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Fin du franc CFA pour 2020 selon la CEDEAO mais projet de monnaie unique : victoire, piège, serpent de mer ?   Mis à jour


L'”Eco”, cette monnaie unique pour les 15 pays de la Cédéao, devrait remplacer le franc CFA et sept autres devises nationales. Mais le délai court évoqué laisse planer des doutes sur la viabilité du projet.

Car les pays membres de la Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest, créée en 1975, utilisent des monnaies différentes : huit d’entre eux, rassemblés au sein de l’UEOMOA, l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine, utilisent le franc CFA. Il s’agit du , du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée-Bissau, du , du Niger, du Sénégal et du .

Sept autres pays utilisent leur propre monnaie : l’escudo pour le Cap-Vert, le dalasi pour la Gambie, le cédi pour le Ghana, le franc guinéen pour la Guinée, le dollar libérien pour le Libéria, le naira pour le Nigeria et le Léone pour la Sierra Leone. Problème ? Toutes ces huit monnaies ne sont pas convertibles, ce qui ne facilite pas les échanges.

Serpent de mer

Le projet de créer une monnaie unique date du début des années 80. En raison de plusieurs facteurs, notamment l’harmonisation des systèmes monétaires, le projet n’a pu voir le jour.

La conférence des chefs d’Etat de la Cédéao a pressé les pays membres à adopter des mesures constitutionnelles et administratives, pour s’arrimer à l’approche régionale et pour parvenir à une uniformisation des exigences économiques et monétaires.

A en croire certains analystes, cette convergence économique  souhaitée entre les pays membres de l’espace Cédéao n’est pas possible à atteindre d’ici à 2020, date retenue pour la mise en circulation de cette monnaie unique, quand on sait que les réalités monétaires des pays membres sont différentes.

Le président sortant de l’institution, le Béninois Marcel de Souza, l’a reconnu: entre 2012 et 2016, il n’y a pas eu d’harmonisation des systèmes et politiques monétaires de ces pays. 
Et  pour ne pas arranger les choses, la chute des prix du baril de pétrole a causé une inflation de la monnaie nigériane, le naira, ainsi que celle du Ghana, le cédi. 
Autant de facteurs qui risqueraient de retarder encore pour quelques années ce projet de mise en place d’une monnaie unique.

Respect des critères techniques avant toute adhésion

C’est pour pallier cette disparité que les chefs d’Etat de ce bloc régional ont suggéré que la mise en circulation de cette monnaie unique au sein des pays de la Cédéao, à partir de 2020, ne concernera que les pays qui sont techniquement prêts. 

L’option a été toujours maintenue que 2020 doit être la date de la création de la monnaie de la Cédéao étant entendu qu’on le ferait de façon progressive en considérant que tous les pays qui pourront répondre aux critères de convergence vont commencer à battre la monnaie Cédéao en attendant que les autres pays puissent se conformer et intégrer le processus de cette monnaie-là “, a déclaré le président du Burkina Faso, Rock Marc Christian Kaboré, à son retour du sommet d’Abuja. Cette analyse est partagée par l’économiste sénégalais, Demba Moussa Dembelé.

“Il y aura jamais un schéma idéal, où tout le monde sera au même niveau. Cela n’existera jamais. Même en aujourd’hui, ce n’est pas le cas, après plus de deux décennies d’utilisation de l’euro. Je soutien ce processus qui consiste à dire que les pays qui représentent plus de 60% du PIB et qui satisfont aux critères de convergence puissent commencer et cela va ensuite attirer les autres. Si on dit, il faut que tout le monde soit au même niveau,cela n’arrivera jamais”, soutient l’un des co-auteurs du livre paru en octobre 2016, “Sortir l’Afrique de la servitude monétaire : A qui profite le franc CFA ?”

Source : Deutsche Welle

Cette décision actée par les chefs d’Etat africains vient mettre fin au Fcfa tant décrié en Afrique. Aussi, confirme t-elle (la décision), l’engagement du président Burkinabé Roch Kaboré à en finir avec le Franc Cfa. Pour rappel, le président burkinabè Roch Kaboré s’est prononcé le dimanche 05 novembre 2017 sur l’épineuse question du Franc cfa, monnaie commune utilisée par 15 pays francophones d’Afrique de l’ouest et du centre avec en moyenne 155 millions d’habitants.

Ce dernier, dans une accordée aux journalistes de TV5 Monde, Rfi et Le Monde à Ouagadougou,  n’a pas tari de mots pour afficher son soutien indéfectible pour la création prochaine d’une monnaie commune aux pays d’Afrique de l’ouest.

Pari gagné pour  ?

Le débat sur le Franc cfa, monnaie commune utilisée par 15 pays francophones d’Afrique de l’ouest et du centre (155 millions d’habitants), liée à l’euro par un système de parité fixe fait polémique en Afrique et dans le monde. En effet, en mettant feu à un billet de 5.000 fcfa lors d’un rassemblement le 19 août 2017 à Dakar, le polémiste Kémi Séba avait relancé un débat brûlant.

Même si après son arrestation, le Franco-Béninois a finalement été relaxé mardi 29 août 2017 par la justice sénégalaise, ce geste a suscité une avalanche de réactions sur le cfa, la dernière monnaie coloniale encore utilisée dans le monde. Pour plusieurs économistes, il s’agit d’une monnaie considérée comme un facteur de stabilité par ses défenseurs, et jugée par ses détracteurs comme un frein au développement des pays aux économies fragiles.

Source : Benin Web TV

Le volontarisme du président Issoufou

Les chefs d’Etat ont néanmoins décidé de faire preuve de volontarisme , réaffirmant leur “engagement à la poursuite et l’accélération de la réalisation de l’agenda de l’intégration économique et monétaire”, et demandant au comité ministériel de la Cédéao de “se réunir dans un délai de trois mois pour proposer une nouvelle feuille de route en vue d’accélérer la création de la monnaie unique en 2020”, selon le communiqué final.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou a suggéré la mise en “circulation à partir de 2020” d’une monnaie unique au sein des pays de la Cédeao “qui sont techniquement prêts”, suivant le modèle européen avec l’euro. “L’adhésion” des autres Etats pourrait se faire “au fur et à mesure”, a-t-il dit. Une proposition reprise dans le communiqué final. 

Le scepticisme du président Buhari

Le Nigeria, poids lourd économique et démographique de la zone – avec environ les deux tiers de la population totale et du PIB de la Cédéao -, s’est nettement démarqué, exprimant sa réticence à l’égard d’une devise unique.

Dans un communiqué séparé, le président Muhammadu Buhari a invité ses pairs à “avancer avec prudence vers l’intégration”, citant l’exemple des déboires de l’Union européenne avec l’euro.

Euro

Euro

Le président Buhari a pointé la persistance d’importantes disparités macro-économiques entre les pays de la Cédéao, et le manque de “préparation” des États pour aller vers une monnaie unique.

Un nouveau sommet des chefs D’État est programmé en févier 2018 à Accra.

Source : TV5 Monde

NDLR : Ça ressemble a un projet d’euro africain, une très mauvaise idée, et qui aurait les même conséquences économiques désastreuses que pour la zone euro, plus faible taux de croissance mondial. Espérons que cela ne se fera pas comme cela et que les souveraineté nationale finiront par triompher.

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