Humoristes ou moralistes ? Humoralistes


Aujourd’hui, les propagandistes étant devenus trop voyants, le Système en envoie de nouveaux au feu déguisés en humoristes. Mais comment distinguer les propagandistes des véritables humoristes ?

Le propagandiste tient un discours dont la structure est la copie du règlement intérieur du Système, qui établit la liste réactualisée des utiles et des nuisibles (au Système, bien entendu). Si sa grille Bons/Mauvais est calquée dessus, alors l’humoriste est dit humoraliste, mélange d’humoriste et de moraliste. Dans le sens évidemment pas très noble du mot, celui de « donneur de leçons », de « matraqueur de jugements de valeur », en général tordus dans un intérêt supérieur.

Voyons un peu le contenu de cette grille. Cela peut être des personnalités, des évènements, mais aussi des idées. Par exemple, pour Stéphane Guillon, dans la colonne Bons on a « Gauche, Hollande, Bedos, Inter » (quand il était payé pour des vannes de gauche), et dans la colonne Mauvais « Le Pen, Fascisme, Racisme, Inter » (quand il a été viré par Val, l’informateur de Sarkozy dans la station).

Disparu avec Sarkozy – dont il était l’un des pénibles parasites –, le vanneur poussif Stéphane Guillon a été remplacé par Didier Porte, qui s’est grillé aussitôt (« j’encule Sarkozy »), pour partir sur RTL se cramer avec Stéphane Bern. Restait alors Sophia Aram, qui, elle, s’est carbonisée à la télé, démontrant une éclatante vacuité, laissant un boulevard au survivant à toutes les purges, le délateur planqué François Morel, chansonnier atroce, accroché à sa chronique épouvantable, servie par la voix crispante de celui qui a la certitude d’être du côté des Vainqueurs. Sans avoir jamais combattu. Un Morel (Moral ?) des plus simplets : « Gauche, Gentillesse, Intelligence, Culture, Artiste » contre « Nazis, Cathos, Skinheads, Barjot, Foot ».

Hélas, l’absence totale de nuance de cette grille enferme son propriétaire dans une impasse conceptuelle, menant à des contradictions pour le coup assez comiques : Morel se doit d’être « pour les Roms » et « contre les flics », « pour Leonarda » et « contre la connerie », ou « pour les racailles » et « contre Le Pen », jusqu’à ce qu’il se prenne un pain dans le métro par un lascar, un peu comme le Pr Rollin, qui a depuis légèrement complexifié son logiciel .

Vous remarquerez que le Système brûle ses humoralistes à un rythme de plus en plus élevé, locomotive qui avance de moins en moins vite en polluant davantage à cause d’un coke de médiocre qualité.

Quand on sait que Bedos (père) a trimbalé ses saillies mitterrandiennes pendant trente ans, sans grande concurrence ni critique, le turn-over actuel n’en apparaît que plus violent : le sale travail de matraquage mental par le biais de l’humour (désactivé en dangerosité), sur tous les supports possibles (radios, télés, presse, net), avec toutes les reprises possibles des médias complices, malgré la reconnaissance, les médailles et l’argent, finit par punir ses auteurs, sociaux traîtres par excellence. Le public les recrache immanquablement, car toute digestion de mensonge est impossible. Certes, Guillon, Porte ou Morel ont toujours des aficionados, car il y a une frange irréductible d’intoxiqués. Mais une partie grandissante du public renifle l’imposture et se tourne vers des subversifs un peu plus conséquents, à la durée de vie plus longue, même si ils sont moins exposés (ceci expliquant cela). C’est l’obsolescence programmée des humoristes.

Comme par hasard, Le Monde (du 10/02/13), expert en mauvais choix, sort l’artillerie dithyrambique pour Stéphane de Groodt : « Il y a quelque chose du baron de Münchhausen dans ses récits rocambolesques et truculents. » Croyant bien faire, le grand quotidien, toujours aussi mal informé, enfonce le Belge :

« (Et il sera à l’affiche du prochain film de son ami Dany Boon), dans des publicités (il est le héros des réclames télé pour la Bbox de Bouygues Telecom), ou encore au théâtre (il reprend en ce moment à le rôle tenu par Patrick Bruel dans Le Prénom), Stéphane De Groodt a eu une autre vie. Oui, avant aussi d’être chroniqueur à la radio dans l’émission de Stéphane Bern “A la bonne heure !” sur RTL, ce touche-à-tout hyperactif a été coureur automobile professionnel. »

Dany Boon, Bouygues Telecom, Patrick Bruel, Stéphane Bern… un véritable peloton d’exécution !

« Je termine la post-production d’un film qui s’appelle Palais de justesse, produit par Dany Boon, qui était formidable sur cette aventure… Oui c’est devenu vraiment un très très bon copain. » (De Groodt, Info 14/11/13)

Au fait, pourquoi Stéphane de Groodt, qui a l’air si inoffensif ? Savoir d’abord qu’il a été casté par Maïtena Biraben, gardienne de la bien-pensance le week-end sur la chaîne privée : « C’est une émission chic, pop, glamour mais grand public et avec du contenu », dit-elle sans rire à propos du Supplément. Biraben est cette animatrice qui, s’adressant dans son émission du 23 mars 2013 à , l’avocat des familles des victimes de Mohamed Merah, lâchera un étonnant : « Maître… »

Ceci étant dit, de Groodt est prudent, il fait des jeux de mots sans conséquences, comme tous les comiques ratés. Le 28 avril 2013, il « rencontre » Jean-Marie Le Pen :

« Il y a là de vieux vinyles, des chants de Noël, passés de mode, comme Jean Goebbels, en version nazillarde, ou encore un morceau inédit d’I feel Gud, chanté par la femme de James Braun, Eva. »

Derrière ces trouvailles de lycéen, une idéo-logique en tous points identique à celle de Porte, Guillon, Aram ou Morel, les humoralistes associés. C’est donc bien la retranscription fidèle de cette grille qui détermine la surmédiatisation de ces valets. Le reste n’est qu’habillage. Pour que le spectacle soit complet et que le spectateur comprenne bien qu’il s’agit d’humour libre, le public plateau est invité à applaudir à rompre les platitudes, la Biraben allant jusqu’à se pâmer après un : « Je le découvre très très énervé, oui, il était vraiment en Führer. » Et le Groodt avoue qu’il met une semaine à pondre sa chronique avec un auteur… Pire que Guillon, qui mettait aussi une semaine pour produire la même veulerie mais tout seul. Tout ça pour ressusciter Raymond Devos, qui avait au moins l’élégance de ne pas politiser ses effets. Pour bien faire la différence avec la vraie déconne, prions pour qu’un logiciel à jeux de mots mette au chômage technique tous ces indigestes, ou les force à un peu d’imagination. Qui est, rappelons-le, le contraire de la soumission.

Stéphane, qui la joue Jean Lefebvre avec de la Culture, sait que sa survie médiatique ne tient qu’à un dérapage. C’est pour cela qu’il ne prend aucun risque en visant des ambulances déjà mille fois mitraillées. Ainsi, le dernier sous-produit du système de rigolage obligatoire a eu le courage d’enfoncer Nabilla. Ces deux média-larbins diffèrent certes intellectuellement, mais leur fonction est identique. Sauf que Nabilla sait très bien ce qu’elle est : du vide avec des nichons tout autour. Groodt, qui évite soigneusement toute mine antipersonnel (élite culturelle qui donne du travail, puissance qui punit), a, lui, une vanité d’auteur. Faut voir comme il se rengorge devant sa patronne, qui croit avoir affaire à un insoumis, à la manière du fils Bedos, qui roucoule de fatuité quand il profère ses grossièretés, croyant ainsi être libre.

« Le fait d’exister dans les médias en faisant des chroniques rassure certains producteurs ou réalisateurs. Cela apporte une forme de crédibilité qui me permet d’avancer encore davantage dans ce métier… Je demande à mon agent de tout me proposer. » (Groodt au Monde)

Le système nous bombarde d’humoralistes comme de balles de tennis, qu’on renvoie de plus en plus fort. C’est qu’on a des raquettes, maintenant. Des CDD constitués de 10 % d’humour réel et de 90 % de propagande, et qui font illusion de moins en moins longtemps. La teneur en propagande grandissant curieusement, malgré la violence des retours. Comme si le Système était condamné à augmenter la dose de « punition », alors que c’est justement ça, qui provoque le rejet. Une machine non pas déréglée, mais contre-productive, qui n’a pas prévu les armes de la contre-propagande. Pourtant, si les faux subversifs sont consommés trop vite, et ne peuvent être (re)produits à la hâte (le moule est quasi foutu), le Système a encore les moyens de retourner certains subversifs.

Le mariage difficile de la Propagande et de l’Humour

Ainsi, alors que Pierre-Emmanuel Barré pouvait passer pour subversif courant 2012, grâce à un spectacle percutant, où il infligeait d’amoureuses humiliations à BHL, oubliait dangereusement de condamner et plaçait de lourdes allusions au lobby judéo-israélo-satano-licro-sioniste, il est soudainement happé par Inter, pourtant l’Horreur Radiophonique incarnée, afin d’égayer une matinale patrickohénique. C’est pas pour rien que la station dévisse en audience cumulée (moins 0,7 % en un an) : quand on écoute la tranche de l’Haziza des ondes…

Ainsi donc Pierre-Emmanuel 1 n’aura pas résisté aux sirènes de l’argent sale, mais aussi public, que se partagent les tenants de ce Système injuste, débiteur de mensonge et d’ignorance. Barré sera ensuite logiquement aspiré par la pire émission de télé du PAF, à savoir La Nouvelle Édition, sur Canal+, repère absolu de la bien-pensance autosatisfaite, aussi sioniste que sous-informante (y aurait-il un rapport ?), qui confond morale et information. Nul doute que Pierre-Emmanuel 2 aura barré illico toute allusion perfide à Inter et Canal dans ses sketches, dont nous allons vous donner ici un aperçu. Après, s’il faut mentir à gauche pour dire la vérité à droite, pourquoi pas, nous ne sommes pas juges. Mais espérons que la carrière de Pierre-Emmanuel 2 ne sera pas brisée par ces phrases remontant d’un passé sulfureux…

Le zapping honteux de Barré au Point-Virgule !

« Vous vous dites putain bordel de merde, vous êtes très vulgaires, qu’est-ce que ce mec est drôle, on a bien fait de venir, on n’avait pas autant ri depuis Nuit et Brouillard. »

« La Shoah c’est beaucoup plus compliqué, rien que de l’évoquer, on se sent un peu responsable. Shoah. Ça met tout le monde très mal à l’aise. »

« Merci aussi à Maurice Papon, pour son humour avant-gardiste… »

« Dans la grande famille du one man show, je n’ai pas la chance d’appartenir à une minorité. Je ne suis pas noir, je ne suis pas juif, je ne suis pas arabe, je ne suis pas homosexuel, je ne suis pas handicapé, ouf hein. »

« Le spectacle est quand même très axé putes violence racisme homophobie antisémitisme, que du bon. »

« Moi ma grand-mère elle a couché avec tellement d’Allemands qu’à la Libération on l’a tondue une fois, on a attendu que ça repousse, on l’a tondue une deuxième fois. »

« J’avais déjà eu assez de problèmes avec ma première comédie musicale, Coup de foudre à Auschwitz. Deux détenus qui tombaient amoureux du kapo, fausse bonne idée. »

Et pour finir, la saillie visionnaire :

« Quand on a fait un peu de télé on peut copier l’annuaire du 11ème arrondissement et remplir le Cirque d’Hiver pendant 3 ans, je donnerais pas de noms mais certains l’ont fait, ça moi le jour où j’ai moyen de faire de la merde et de faire du pognon en même temps, j’engage les auteurs d’Arthur, et c’est pute et coke à tous les repas… »

Pierre-Emmanuel avait-il pressenti sa trahison ?

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Source: Egalité & Réconciliation / Relayé par Meta TV

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