Racisme, corruption, infiltrations : La police dans la tourmente


Fortes turbulences pour la police londonienne après des révélations de et de pratiques illégales lors de l'enquête sur un assassinat raciste commis il y a plus de vingt ans.

The Independent consacre sa une ce 7 mars à un rapport publié la veille, révélant de "forts soupçons de concernant un officier de la police qui enquêtait sur l’assassinat de Stephen Lawrence". Cet adolescent noir de 18 ans avait été tué pour des motifs racistes le 22 avril 1993 par quatre jeunes, dont seulement deux ont été condamnés. Selon le rapport d’un conseiller juridique de la couronne, l’officier de police – John Davidson –  aurait accepté de l’argent de la part du père d’un des suspects pour ne pas poursuivre son fils. Les soupçons avaient déjà été révélés il y a deux ans par les services internes, rappelle le quotidien, mais écartés à l'époque par l’autorité de contrôle de la police. 

Et ce n’est pas tout : le rapport révèle aussi qu’un espion de la police avait infiltré l’entourage et les proches de la victime dans le but de les discréditer. Le 6 mars, , la ministre de l’Intérieur, a ordonné une enquête publique afin de connaître "toute la vérité", plus de deux décennies après les faits. Quant à la police britannique, elle se trouve évidemment dans un "embarras extrême", note le journal.

L’affaire doit être comprise dans le contexte de scandales d'infiltration plus large, explique The Guardian. Il y a trois ans, le quotidien avait déjà révélé les infiltrations à grande échelle menées par la police dans des groupes politiques, pendant plus de quarante ans. "Les espions nouaient systématiquement des relations sexuelles avec les militants qu’ils devaient espionner, et ils volaient les identités d’enfants décédés afin de renforcer leurs fausses identités", note le journal. 

Dans une analyse, le journaliste d'investigation Paul Lewis note qu'"il se peut que des dizaines – peut-être des centaines – de militants politiques aient été condamnés à la suite des opérations d' douteuses qui pourraient être liées à des erreurs judiciaires. […] Ce qui est peut-être le plus frappant, c'est que la vérité ait mis tant de temps à éclater. Mais il faut dire que l'establishment britannique a du mal à dévoiler ses secrets. Pendant les trois ans que  menait ses enquêtes, la police londonienne les a embrouillées et bloquées à chaque fois. A plusieurs reprises, on nous a dit qu'il serait inapproprié si Scotland Yard nous donnait de l'aide", fustige l'éditorialiste.

Dans un éditorial intitulé "La trahie", The Independent revient sur le racisme dans les rangs policiers qui mine la confiance des jeunes : "Dans combien de cas semblables à celui de Stephen les criminels ont réussi à s’en tirer impunément à cause du 'racisme institutionnalisé' au sein de la police ?" se demande le journal. "Inutile de creuser davantage pour comprendre que tant de personnes de la communauté noire ont l’impression que ce pays les traite comme des citoyens de deuxième rang, et pourquoi elles considèrent toujours la police comme une force étrangère, oppressive et hostile, surtout à Londres."

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Source(s) : Courrier International / Par JUDITH SINNIGE, le 07.03.2014

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