Des mammographies dès 40 ans pour être « rentable » : un petit scandale


C’est ainsi que certains utilisent la peur afin d’engranger des bénéfices, c’est une technique qui marche très bien et qui fonctionnera encore longtemps. Personne ne dira aux femmes que les rayons X à répétition sont également une source évidente de . Nous vous invitons à regarder la ci-dessous afin de comprendre la réalité statistique de ces mammographies, ceci en dehors de tout conflit d’intérêt.

Plusieurs camions sillonnent l’Hérault pour offrir aux femmes âgées de 40 à 74 ans une mammographie gratuite pour lutter contre le du sein. Dans la réalité, l’association inclut les femmes de 40 ans pour être « rentable », alors qu’aucune autorité sanitaire ne recommande le dépistage systématique à cet âge-là.  

Des mammographies dès 40 ans !

C’est le petit dans le monde de la mammographie. Une association composée de plusieurs médecins (Association Montpellier-Hérault pour le Dépistage du du Sein, AMHDCS) dispose de deux camions équipés de mammographes qui sillonnent les routes de l’Hérault pour trouver les âmes volontaires.

Sauf que l’association s’autorise à faire passer des mammographies aux femmes âgées de 40 à 49, contre toutes les recommandations nationales et internationales sur ce sujet ! D’après les professionnels de à la tête de cette association, ils auraient eu la bénédiction de la Caisse primaire d’Assurance Maladie et de l’Agence Régional de . Rien que ça.


Source : site de l’association AMHDCS


Le collectif Cancer Rose nous fait part du flyer le plus récent produit par l’association, avec une mention proprement choquante :

« Le mammobile, 100 % utile dès 40 ans »

Pas 50, 70 ou 90 %, non ! 100 % utile ! Pourtant ni la Haute Autorité de (HAS), ni l’Institut National du Cancer (INCa) ne recommande le dépistage sous cette forme à partir de 40 ans.


Source : Cancer Rose


En fait, les bénéfices du dépistage systématique font tellement polémiques que l’on doute fortement aujourd’hui du bien-fondé de cette pratique pour les femmes âgées de 50 à 74 ans. Mais avant 50 ans, il n’y a aucun doute, les risques l’emportent catégoriquement sur les bénéfices.

Justement, toutes les études les plus solides et les plus récentes ne recommandent pas le dépistage systématique avant 50 ans ! Que ce soit le célèbre groupe de travail américain, l’US Preventive Task Force, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), ou encore la collaboration Cochrane.

Cécile Bour, du collectif Cancer Rose, nous rappelle que l’on ne recommande pas le dépistage à partir de 40 ans à cause du risque très important de surdiagnostic, « majoré d’une irradiation excessive et cumulative en raison de la densité mammaire importante avant la ménopause.«

Le surdiagnostic, c’est tout simplement la détection d’une anomalie, d’un pseudo-cancer, qui n’aurait jamais dégradé votre état de . Vous ne vous en seriez jamais rendu compte. Sauf qu’une fois repérée par les rayons X, vous avez un risque important de subir une ablation totale du sein, une chimiothérapie ou une radiothérapie pour… rien.

Les femmes dépistées entre 40 et 49 ans ont également un sérieux risque de mourir… d’un cancer du sein à cause des rayons X. On parle de cancer radio-induit.

Une réalité dure à avaler pour les défenseurs du dépistage du cancer du sein. Mais le surtraitement à la suite d’un surdiagnostic peut entraîner une surmortalité des femmes par cancer des poumons et par insuffisance cardiaque, justement à cause des radiothérapies abusives.

Et je ne parle pas des faux positifs qui génèrent des stress psychologiques dans toutes les sphères de la vie de la patiente, et qui peuvent persister 3 ans après les premiers résultats trompeurs.

Selon le Docteur Jean Doubovetzky, du collectif Cancer Rose et rédacteur sénior de la revue Prescrire, certaines femmes pourraient mettre fin à leur jour à cause des surdiagnostics.

La mammobile doit être « rentable » !

Selon le collectif Cancer Rose, un journaliste de la rédaction « Dis-Leur » a réussi à avoir le fin mot de l’histoire. C’est pire que tout. Les mammobiles ne deviennent rentables qu’à partir de 30 personnes par jour, un chiffre impossible à atteindre sans les femmes âgées de 40 ans !

Toutes les recommandations nationales et internationales sont jetées à la poubelle pour la sacro-sainte « rentabilité ».

Le dispositif ne serait donc rentable que s’il va à l’encontre des recommandations de la HAS et de l’INCa, malgré d’importantes subventions de la part des mairies de la région. L’association reçoit en moyenne plus de 500 000 € par an pour faire ce travail. On frôle l’indécence.

Mais on l’a franchi quand on parcourt le site de l’association. Dans la partie « questions fréquentes« , les professionnels de santé ne donnent absolument aucune information pertinente ni fiable sur la réalité du test qu’ils proposent.

  • À la question « le test est-il dangereux ? », l’association tranche d’un « non ». Les appareils seraient bien contrôlés et modernes, les « doses délivrées ne présentent pas de danger » selon eux. C’est un déni de toutes les preuves scientifiques les plus récentes, publiées dans les journaux les plus prestigieux.

C’est un déni des recommandations de l’INCa qui précise pourtant qu’avant l’âge de 50 ans, « il est inutile de recourir à des actes de dépistage du cancer du sein », sauf si vous avez un des risques élevé ou très élevé.


Source : INCa


Les médecins de cette association omettent de parler des surdiagnostics, des surtraitements, déjà estimés entre 30 et 50 % des femmes de 50 à 74 ans, mais également des faux positifs, des cancers d’intervalle et même de la douleur des mammographies !

  • À la question « le test fait-il mal ? », nous recevons la même réponse, c’est « non ». Un non qui traduit un sérieux manque de compassion et d’esprit critique de nos médecins, car la douleur est la cause principale invoquée par les réfractaires à leur seconde mammographie !

Source : site de l’association AMHDCS


« Malhonnêteté », « conduite charlatane », les mots durs fusent à juste titre du côté du collectif Cancer Rose, qui souhaite informer loyalement les femmes sur les bénéfices et les risques du dépistage.

Comment est-il possible qu’une association de professionnels de santé ait l’autorisation de réaliser des mammographies en dehors de toutes les recommandations nationales ? Et de fonctionner avec d’importantes subventions publiques ?

Comment est-il possible que cette association ait pu réaliser depuis 1990 plus de « 600 000 tests de dépistage » comme elle l’affirme ? Combien de femmes en dehors des recommandations ont été intégrées ?

Qui arrêtera la course folle de ces mammobiles à la recherche de la rentabilité plutôt que de la santé publique 


Dur à avaler 

 

Sources : Dur à avalerLe Libre Penseur

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