Aznavour : sa vie, ses amours, ses emmerdes, ses impôts…


À 90 printemps amplement passés, La Bohème étant loin, Charles Aznavour y va « franco », comme aurait dit le général. Bref, il balance. Invité ce week-end dernier par Philippe Vandel sur France Info, dans l’émission « Tout et son contraire », il ne s’est pas privé de revenir sur ses déboires fiscaux. C’était dans les années 70, époque où Michel Polnareff dut, lui aussi, s’en aller vers des cieux fiscaux plus cléments. Pour Aznavour, ce fut la  : « On m’a poussé à quitter la France, j’ai eu des problèmes, mais il y a eu un non-lieu. »

Encore un qui « faisait confiance à la justice de son pays », tel un tenancier corse de cercle de jeux des Champs-Élysées, ou un édile socialiste marseillais, pris la main, non point dans le pot de confiture, mais dans les urnes des fédérations locales. Explications de l’artiste, façon Plaisirs démodés : « Il y a même eu pire, je peux le dire aujourd’hui. Il y a quand même quelques gens de la politique qui pouvaient, paraît-il, arranger mon coup et moi j’avançais un peu d’argent en liquide pour les votes qu’ils devaient avoir. Ça, j’en ai eu pas mal ! Ça m’a coûté très cher… De tous les bords, même du centre… allez, partout ! On avait un go-between qui amenait l’argent en liquide… »

Quelle époque… Celle où le défunt Gérard de Villiers, en échange de ses notes et analyses géopolitiques, exigeait des agents du SDECE qu’ils convoient ses valises de biftons dans les genevoises.

Enfin, Comme ils disent, laissons causer. Et il y en a encore un qui se voyait déjà En haut de l’affiche : Hervé Falciani, ancien cadre de la banque HSBC, parti en tournée européenne. Première date à Yerres, la ville de Nicolas Dupont-Aignan, auteur d’un brûlot des plus remarqués, Les voleurs de la République (Fayard). Hervé Falciani, c’est donc ce banquier franco-italien ayant révélé aux médias la liste de 127.000 riches clients ayant placé de discrètes fortunes dans les helvétiques. Tu t’laisses aller ? Lui, non. Considéré comme l’équivalent français d’Edward Snowden, Hervé Falciani, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, vit donc sous protection policière.

For Me, Formidable ! Le voilà qui affirme au Monde du 3 novembre : « Je m’expose davantage. Je deviens plus dangereux. C’est le prix à payer pour la cause que je défends et que je ne lâcherai pas, la mise sous contrôle d’une finance mondiale complaisante – sinon complice – avec l’argent sale. » Son évidente proximité d’avec Nicolas Dupont-Aignan ne doit ainsi rien au hasard, le président du mouvement Debout la République ayant fait de la chasse aux paradis fiscaux et aux fraudeurs institutionnels l’un de ses chevaux de bataille.

Que c’est triste Venise… Mais la crise aussi. Dupont-Aignan, rapporteur de la commission d’enquête sur le sujet, révèle : « La réalité est là, crue, violente. Le mardi, en commission, nous manions des chiffres délirants, de l’ordre de dizaines de milliards, qui révèlent l’ampleur des détournements effectués au détriment de la République française. Le mercredi, en séance, le gouvernement culpabilise les Français et détricote les droits sociaux, retraites, remboursements de soins, allocations chômage, pour grappiller quelques dizaines de millions ici ou là. Comme me le dira un jour, écœuré, un inspecteur du fisc : “On cible les gens honnêtes car on sait que les redressements vont payer. On abandonne les escrocs car cela prendrait trop de temps pour un recouvrement nul”. »

Mais la misère est-elle moins pénible au soleil ? Nicolas Dupont-Aignan, toujours : « Nous avons essayé de dérouler une pelote finement serrée, qui nous a entraînés dans les méandres de la finance sans frontières, finance au double visage, mêlant le sourire impeccable du banquier “grands comptes” à celui du mafieux international prospérant dans le crime et la drogue. »

J’aime Paris au mois de mai ? Mai 68 ne sera sûrement que rigolade comparé à la révolte qui gronde et s’annonce. Et par rapport aux véritables aigrefins internationaux, les emmerdes fiscaux de notre Charles Aznavour ne sont finalement que la petite monnaie d’une addition s’annonçant des plus salées…

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Sources: Boulevard Voltaire (par Nicolas Gauthier) / France Info / Relayé par Meta TV

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