russie a trop souffert également.  En 1953, sous l’Union Soviétique, 14 millions de personnes ont été enfermées dans les goulags. Sur le front oriental, pendant la Seconde Guerre Mondiale, environ 14 millions de civils sont morts.  Plus de 11 millions étaient des civils soviétiques (en se basant sur les frontières d’avant la guerre).  En incluant les décès des militaires, environ 15 pour cent de la population totale de l’Union Soviétique est morte pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Ce n’était pas la première guerre au cours de laquelle la Russie jouait un rôle essentiel dans la défaite d’un tyran européen, avec un coût monumental.  En 1812, Napoléon a lancé son invasion désastreuse de la Russie.  Il a perdu un demi-million d’hommes dans la campagne, ébranlant ainsi son aura d’invincibilité. Mais, la Russie a également encaissé un grand coup.

La Russie a également appris une leçon importante à partir de l’histoire de cette région : Les puissances européennes menaceront périodiquement de détruire complètement la Russie et la seule façon de se défendre est de garder cette puissance le plus loin possible du cœur de la Russie.

Napoléon a commencé son invasion à 550 miles de Moscou et à 420 miles de Saint-Pétersbourg.  Hitler a commencé son invasion à partir d’une distance similaire.  La Russie aurait-elle survécu si ces invasions avaient été lancées à partir de l’Ukraine, qui est à moins de 300 miles de Moscou, ou de l’Estonie, qui est à moins de 100 miles de Saint-Pétersbourg ?

D’où les actions de la Russie en Ukraine aujourd’hui.  Poutine ne panique pas.  Il ne voit pas un Napoléon en Europe présentement, aucun dirigeant capable d’amener les armées européennes à Moscou, mais, il sait que le potentiel est présent.  Vous ne pouvez pas défendre une nation juste en espérant que les parties les plus sombres de l’histoire de votre nation ne se reproduiront plus jamais.  Donc, Poutine veut s’assurer que l’Europe reste le plus loin possible de ses frontières.

Ce qui nous amène à l’impasse actuelle.  L’Europe de l’Est a une longue histoire de domination par la Russie.  Pourtant, cette domination a sauvé la Russie deux fois dans les deux derniers siècles.  L’espace que la Russie a créé en poussant tout vers l’ouest signifie que toute invasion serait tellement longue qu’une armée européenne devrait faire face au redoutable hiver russe.  Cela signifie que repousser la Russie vers l’est ne sera pas une tâche facile : Il s’agit de la survie de la Russie.  Il faudra plus que quelques manifestants à Kiev pour faire abandonner la Russie.

Ainsi, alors que la Russie continue à pousser, l’Europe centrale et orientale, avec leur longue histoire de souffrances aux mains de la Russie, continue à résister. Mais, ils savent qu’ils ne peuvent pas résister seuls.  Sans un solide allié étranger, les états indépendants de l’Europe centrale et orientale confirmeront leur statut en tant qu’anomalies historiques, des nations qui ne peuvent pas durer plus que quelques décennies, alors que la Russie reste intacte et à la porte d’à côté.

À la recherche d’alliés

Il existe deux sources possibles pour cette aide : Les États-Unis et le reste de l’Europe.  Au cours des dernières années, l’Amérique s’est montré à mainte reprise non-disposée à se lever pour cette région.  Cependant, avec la dernière poussée de la Russie, ces pays tentent encore une fois de convaincre l’Amérique pour les soutenir.

Bien que l’option européenne n’ait démontré que peu d’espoir, les nations de l’Europe de l’Est peuvent l’influencer.  Ils essaient de forger l’Union Européenne en une puissance qu’ils aimeraient avoir, et ils veulent s’assurer qu’ils seront au cœur de cette puissance.

Le Premier Ministre de la Pologne, Donald Tusk, a récemment appelé l’Europe à former un marché unifié de l’énergie afin de briser « le monopole de l’énergie » de la Russie sur le continent.  Il a également déclaré que la Pologne devrait envisager d’adhérer à la zone euro.  Bien que la Pologne se méfie des économies de la zone euro, elle est plus préoccupée par la défense de la nation.

« D’un point de vue stratégique, notre adhésion à la zone euro serait un autre point d’ancrage de la Pologne dans le groupe des plus importants pays occidentaux et améliorerait notre sécurité », a déclaré Donald Tusk dans une entrevue publiée dans Polityka, le 9 avril.  « Tôt ou tard, nous devrons retourner à cette discussion. »

En fait, la proximité de cette région avec la Russie est le plus grand facteur en faveur de l’adhésion à la zone euro.  L’Estonie et la Lettonie, qui ont des frontières communes avec la Russie, ont rejoint la zone euro.  La Lituanie, qui n’en a pas, s’est abstenue.

L’Europe a démontré quelques signes limités d’action.  La crise de l’Union Européenne est « appel au réveil », a déclaré le chef adjoint du service des actions extérieures de l’Union Européenne, Maciej Popowski, le 15 avril, lors d’une réunion des Ministres de la Défense de l’Union Européenne à Luxembourg, en ajoutant que « maintenant, nous devons prendre au sérieux la défense ».  Le Ministre des Affaires Étrangères de l’Union Européenne, Catherine Ashton, a demandé au groupe, « Si l’Ukraine n’est pas un déclencheur pour prendre au sérieux les dépenses militaires, la mise en commun et le partage, au sujet d’une défense intelligente, alors, quoi d’autre avons-nous besoin pour devenir vrais ? »

Pour être sûre, l’Europe de l’Est a besoin d’une force militaire en poste dans ces pays qui serait capable d’empêcher une invasion.

Mais, parler ne coûte pas cher.   L’Union Européenne n’a fait que très peu, autre que de parler.  L’ a déployé certaines forces en Europe de l’Est.  Pour les pays, comme l’, même l’envoi d’une poignée d’avions en Europe de l’Est est un grand pas.  Mais, pour l’Europe de l’Est, c’est loin d’être suffisant.

« Il y a un profond sentiment de trahison en Europe centrale », a écrit la société du renseignement américain, Stratfor.  « Le gouvernement polonais qui a demandé la protection massive et permanente de l’ n’a rien reçu . … Les pays de la Baltique au sud de la Bulgarie ont le sentiment que les institutions européennes, sur lesquelles ils avaient compté et qui peut inclure l’, ont échoué ».

L’Europe de l’Est a besoin de quelque chose de beaucoup plus drastique que ce que nous avons vu jusqu’à présent.  Pour l’Europe de l’Est, l’invasion de la Crimée par la Russie a complètement brisé l’illusion de la « fin de l’histoire », que lors de la chute de l’Union Soviétique nous sommes entrés en quelque sorte dans une nouvelle époque magique où la guerre était une chose du passé. Pour être sûre, l’Europe de l’Est a besoin d’une force militaire en poste dans ces pays qui serait capable d’empêcher une invasion.

Les membres de l’ de l’Europe de l’Est sont probablement à l’abri de la Russie pour l’instant ; Mais probablement à l’abri n’est pas du tout rassurant quand l’existence de votre nation est en jeu.  Mais, l’ n’a pas posté de forces militaires significatives en Europe de l’Est.  Les États-Unis peuvent se retirer de la région avec seulement un discours ou un morceau de papier.  Sans un nombre significatif de soldats sur le terrain, les garanties peuvent être retirées en un instant.  Les garanties de l’ sont probablement bonnes aujourd’hui.  Mais, qu’en sera-t-il dans cinq ans ?  Ou 10 ou 20 ans ?  L’Amérique a rompu toutes ses promesses.  Pas étonnant que l’Europe de l’Est craigne que la parole de l’Amérique ne les protège pas beaucoup plus longtemps.

Donc, l’Europe de l’Est veut plus de mesures drastiques.  Les demandes d’aides aux États-Unis continueront, mais, en même temps, ces pays feront un effort sérieux et soutenu pour que l’Europe se ressaisisse.  Pour eux, cela signifie des troupes françaises, allemandes et britanniques stationnées dans leurs pays.  Cela signifie une certaine sorte d’armée européenne.

L’histoire de l’Europe de l’Est démontre que la survie de ces pays pourrait être en jeu, et ils le savent.  Le 14 mars, l’Associated Press a sondé l’humeur dans ces pays. Voici comment ils résument la situation :

« Les promesses d’aide de l’Occident brisées.  Une histoire tragique d’invasion russe qui remonte à des siècles.  Une prise de conscience douloureuse que les conflits dans cette région instable sont contagieux.  Ce sont les facteurs qui font que les nations à travers l’Europe de l’Est regardent les événements en Ukraine et tremblent. »

Cette même crainte transpire dans une récente entrevue de Jeremiah Jacques avec l’ambassadeur de la Lituanie aux États-Unis.  « Puisque les choses ressemblent de plus en plus à celles du 19ième ou du 20ième siècles, nous devons être courageux », a déclaré l’ambassadeur.  « Nous avons besoin de plus de stratégies. »

L’Union Européenne se déplace lentement, mais, au cours des semaines et des mois à venir, l’Europe centrale et orientale procédera à une poussée soutenue pour une Europe grandement unifiée.  Poutine peut aggraver la crise ukrainienne.  Mais, tout ceci ne quittera pas l’esprit de ceux qui vivent tellement proches de la Russie. La crise de la Crimée a envoyé une secousse à travers l’Europe, mais, nous n’avons même pas encore commencé à voir les changements durables que ceci apportera.

Ce sont des changements que nous avons prévu depuis des décennies.  Nous avons dit depuis longtemps qu’une Europe unifiée, à la fois avec une jambe orientale et une jambe occidentale, va émerger.

Aujourd’hui, la jambe orientale a un fort désir pour cette superpuissance européenne, une volonté de créer cette puissance que nous n’avons jamais vu auparavant.  Ces pays d’Europe orientale connaissent leur propre histoire ; Ils savent que c’est une question de vie ou de mort.

Cette histoire signifie que nous pouvons nous attendre à une réponse déterminée de l’Europe de l’Est et non pas quelque chose qui va s’essouffler après quelques mois. Certains peuvent être tentés de former une alliance avec la Russie, mais, ceux qui ont le plus souffert sous la domination soviétique se tourneront vers l’Europe avec une vigueur renouvelée.

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Source(s) : The Trumpet, le 23.04.2014 / Traduction : PLEINSFEUX.ORGRelayé par Meta TV

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