Les États-Unis ont vu venir l’État Islamique et ont laissé faire !


La semaine dernière, l'administration Obama a décidé d'intervenir militairement en Irak pour endiguer l’avancée du groupe terroriste de l’État islamique (EI). Le monde a été pris par surprise le mois dernier lorsque les djihadistes de l’EIIL (l'État islamique en et au Levant, qui s'est rebaptisé par la suite État Islamique) ont lancé une offensive contre Mossoul, la seconde ville irakienne, déclenchant la fuite des troupes irakiennes qui y stationnaient.
 

Cependant, une audition devant le Congrès américain et des documents officiels révèlent aujourd'hui que les services de renseignements américains suivaient le groupe dissident d'Al-Qaïda depuis au moins deux ans et que le gouvernement américain a été tenu informé de la plupart des objectifs de l’EI et de sa stratégie, écrit Jonathan Landay de McClatchyDC sur le site Merced Sun-Star.

Au cours de cette audition, il est devenu évident que les officiels de Washington étaient parfaitement au courant des plans de l’EI d’utiliser la comme tremplin pour envoyer des troupes, des armes et des kamikazes en . Ils savaient aussi que les forces de sécurité irakiennes ne seraient pas capables de les arrêter.

Le 5 février dernier, soit 4 mois avant la prise de Mossoul, le Secrétaire d'État adjoint Brett McGurk avait indiqué au Congrès quelles étaient les motivations du groupe terroriste mené par :

La campagne a pour objectif déclaré de provoquer l’effondrement de l’État irakien et de se tailler une zone de contrôle dans les régions de l’Ouest de l’ et de la . »

En outre, McGurk a indiqué cette semaine que l’administration Obama avait appris que l’EI avait l’intention d’attaquer Mossoul avec 3 jours d’avance, et que l’organisation n’était plus un groupe terroriste régional, mais une armée bien déployée qui contrôlait près de 50% de l’Irak et plus d’un tiers de la .

Les officiels irakiens et des diplomates à l’ambassade américaine de Bagdad avaient réclamé l’intervention de américains contre les bases de l’État islamique à la frontière syrienne.

Vali Nasr, le doyen de l’Université John Hopkins d’Etudes Internationales Avancées, évoque une « politique de négligence délibérée » de la part de l’administration Obama. Les officiels du département de la Défense affirment qu’ils n’auront pas fini d’étudier toutes les options ouvertes pour les États-Unis avant la fin de la première moitié du mois d’août. Mais un tel délai est trop long, à l’aune de la rapidité des offensives de l’EI.

McGurk a également expliqué au Congrès cette semaine que le gouvernement irakien avait exprimé le souhait d’agir sans l’aide des États-Unis. Il n’aurait commencé à réclamer des frappes aériennes qu’à partir de ce mois de mai, alors qu’il était déjà dépassé par la situation.

Selon des experts, Obama aurait commis une erreur lorsqu’il aurait refusé d’entraîner des troupes rebelles syriennes modérées pour contrer Bachar al-Assad. L’absence de troupes armées sur le terrain a donné aux djihadistes toutes opportunités pour l'occuper. En outre, les Américains, qui s’opposaient eux-mêmes à Bachar al-Assad, ont dans un premier temps considéré les troupes de l’EIIL, qui le combattaient, comme des alliées. Dans le même ordre d’idée, ils n’ont rien fait pour empêcher leurs pays amis que sont l', le et la de leur fournir une aide financière et militaire. Dans un premier temps, l’EIIL n'a donc pas rencontré d'opposition de nature à entraver son irrésisitible montée en puissance.

Selon Phillip Smyth de l'Université du Maryland, la Maison Blanche aurait été paralysée par la complexité de la crise : elle s’opposait à Bachar al-Assad, elle a constaté que tous les groupes qui s’y opposaient avaient des liens avec les djihadistes, et cependant, elle a jugé qu’apporter son soutien à ces rebelles aurait été assimilé à une alliance avec Al-Qaïda. « Lorsque vous avez une politique qui a été paralysée par un certain nombre de choses différentes, le résultat est une politique confuse », dit-il.

« Nous l’avons vu venir », affirme Ed Royce, de la Chambre des représentants. « Ce qui a commencé comme une crise en Syrie est maintenant devenu un désastre régional avec des implications mondiales graves ».

« Cette erreur de calcul a essentiellement contribué à réaliser le pire cauchemar pour cette administration, une administration qui s’enorgueillissait de sa stratégie en matière de lutte contre le terrorisme. Elle préside maintenant à la réémergence d’un cauchemar d’extrémisme et de terrorisme », sanctionne Vali Nasr.

Pendant ce temps, l'Europe ne parvient pas à se mettre d’accord sur une réponse unifiée à apporter à la crise en Irak.

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Simon Eliot alias Abou Bakr Al-Baghdadi, un agent du Mossad

 
 

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Source : Express.be / Par Mylène Vandecasteele, le 13.08.2014 / Relayé par Meta TV

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