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Combattre le mal par le mal, la méthode «dangereuse» de la NSA britannique

Selon de nouvelles révélations, le GCHQ la britannique a utilisé des attaques en déni de service pour perturber l’activité des hackers d’, alors que certains de ses membres ont été condamnés pour de tels actes…

Les autorités américaines et britanniques assimilent régulièrement les hacktivistes d’Anonymous et de LulzSec à un cyber-axe du Mal. Et selon de nouvelles révélations post-Snowden, l’agence de surveillance de sa Majesté, le GCHQ, a choisi d’utiliser les méthodes de ses ennemis pour mieux les combattre.

Les faits sont rapportés par NBC. Un groupe secret au sein du GCHQ, le Joint Threat Research Intelligence Group (JTRIG), a mené des attaques en déni de service contre les salles de discussion d’ sur le réseau IRC, pour paralyser leur activité lors de l’opération «Rolling Thunder». Ils ont également implanté à distance des malwares via des liens piégés pour localiser des hackers.

Pour ces mêmes actes de piratage, notamment lors de l’opération «Payback» contre PayPal et Mastercard, en pleine affaire WikiLeaks, la justice s’est montrée sans merci. Au Royaume-Uni, Ryan Ackroyed, 24 ans, purge une peine de 30 mois de prison. Connu sous son pseudo «Topiary», Jake Davis, qui avait 19 ans à l’époque, a été condamné à 24 mois de détention dans un centre pour mineurs (il a depuis été libéré avec un bracelet électronique, ndr).

«Dangereux pour nous tous»

«Ces nouvelles révélations sont dangereuses pour nous tous», s’alarme Gabriella Coleman, dans une tribune publiée par Wired. Selon cette cadre de la prestigieuse université canadienne McGill, qui a étudié le phénomène Anonymous de près, il y a ici deux poids, deux mesures. D’un côté, des hackers, souvent à peine sortis de l’adolescence, risquent la prison pour avoir bloqué le site d’une banque pendant quelques minutes. De l’autre, les agences gouvernementales n’ont de comptes à rendre à personne.

Selon elle, sur les chatrooms IRC, seule «une poignée d’internautes participent aux attaques» mais «des milliers ont été touchés» par la riposte du GHCQ. Elle conclut:

«C’est le genre de réaction disproportionnée que des gouvernements emploient pour écraser la voix de dissidents (…) dans des pays bien plus répressifs.»

Estimez-vous choquant que des gouvernements utilisent les mêmes méthodes que ceux qu’ils combattent ?

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Source(s): 20minutes / Par Philippe Berry, le 06.02.2014 / Relayé par Meta TV

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