Les yeux bandés et les mains liées : Israël place de plus en plus d’enfants palestiniens en isolement

Israël place de plus en plus d’enfants palestiniens en isolement, dans le cadre de la procédure d’interrogatoire, selon de nouvelles études. Les enfants ont souvent les yeux bandés et les mains liées, et ils sont privés de sommeil. Ni eux ni leurs parents ne savent les raisons de l’arrestation.

« L’isolement pour des enfants palestiniens arrêtés était utilisé dans 21,4% des cas en 2013 » indique le rapport publié par la DCI- (Defense for Children International , une section du mouvement et de l’organisation internationale non-gouvernementale pour les droits des enfants. Les chiffres ont augmenté de 2% depuis 2012.

L’organisation a recueilli au moins 98 déclaration sous serment d’enfants palestiniens âgés entre 12 et 17 ans en 2013, et transmis ces informations aux Nations Unies.

« Le nombre moyen d’enfants palestiniens en détention militaire israélienne à la fin de chaque mois en 2013 était de 199 » explique l’organisation qui a obtenu ces données du Service Carcéral Israélien (IPS) et des installations de détention temporaire de l’armée israélienne, dont le centre de détention de Petah Tikva et de Kishon, ainsi que la prison de Shikma à Ashkelon, qui conduit les interrogatoires.

Selon le rapport, les enfants arrêtés passent en moyenne 10 jours en isolement, tandis que la période la plus longue a duré 28 jours. Le rapport indique également que 32 enfants âgés entre 12 et 15 ans ont été arrêtés à la fin de chaque mois en 2013. Le plus grand nombre d’adolescents détenus dans cette catégorie d’âge était le mois de mai, avec 48 arrestations.

Nombre total d’enfants palestiniens en détention par Israël à la fin de chaque mois.

Dans 34 des 40 cas (85%), les enfants sont arrêté « au milieu de la nuit par des soldats israéliens lourdement armés », et dans 38 cas sur 40 (95%), ni les parents ni les enfants ne sont mis au courant des raisons de l’arrestation, explique l’étude.

Par ailleurs, environ 76,5% des enfants palestiniens emmenés par des troupes israéliennes en Cisjordanie ont subi certaines formes de durant l’arrestation, le transfert ou l’interrogatoire en 2013, poursuit ce rapport.

« Les enfants arrivent dans des centres d’interrogatoire israéliens, les yeux bandés, les mains liées, et privés de sommeil » explique l’étude. « Les interrogatoires sont souvent pratiqués avec coercition, des abus verbaux, des menaces et des violences physiques, qui provoquent au bout du compte des aveux ».

En 2013, dans au moins 96% des cas, la DCI- a fourni des preuves que les enfants « ont été interrogés seuls et rarement informés de leurs droits ». Les enfants sont également interrogés « sans l’aide d’un conseil juridique, ou sans être clairement informés de leur droit de garder le silence. »

Les techniques d’interrogatoire sont à la fois physiques et mentales, incluant « des intimidations, des menaces et de la physique dans le but très clair d’obtenir un aveux… et/ou d’obtenir des renseignements sur d’autres personnes. »

« L’utilisation de l’isolement comme outil d’interrogatoire contre les enfants palestiniens est une tendance croissante » explique Ayed Aby Eqtaish, directeur du programme de responsabilisation de DCI-Palestine. « C’est une violation des droits des enfants, et la communauté internationale doit demander , et une responsabilisation. »

La majorité des enfants palestiniens sont accusés de jet de pierres, des charges pouvant mener jusqu’à 20 ans d’emprisonnement, selon l’âge de l’enfant, selon l’Ordre Militaire Israélien.

« Bien que beaucoup d’enfants clament leur innocence, la plupart plaident coupables car c’est le moyen le plus rapide de sortir d’un système qui libère rarement sous caution » ajoute l’étude.

Après la sentence, entre 50 et 60% des enfants détenus en Palestine sont transférés dans des prisons en Israël. Cet acte est une violation indéniable de l’article 76 de la Quatrième Convention de Genève, explique le document.

La DCI-Palestine fait pression pour qu’il soit reconnu que l’usage de l’isolement pour des enfants dans des centres de détention israéliens est une forme de torture et qu’elle doit être immédiatement arrêtée.

« Les autorités israéliennes doivent inclure des mesures de responsabilisations efficaces pour s’assurer que tout rapport de torture ou de mauvais traitement crédible soit soumis à une enquête impartiale, et que les responsables soient reconnus comme tels » indique le rapport.

La DCI-Palestine a déjà publié au moins 15 plaints concernant des mauvais traitements et des faits de violence envers 10 enfants palestiniens détenus par des militaires israéliens en 2013. Cependant, aucun acte d’accusation n’a encore été formulé contre les responsables.

La DCI-Palestine, qui a mené des enquêtes sur les droits des enfants en Palestine depuis 1967, explique que« chaque année, entre 500 et 700 enfants palestiniens provenant des territoires occupées de Cisjordanie, dont certains n’ont que 12 ans, sont détenus et emprisonnés dans des centres de détention militaires israéliens, où les mauvais traitements envers les enfants sont fort courants et systématiques. »

« Les enfants palestiniens détenus sont ensuite jugés dans des courts militaires israéliennes qui manquent de garanties les plus élémentaires de procès équitable, et ne sont ni prévus ni dirigés pour respecter les droits des enfants » indique le rapport.

Par ailleurs, selon l’étude, depuis l’an 2000, « environ 8.000 enfants palestiniens ont été arrêtés et jugés par le système de court militaire israélienne. »

« La pratique de l’isolement sur des enfants dans des centres de détention militaire israéliens, que ce soit dans des cas de détention en vue de les juger, ou comme forme de punition, doit être cessée immédiatement, et cette interdiction doit être formulée dans la loi » conclut la DCI-Palestine.

Le système de détention militaire israélien a souvent été critiqué par la Palestine également, ainsi que par des organisations à travers le monde, dont les Nations Unies et UNICEF, pour mauvais traitement envers les enfants palestiniens.

En avril, le Ministre des Affaires Sociales de l’Autorité Palestiniennes, Kamal Sharafi, a affirmé qu’au moins 1.520 enfants palestiniens sont décédés des mains des forces israéliennes depuis l’an 2000. Il a également ajouté qu’environ 6.000 autres ont été blessés, et plus de 10.000 arrêtés.

En juin 2013, le Comité des Droits de l’Enfant des Nations Unies (CRC) a publié un rapport indiquant que des milliers d’enfants palestiniens sont systématiquement blessés, torturés et utilisés comme boucliers humains par Israël.

Durant la décennie examinée par les experts des droits de l’homme des Nations Unies, près de 7.000 enfants âgés de moins de 17 ans ont été arrêtés, interrogés, et gardés prisonniers, selon le rapport.

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Source(s) : Russia Today, le 13.05.2014 / Traduit par Fabio Coelho de Ficientis pour Croah

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