L’Italie accuse des douaniers français d’être entrés sans permission dans un centre pour migrants


Des douaniers français sont accusés d’avoir pénétré dans un centre communal pour , afin d’utiliser les toilettes et y réaliser un test urinaire sur un migrant interpellé. De nombreuses personnalités politiques italiennes dénoncent une ingérence française et l’ambassadeur français a été convoqué. Paris défend la légalité de l’intervention.

Colère en . Des douaniers français sont accusés d’être entrés sans permission dans un centre communal pour , vendredi 30 mars à Bardonecchia (), une petite ville située à 20 km de Modane (Savoie). Peu avant 21 heures, écrit La Repubblica (en italien), des agents français se sont présentés devant le local avec un homme interpellé en gare. Ils ont ensuite demandé aux volontaires de l’ONG Rainbow4Africa d’utiliser les toilettes, afin de soumettre la personne interpellée à un test urinaire. Paris confirme cette version, mais assure que l’opération s’est déroulée en toute légalité.

Bardonecchia est le dernier arrêt italien des quatre TGV Milan-Paris quotidiens empruntés par sept ou huit agents français. La plupart des montés à bord, et une partie de ceux partis à pied, sont interpellés et se retrouvent ensuite dans le fourgon blanc de la police aux frontières française, qui fait la navette de 6 heures du matin à minuit pour les ramener à Bardonecchia : en général la porte s’ouvre, le migrant et son sac sont jetés dehors et le fourgon des autorités françaises repart au bout de quelques secondes.

“Ils n’avaient pas le droit d’entrer”, dénonce le maire

Cette fois, cependant, les douaniers se sont rendus jusqu’au centre communal. Les bénévoles de l’ONG ont alors demandé des explications aux douaniers, sans obtenir de réponse, selon les bénévoles interrogés dans la presse italienne. “Les douaniers sont entrés armés et ont contraint un migrant à un test urinaire en intimidant un de nos médecins et les avocats d’ASGI [une association juridique]”, accuse Rainbow4Africa. “Il s’agit d’une grave ingérence dans le travail des ONG et des institutions italiennes”, ajoute cette association, qui fournit une assistance aux migrants qui tentent la traversée des Alpes.

“Ils n’avaient pas le droit d’entrer, aucun droit, estime aujourd’hui le maire Francesco Avato. Ce sera la première et dernière fois. Je suis très énervé et amer pour ce qui est arrivé.” L’ONG Rainbow4Africa estime également que l’action des agents français dans son local “viole les principes inviolables d’indépendance, de neutralité, d’impartialité et d’humanité”. L’affaire connaît un vif retentissement en , à tel point que l’ambassadeur de a été convoqué à 17 heures, selon les informations de bureau de 2 à Rome.

Paris confirme avoir suspecté “un voyageur, de nationalité nigériane et résident italien, de transport in corpore de stupéfiants”, vendredi aux alentours de 19 heures, lors d’un contrôle sur le TGV Paris-Milan. “Les agents ont demandé à la personne si elle consentait à un test urinaire de détection de stupéfiants”, précise le ministère des Comptes publics, dans un communiqué, ce qu’elle a accepté par écrit à 19h15.”

La  invoque des accords bilatéraux

Paris, toutefois, défend la légalité des faits et souligne que ce local attenant à la gare est “mis à la disposition de la douane française en application des accords du bureau à contrôles nationaux juxtaposés (BCNJ) de 1990”. Paris ajoute que ce local est mis à la disposition d’une association d’aide aux migrants depuis plusieurs mois et que “les agents ont sollicité la possibilité d’accéder aux sanitaires, ce qui leur a été accordé”. Le contrôle de l’homme interpellé s’est finalement avéré négatif. “Néanmoins, des membres de l’association se sont émus de ce contrôle et ont souhaité que la personne contrôlée reste avec eux à l’issue du contrôle.”

Mais l’affaire a déjà pris un tour de l’autre côté des Alpes. Du parti Fratelli d’Italia (extrême droite) à l’ancien président démocrate du Conseil, Enrico Letta, des responsables politiques de tous bords ont réagi à l’incident.

Le comportement des agents français à Bardonecchia a été extrêmement grave. L’Italie en appelle à et lui rappelle qu’aucun étranger ne peut venir faire valoir sa propre autorité. Nous sommes un pays souverain et non pas une province de la France.Augusta Montaruli, députée de Fratelli d’Italia“La Stampa”

Irruption de la police française à Bardonecchia, énième erreur sur la question des migrants. Et ensuite on s’étonne en de l’issue de l’élection en Italie.Enrico Letta, ancien président du Conseil italien

Depuis plusieurs mois, la commune de Bardonecchia se trouve au centre de la route des migrants, qui ont abandonné le chemin de Vintimille pour lui préférer la périlleuse traversée dans les montagnes.

 

Source : Francetv info

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