SDF Paris

Centres d’hébergement saturés : les sans-abris toujours dans la rue malgré les promesses

Promesses : Samu social débordé, familles à la rue, afflux de migrants à loger… l’hébergement d’urgence en France vit une crise grave. Les 50 000 nouvelles places promises par seront-elles suffisantes ?

Malgré les promesses d’ en juillet de ne laisser personne à la rue d’ici la fin 2017, les sans-abris continuent de dormir sur les trottoirs, plongés cet hiver dans un froid polaire. L’engorgement des capacités d’hébergement, d’urgence ou non, est en cause.

Une situation qui n’étonne pas Claude Huet, un ancien SDF devenu écrivain, interviewé par RT France. «Il faut savoir, les centres sont complètement surchargés, si vous avez 5 000 places et 50 000 demandes ça parait logique que les gens couchent dehors. Il y a la question du nombre de places, il y a la question aussi de l’augmentation de la pauvreté en France. Aujourd’hui on voit de plus en plus de personnes âgées qui couchent dans la rue», estime-t-il, remarquant que ce n’était pas le cas de son temps.

L’afflux de demandeurs d’asile ou de déboutés qui doivent eux aussi être accueillis est un autre problème épineux. Boulila, sans-abri depuis 11 ans, a préférer camper devant le nouveau centre d’hébergement d’urgence Laurent Jouhaux – tenu par l’Armée du salut dans le XXème arrondissement, à Paris – qui en abrite certains, plutôt que de vivre parmi eux. Sur 60 sans-abris pensionnaires, ce centre réserve 20 places à des demandeurs d’asile en procédure, sachant que quelques autres peuvent aussi être envoyés par les services d’orientation. Ceci ne plaît pas à Boulila : «Ce que je ne trouve pas normal c’est qu’on nous mélange avec des réfugiés, alors que ce n’est pas notre place à nous ici.»

La France offrait début 2017 128 000 places d’hébergement d’urgence. Le budget de L’État sur cette question s’élevait à 1,7 milliard d’euros en 2017. Mais le nombre de places n’est pas suffisant car le Centre d’observation de la Société estime à 180 000 le nombre de sans-abris en France.

Une promesse envolée ?

Selon les chiffres du Samu social, en 2015, 70% des appels au 115 n’ont pas abouti et sur les 30% des appels traités, un quart est resté sans solution. Deux ans plus tard, c’est encore pire, selon le quotidien Le Parisien qui a interrogé le Samu social sur la nuit du 28 au 29 novembre 2017. 180 sans-abri isolés (dont 80 femmes) et plus de 600 personnes en famille avaient dû être renvoyés à la rue pour la nuit.

Sur les places d’hôtel mises à la disposition des sans-abris, 15 000 à 25 000 sont attribuées à des étrangers en situation irrégulière, selon des chiffres du ministère de l’Intérieur cités par le quotidien Le Figaro. Selon un rapport du Sénat publié le 27 décembre 2017, «les dispositifs financés […] continuent à être fortement sollicités par les demandeurs d’asile mais également par les personnes déboutées du droit d’asile ou se trouvant dans une situation administrative complexe». L’étude reconnaît qu’il est difficile d’estimer leur proportion puisque l’accueil est inconditionnel, pour toute personne en «détresse médicale psychique et sociale», sans distinction de nationalité.

Un espoir tout de même alors que le Samu social est saturé et que les enfants dorment dans des températures glaciales ? «La promesse de notre président est tout à fait honorable : est ce qu’il pourra aboutir dans cette démarche d’ici la fin du quinquennat ? Tout dépendra de l’augmentation de la pauvreté. Plus il y aura de monde dans la rue plus ce sera difficile», estime Claude Huet.

Emmanuel Macron, s’il ne tient pas son délai de fin 2017, a tout de même promis un élargissement prochain du parc d’hébergement d’urgence assez conséquent. 50 000 places en plus sont prévues dans la prochaine réforme du logement dévoilée en février… mais pour remplacer les nuits d’hôtel.

Source : Russia Today 27 décembre 2017

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Femmes SDF en France *** Vivre dans la rue

On estime qu’en France, les femmes représentent 40% des sans-abri. 2 SDF sur 5. Elles sont de plus en plus nombreuses, mais personne ne les voit, ou si peu. Elles se rendent parfois invisibles, à cause des risques d’agression, plus grands quand on est une femme. Elles s’appellent Myriam, Barbara, Katia, Martine, elles tracent leur route et essaient de s’en sortir. Elles sont plus vulnérables et constituent souvent des proies. Pour se protéger, elles se cachent jusqu’à se rendre invisibles. Elles se cachent dans les cages d’escaliers ou les parkings. Rupture, divorce, accidents de la vie?

A Paris, elles seraient 7 000 à vivre dans la rue. Leur situation est souvent plus précaire et dangereuse que celle des hommes. Barbara, Martine et Myriam évoquent leur réalité. Une rupture familiale, un divorce qui tourne mal, un accident de vie, chacune à son histoire. Elles tentent de se reconstruire afin de renouer avec leurs proches, retrouver leurs enfants et leur dignité. Elles expliquent à quelle pression bien spécifique elles sont soumises et pourquoi elles sont forcées de se cacher pour passer inaperçues.

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