Crise Économique : Dia prêt à fermer ses 865 magasins en France


Dia souhaite se défaire de son boulet français. La direction de la chaîne espagnole de magasins hard discount, qui emploie 7 500 personnes dans l'Hexagone, envisagerait de supprimer ses magasins en Franceselon les informations de RMC. L'annonce a été faite aux salariés mardi lors d'un comité central d'entreprise, ont rapporté plusieurs syndicats

 
 
 

En dépit de projets «très vagues» selon les syndicats, deux options seraient sur la table. La première, la plus radicale, aboutirait à la fermeture de la totalité des 865 magasins de l'enseigne, autrefois propriété de Carrefour, implantés en France. La seconde permettrait de faire le tri en ne se séparant que des 200 points de vente les moins rentables. Un conseil d'administration doit être organisé jeudi en Espagne pour décider du sort de Dia France.

«Il a été dit en gros que ce serait, soit une restructuration de l'ensemble du parc Dia, ou une scission partielle ou totale de Dia France, ou les deux», a confirmé Thierry Coquin, délégué syndical central CGT. «Ils ne veulent plus de Dia France», a ajouté Evelyne Beaux, déléguée FO et secrétaire du Comité d'entreprise, concluant qu'«on va vers une cession d'activités».

Le hard discount en perte de vitesse

Ces annonces, que la direction n'a pas encore confirmées, ne sont pas surprenantes. Le chiffre d'affaires du parc français est en baisse depuis cinq ans, dont un dernier recul de 11,3% en 2013. Le nombre de magasins avait baissé par rapport à 2012, passant de 888 (633 magasins propres + 255 franchisés) à 865 (635 + 230). Le secteur du hard-discount est globalement en perte de vitesse dans l'Hexagone. Ses parts de marché, qui étaient de 15% en 2009, sont tombées à 12% au 1er trimestre 2014, selon des estimations de Kantar WordPanel. Dia chercherait donc à se séparer de sa filiale française qui plombe ses résultats, par ailleurs en progression à l'échelle du groupe. 

Fin mars, l'agence Bloomberg révélait que l'enseigne espagnole avait mandaté BNP Paribas pour procéder à la vente, évoquant également la possibilité de trouver plusieurs repreneurs, régions par régions. Ainsi, Mohamb Latrous, délégué central CFTC, est persuadé que l'entreprise sera «morcelée» : «Je ne crois pas qu'il y ait de distributeur capable de reprendre la totalité. Mais plutôt que plusieurs opérateurs seraient intéressés. C'est le scénario le plus plausible». 

Entre 2000 et 2500 postes menacés selon la CGT

Parmi les candidats possibles à la reprise, «beaucoup de noms circulent», confie le syndicaliste, tels que «Leader Price, l'entreprise belge Colruyt, Carrefour ou Aldi». Mais, «quoi qu'il arrive, il y aura des fermetures massives de magasins. 20% d'entre eux ne sont pas rentables. Il y aura quand même des centaines d'emplois menacés», a-t-il indiqué.

«Est-ce qu'il va y avoir un repreneur ou des fermetures de magasins ? Pour l'instant, on peut s'attendre effectivement à une restructuration importante», estime aussi Franck Merouze (CGT), pour qui «la situation économique de Dia France est préoccupante». Selon lui, Dia annonce «au conditionnel entre 150 et 250 fermetures de magasins», ce qui reviendrait à supprimer 2000 à 2500 postes. 

«Nous sommes dans une situation difficile depuis quelques années et avons perdu énormément d'emplois. Nous étions 11 000 il y a quatre ou cinq ans, et aujourd'hui, nous ne sommes plus que 7300», constate Gérard Covache, délégué central FO. «On est dans une situation de crainte et d'angoisse (pour l'emploi). La dégringolade s'accentue».

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Source(s) : Le PparisienAl.H. (avec AFP), le 07.05.2014

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