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Paradis fiscal au Luxembourg : quand Juncker se scandalisait des accusations chez Pujadas


– Fervent défenseur de la place financière que représente son pays, n’a pas toujours été aussi discret lorsqu’il s’agissait d’enquêter sur les coffres luxembourgeois. Alors que le Grand-Duché est éclaboussé par la publication de documents évoquant sa responsabilité dans l’optimisation fiscale des multinationales, le nouveau président de la Commission européenne s’est abstenu d’intervenir. Une enquête est actuellement en cours à , visant à savoir si les agissements du sont assimilables à des subventions d’Etat déguisées.

a été premier ministre du Luxembourg entre 1995 et 2013, ministre des Finances entre 1989 et 2009, président de L’Eurogroupe (représentation des ministres des finances de la zone euro) entre 2005 et 2013.

“La Commission a parfaitement le droit de lancer des enquêtes de ce type, qui ne concernent d’ailleurs pas le seul Luxembourg”, a-t-il déclaré. “La Commission fera son travail, moi je m’abstiendrai d’intervenir, puisque c’est un dossier qui concerne la commissaire chargée de la concurrence, qui doit avoir une grande liberté d’action et de propos. Je ne la freinerai pas, parce que je trouverais ça indécent. J’ai une idée sur le sujet, mais je la garderai pour moi.”

Direct très musclé sur le 20h de

Pourtant, en 2008, celui qui n’était encore que le premier ministre du Luxembourg avait défendu la place financière de son pays avec véhémence. Critiquant les amalgames d’un de , mélangeant “paradis fiscal” et “secret bancaire”, Jean-Claude Juncker avait déploré un sujet “proprement ridicule”, “caricatural”, marqué par une “condescendance bien franco-française”. Egalement jugé “superficiel”, il avait ensuite attaqué “ce journalisme primaire”.

Malmené sur son propre plateau, David Pujadas avait été rejoint par Arlette Chabot un peu plus tard, en qualité de directrice de la rédaction de France 2. Dans une lettre datée du lendemain, elle notait que le avait provoqué “votre irritation”. “Je dois à la vérité de dire que je peux la comprendre. La frontière entre “paradis fiscal”,” blanchiment d’argent” et “secret bancaire” n’était pas vraiment établie. La mise en image était facile, voire de mauvais goût. Je vous demande de ne pas considérer ce comme une nouvelle de “l’arrogance franco-française” mais plutôt comme une insuffisance professionnelle. Connaissant votre disponibilité, votre courage face aux questions des journalistes, je me dois de vous présenter des excuses”.

Pourquoi les révélations #LuxLeaks brisent son raisonnement

Le reportage était à l’époque incomplet, ne montrant à aucun moment pourquoi le secret bancaire devait être abandonné. Pas plus qu’il ne démontrait que le Luxembourg violait les lois européennes et internationales en matière bancaire et financière ou qu’il accueillerait des établissements à l’origine de la crise bancaire. Néanmoins, les révélations de jeudi offrent du grain à moudre aux auteurs du reportage.

Les accords passés entre 2002 et 2010 entre le Luxembourg et les grandes entreprises représenteraient des milliards d’euros de recettes fiscales perdues pour les Etats où ces multinationales réalisent des bénéfices, avancent l’ICIJ (Consortium international des journalistes d’investigation), qui révèle l’information, et ses médias partenaires, dont Le Monde en France, au Royaume-Uni, le Süddeutsche Zeitung en , ou l’Asahi Shimbun au .

Dans son enquête de six mois baptisée “Luxembourg Leaks” ou “LuxLeaks”, l’ICIJ a eu accès à 28.000 pages de documents de “tax ruling” montrant comment de grandes entreprises s’appuient sur le Luxembourg et ses règles fiscales souples, mais aussi sur les déficiences de la réglementation internationale, pour y transférer des profits afin qu’ils n’y soient pas taxés, ou très faiblement.

Source : Huffington Post 05 octobre 2016

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