Colère après la fausse alerte balistique à Hawaii


L’erreur due à une mauvaise manipulation intervient au pire moment, alors que les tensions entre les États-Unis et la , sur fond de menaces d’attaques nucléaires, sont vives

Des SMS sonores ont semé la panique samedi matin à Hawaii. Trente-huit minutes de confusion. Le message, également transmis via les télévisions et les radios, était clair: «Menace de missile balistique sur Hawaii. Réfugiez-vous immédiatement dans des abris. Ce n’est pas un exercice.» Les habitants de l’archipel ont fait état de scènes de cris et de pleurs. Il a fallu plus d’une demi-heure pour que tout rentre dans l’ordre, avec un nouveau message annulant le premier: «Il n’y a pas de menace de missile balistique ou de danger pour l’État d’Hawaii. Fausse alerte.»

Tensions extrêmes avec la

La colère a aujourd’hui remplacé les réactions de choc et de surprise. Les autorités, le gouverneur d’Hawaii David Ige en tête, ont rapidement reconnu une «erreur humaine», une fausse manipulation, balayant toute suspicion d’acte maléfique de hackers. Il s’agit de la bourde la plus importante commise depuis la mise en place du système d’alertes, en 2012, dont le volet le plus connu est «Amber» signalant les enlèvements d’enfants.

Cette «erreur» due à l’EMA, l’agence locale de gestion des événements d’urgence, intervient à un moment particulièrement inopportun: les tensions entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, sur fond de menaces d’attaques nucléaires, sont extrêmes. Un des récents tweets du président américain a fait craindre le pire: il s’est vanté d’avoir un plus gros bouton que le leader nord-coréen . C’est ce qui explique que les habitants d’Hawaii et les touristes réveillés au son des sirènes ont pris l’alerte très au sérieux.

«Quelqu’un a appuyé sur un mauvais bouton sur l’ordinateur», a souligné David Ige lors d’un point presse, qualifiant ce qui était arrivé de «totalement inacceptable». Pour lui, professionnaliser et mettre des garde-fous au système d’alertes est primordial. La Commission fédérale en charge des communications va lancer une enquête et le responsable de l’EMA de l’archipel a déjà présenté ses excuses. Désormais, il y aura toujours une deuxième personne présente pour vérifier le système. L’homme à l’origine de l’erreur aurait déclenché l’alerte en pensant, à tort, proposer un simple test. L’explication reste difficile à comprendre sachant qu’une confirmation de la manipulation est toujours demandée. Surtout, la lenteur de la réaction pour rectifier la situation interroge.

Des gens se sont réfugiés dans le sous-sol. Ils pleuraient, se tenaient les uns les autres.

Le dernier test de la Corée du Nord, le sixième, remonte à septembre. En novembre, Pyongyang a affirmé avoir réalisé son objectif de devenir un Etat après le test d’un nouveau missile intercontinental qui mettrait «la totalité du continent américain» à sa portée. Si l’escalade verbale entre et a pris des proportions inquiétantes ces derniers mois, la reprise de contacts officiels entre les deux Corées en ce début d’année semble un peu calmer le jeu.

Mercredi, le président des États-Unis s’est par ailleurs déclaré ouvert à des pourparlers directs avec la Corée du Nord, après avoir longtemps soufflé le chaud et le froid sur ce dossier. Il vient toutefois, dimanche, de contester des propos relayés par le  Journal selon lesquels il estimait avoir «probablement une bonne relation avec Kim Jong-un». «J’ai dit «j’aurais une bonne relation avec Kim Jong-un», une grosse différence. Heureusement que désormais nous enregistrons les conversations avec les journalistes et ils savaient exactement ce que j’ai dit et voulais dire. Ils voulaient juste faire les gros titres. !» a-t-il twitté.

Journaliste au New York Times, Sydney Ember était en vacances à Hawaii au moment de la fausse alerte. «Des gens se sont réfugiés dans le sous-sol. Ils pleuraient, se tenaient les uns les autres. C’était flippant pendant quelques minutes», a-t-elle témoigné samedi sur .

Douze minutes pour se mettre à l’abri

Hawaii était déjà en quelque sorte en état d’alerte maximale, en raison de sa situation géographique. Le 1er décembre, l’Etat a testé son système d’alarme nucléaire pour la première fois depuis la fin de la Guerre froide. Selon un récent rapport de l’Agence hawaiienne de gestion des situations d’urgence, un missile tiré par la Corée du Nord pourrait parcourir les 7400 kilomètres le séparant d’Hawaii en moins de trente minutes. Une fois l’alerte émise, les résidents, déjà habitués aux catastrophes naturelles, n’auraient que douze minutes pour se mettre à l’abri.

 

Sources : Le Temps / The Atlantic /

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