Un commando israélien a débarqué de nuit à Gaza


Un commando d'élite de la marine israélienne a effectué dans la nuit de samedi à dimanche, pour la première fois depuis le lancement de l'offensive israélienne, une opération terrestre dans le nord de la bande de , a indiqué la radio publique.

 
 
 
 
 
 
 
 

Cette brève incursion a visé un site de lancement de roquettes dans le nord de la bande de , a ajouté la radio. La branche armée du a confirmé qu'un commando israélien avait tenté d'accoster sur une plage et échangé des coups de feu avec des combattants palestiniens. Un porte-parole militaire a ensuite indiqué que quatre soldats israéliens avaient été légèrement blessés lors de cette opération. "Pendant la mission un échange de tirs, provoqué par des terroristes opérant sur ce site, s'est produit durant lequel quatre soldats israéliens ont été légèrement blessés", selon le porte-parole, qui a refusé de donner plus de détails sur cette opération.

Pour sa part, la branche militaire du , les brigades Ezzedine al-Qassam a affirmé dans un communiqué que "des échanges de feux nourris ont eu lieu entre nos combattants et des soldats de la marine sioniste qui tentaient de pénétrer dans la zone de Sudanyia, (au nord-ouest) de la bande de Gaza". Il s'agit de la première incursion de l'armée israélienne depuis le lancement de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza.

Un adolescent palestinien tué dimanche dans une frappe

Un adolescent palestinien de 14 ans a été tué dimanche à l'aube dans la bande de Gaza par une frappe israélienne, a indiqué le porte-parole des services de secours, Achraf al-Qoudra. Le jeune garçon, Ibrahim al-Najar, est mort lors d'une frappe à son domicile à Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, au sixième jour de bombardements israéliens.

Selon la police de Gaza, 17 frappes ont visé l'enclave entre 04H00 et 05H00 locales (01H00 à 02H00 GMT). Le bilan de samedi s'est pour sa part encore alourdi, atteignant 56 morts avec le décès d'un enfant de deux ans et d'une femme de 73 ans. Cette journée a été la plus sanglante depuis le début mardi de l'opération israélienne "Protective Edge" et qui vise à détruire la capacité du Hamas à frapper Israël de ses roquettes.

Au total, 162 personnes ont été tuées et 1085 blessées dans les bombardements. Aucune victime israélienne n'est à déplorer depuis le début de cette campagne de bombardements qui pourrait être doublée d'une opération terrestre, hommes et blindés étant massés à la frontière avec l'enclave palestinienne.

Le Hamas continuait pour sa part de tirer régulièrement ses projectiles vers Israël. Ce conflit est le plus meurtrier depuis l'opération "Pilier de Défense" en novembre 2012, qui avait déjà pour objectif de faire cesser les tirs de roquettes de Gaza. Les hostilités avaient tué 177 Palestiniens et six israéliens en une semaine.

Samedi sanglant

Gaza a connu samedi sa journée la plus sanglante depuis le début de l'opération israélienne. Cinquante-deux personnes ont été tuées par les tirs israéliens, dont deux neveux du dirigeant du Hamas dans la bande de Gaza, Ismaïl Haniyeh, selon des voisins qui les ont identifiés comme étant Nidal et Alaa Malach. Parmi les victimes figurent aussi deux femmes lourdement handicapées, tuées par une frappe sur leur foyer d'accueil. Plusieurs heures après le drame, les sauveteurs retrouvaient encore des lambeaux de leurs corps.

Au total, au moins 157 Palestiniens ont trouvé la mort et plus d'un millier d'autres ont été blessés dans les raids israéliens depuis le déclenchement mardi de l'opération "Protective Edge". La frappe la plus sanglante a fait 18 morts tard samedi soir, en touchant la maison d'un chef de la police et une mosquée, selon les secours.

Au même moment, l'armée indiquait avoir demandé aux habitants du nord de l'enclave "d'évacuer leur domicile pour leur propre sécurité".

Ces bombardements sont intervenus juste après de nouveaux tirs de roquettes du Hamas en direction de Tel-Aviv, Jérusalem et la Cisjordanie. Aucune victime n'a été recensée. Deux roquettes tirées du se sont aussi abattues samedi soir sur le nord d'Israël, sans faire de victime, selon l'armée qui dit avoir riposté. Ces tirs de riposte n'ont pas fait non plus de victime, selon la presse officielle libanaise.

Les forces israéliennes ont assuré avoir visé à Gaza de multiples "cibles associés au Hamas" dont des lance-roquettes, des bases paramilitaires et des caches d'armes, dont l'une dans une mosquée. La maison d'un haut responsable du mouvement contrôlant la bande de Gaza, Khalil al-Hayya, a aussi été totalement détruite.

En début de soirée, des explosions ont retenti dans le ciel de Jérusalem, à environ 80 km de Gaza. Les trois projectiles se sont abattus en Cisjordanie, où sont implantées de nombreuses colonies israéliennes, endommageant une maison mais sans faire de victime. Dans le ciel de Tel-Aviv, les projectiles ont été détruits par le système de défense Iron Dome. Depuis mardi, quelque 600 roquettes ont frappé l'Etat hébreu et environ 140 ont été détruites en vol. Ces tirs ont fait une dizaine de blessés mais aucun mort.

Israël reste intraitable

"Nous préparons les prochaines étapes de l'opération, pour que les forces soient prêtes à entrer sur le terrain," a déclaré le porte-parole de l'armée, le général Almoz Moti, même si une telle mesure risque de causer des pertes militaires pour Israël.

Sur le front diplomatique, le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a annoncé qu'il allait évoquer un cessez-le-feu avec ses homologues américain, français et allemand en marge d'une réunion sur le nucléaire iranien dimanche à Vienne. Le Conseil de sécurité de l' a de nouveau appelé samedi Israël et le Hamas à cesser le feu et à respecter le droit international, en particulier "sur la protection des civils".

Une réunion ministérielle de la Ligue arabe est prévue lundi au Caire pour discuter de la détérioration de la situation à Gaza, et , émissaire du Quartette pour le Proche-Orient, s'est rendu samedi dans la capitale égyptienne. La chef de la diplomatie italienne, Federica Mogherini est attendue en Israël et dans les territoires palestiniens du 14 au 17 juillet.

Mais vendredi soir, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a martelé que son pays ne cèderait à "aucune pression internationale", bien que le président américain ait proposé sa médiation.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a aussi mis en garde samedi contre l'escalade après que l'Egypte eut reconnu vendredi que ses efforts de médiation se heurtaient à "l'entêtement" des protagonistes.

A Gaza, les rues étaient presque désertes dans la journée de samedi, en dehors des processions funéraires conduites sous une chaleur écrasante.

 

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Source(s) : RTBF / Belga, le 13.07.2014

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