Opposants et forces de l'ordre à Notre-Dame-des-Landes, le 15 décembre 2012. (J-S. EVRARD/AFP)

NDDL : comment le gouvernement compte évacuer la ZAD

NDDL : Près de 600 gendarmes vont être déployés sur zone ce mercredi, selon nos informations.

 L’exécutif a enfin tranché. A la sortie du conseil des ministres, mercredi 17 janvier, Édouard Philippe a officialisé l’abandon du très controversé projet d’aéroport de NotreDamedesLandes. Une décision qui met fin au plus ancien conflit environnemental de France et à un interminable feuilleton. Esquissé pour la toute première fois à la fin des années 1960, le projet avait été relancé en 2000, mais se heurtait depuis à une opposition farouche.

Le projet d’aéroport abandonné, le gouvernement devrait procéder à l’évacuation de la ZAD (zone d’aménagement différé), devenue cette fameuse “zone à défendre”, où se sont installés 150 à 200 opposants. Une opération potentiellement délicate, tant en raison de la nature du terrain – un bocage de près de 1.600 hectares – que du nombre d’opposants qui se trouvent sur place. Si les opposants à l’aéroport viennent d’obtenir gain de cause, certains militants avaient prévenu que même en cas d’abandon du projet, ils ne partiraient pas.

600 gendarmes déployés sur zone

Comment le gouvernement compte-t-il procéder cette fois-ci ? La gendarmerie s’est depuis des mois préparée aux différentes hypothèses. Une source proche des forces de sécurité commente :

“Les options ont été travaillées et planifiées. Leur déclenchement ne dépendait que du pouvoir . Mais en terme opérationnel, tout était prêt sur le papier.”

Si l’abandon du projet était qualifié de “solution la moins problématique”, la crainte d'”irréductibles” est mise en avant pour motiver “l’évacuation complète” du site.

Dès ce mercredi soir, selon nos informations, 600 gendarmes vont être déployés sur la zone même, soit 500 hommes issus des escadrons de gendarmerie mobiles habitués au maintien de l’ordre et 100 gendarmes locaux. Leur mission : intervenir à tout moment en cas de dégradations, en cas de frictions ou plus globalement “en cas de tout trouble à l’ordre public”. Le projet est de passer à l’action rapidement dès que des activistes violents passent à l’action ou sont repérés.

Le principal enjeu, à ce stade, est d’éviter que des concentrations localisées ne posent problème. La question du contrôle de la départementale 281 – qui traverse la ZAD et est fermée à la circulation depuis 2012 en raison de la présence de plusieurs obstacles – est aussi particulièrement stratégique.

Contenir les éventuels renforts des zadistes

Sur la ZAD en elle-même, les gendarmes savent la mission complexe, mais les autorités se refusent à tout commentaire sur des risques éventuels de guérilla. En ce qui concerne les moyens déployés, outre les gendarmes mobiles et des hélicoptères, le groupement blindé de la gendarmerie mobile (GBGM) est prêt avec des véhicules peu habituels dans les manifestations en métropole. Mais le recours à l’armée de terre n’est pas explicitement cité.

L’obsession des forces de l’ordre est de contenir les éventuels renforts des zadistes. Tout sera mis en œuvre pour éviter que des manifestants ou militants rejoignent les lieux, que ce soit des familles ou les redoutés “black blocs” que les services de renseignement tentent de localiser mais qui pourrait davantage passer à l’action dans des centres-villes notamment à Nantes ou Rennes. C’est dans ce but que, dans ces villes, des CRS ont été déployés dès mardi soir – quatre compagnies à Nantes, et deux à Rennes.

Ces derniers mois, le  Centre de renseignement opérationnel de la gendarmerie (Crogend) a œuvré pour collecter des informations sur les localisations, préparatifs et autres soutiens des zadistes, une population évaluée à 300 personnes sur place, avec des pics à 350 ou 400.

L’opération sera dirigée depuis le siège de la Direction générale de la gendarmerie nationale, près de Paris, et des postes de commandement sur place. Reste une inconnue à propos de cette opération : son nom de code.

Source: L’OBS 17/01/2018

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