Mathieu Gallet © Thomas SAMSON AFP

Mathieu Gallet condamné à un an de prison avec sursis : mais que fait le « comité d’éthique » de Radio France ?


Ce lundi 15 janvier 2018 Le Monde nous apprend que « l’ancien président de l’Institut national de l’audiovisuel Mathieu Gallet a été condamné à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende, lundi 15 janvier. L’actuel président de Radio France était jugé pour “favoritisme”, soupçonné d’avoir commandé environ 400 000 euros de prestations à deux sociétés de conseil sans avoir respecté les règles des marchés publics, lorsqu’il présidait l’INA. »

Le président de Radio France condamné par la en première instance [1], on pourrait s’attendre à une prise de position du « comité d’éthique » de Radio France. Mais la conclusion de l’un de nos derniers articles montre que ce « comité » aura quelques difficultés à s’exprimer :

« Le point commun entre Jean-Robert Pitte, Noëlle Lenoir, Gilles Leclerc et Isabelle Giordano ? Ils n’ont pas leur place au “comité d’éthique” de Radio France compte-tenu de leurs parcours, activités et prises de positions. S’ils avaient une once… d’éthique, ils n’auraient jamais accepté d’être nommés dans ce comité. Et si les membres du conseil d’administration de Radio France [dont Matthieu Gallet] en avaient également, ils n’auraient pas eu l’indécence de nommer ces quatre “personnalités” au “comité d’éthique” de Radio France (comprenant, rappelons-le, cinq membres). »

Et s’il fallait encore démontrer à quel point la composition de ce comité est une pantalonnade, nous pourrions évoquer une information qui nous avait échappé lors de la rédaction de l’article consacré à Isabelle Giordano, alors que nous dressions la liste, déjà copieuse, de ses « ménages ». Il se trouve en effet, qu’Isabelle Giordano, membre du « comité d’éthique » de Radio France, est aussi membre du conseil d’administration de… la Fondation HSBC pour l’Education.

HSBC, cette multinationale de la banque, dont le Canard enchaîné du 10 janvier 2018 décrivait les efforts de « communication » pour neutraliser les éventuels effets de la diffusion sur le 12 décembre dernier d’un documentaire titré de manière très évocatrice « Les gangsters de la finance » :

[Les] collaborateurs [d’HSBC] ont reçu, quatre jours avant la programmation du film, un vade-mecum des réponses à apporter aux clients trop curieux.

Fin 2017, HSBC a dû payer au fisc français une amende de 300 millions d’euros afin d’échapper aux poursuites pénales pour “blanchiment aggravé”. La banque avait soustrait 1,6 milliard d’euros à l’ISF en fournissant des comptes occultes aux clients français de sa filiale Private Bank, basée en .

Nous avons là une nouvelle illustration et une confirmation de l’absence d’indépendance d’Isabelle Giordano, en l’occurrence vis à vis d’une banque dont une filiale pratique la fraude fiscale à grande échelle : le budget 2018 de Radio France est de 596 millions d’euros et la somme (connue à ce jour) soustraite au fisc français par des clients français d’HSBC via les comptes occultes d’une filiale de la banque est de 1,6 milliards d’Euros. [2]

***

Les positions de Matthieu Gallet, Isabelle Giordano, Gilles Leclerc, Noëlle Lenoir et Jean-Robert Pitte seraient intenables s’ils avaient une once d’éthique : n’est-il pas indécent de voir des membres d’un « comité d’éthique » nommés par un conseil d’administration auquel appartient le président de Radio France condamné par la et n’ayant, pour quatre d’entre eux (sur cinq !) absolument aucune forme d’indépendance à l’égard des pouvoirs ?

Denis Souchon

PS : Le 12 octobre 2017, Jean-Robert Pitte, lui aussi membre éminent du « comité d’éthique » de Radio France était à l’affiche d’une fiesta du Rotary club de Sens pour y commenter « la célèbre phrase de Pasteur : “Le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons” avec « verre de l’amitié » à l’issue de la soirée… pris avec Matthieu Gallet et les membres du « comité d’éthique » de Radio France ? et à la santé des auditeurs et personnels de Radio France ?

 Source : Acrimed 17 janvier 2018
 

Le haut fonctionnaire a été condamné à une peine de prison avec sursis pour avoir failli à respecter la réglementation sur les marchés publics. Alors directeur de l’INA, il aurait favorisé deux sociétés pour des prestations s’élevant à 400 000 euros.

Mathieu Gallet, patron de Radio France, a été condamné le 15 janvier à un an de prison avec sursis pour «favoritisme» lorsqu’il dirigeait l’Institut national de l’audiovisuel (INA), une décision dont il va faire «immédiatement appel», selon ses avocats.

Mathieu Gallet, qui a présidé l’INA entre 2010 et 2014, a également écopé d’une amende de 20 000 euros. Le tribunal correctionnel de Créteil s’est montré plus clément que le parquet, qui réclamait 18 mois de prison avec sursis et 40 000 euros d’amende.

«Compte-tenu des conditions dans lesquelles l’enquête et l’audience se sont déroulées, la décision du tribunal n’est pas une surprise», ont réagi les avocats de Mathieu Gallet, Christophe Ingrain et Rémi Lorrain, à la sortie du tribunal. «Nous faisons immédiatement appel pour que la Cour examine ce dossier avec sérénité et dans le respect des droits de la défense», ont-ils ajouté.

Avant que le jugement soit rendu, Mathieu Gallet avait fait savoir par voie de presse qu’il ne démissionnerait pas de Radio France en cas de condamnation. Il compte aller au terme de son mandat à la maison ronde, dont la fin est prévue en mai 2019.

Le haut fonctionnaire de 41 ans est soupçonné d’avoir «favorisé» deux sociétés de conseil, auxquelles l’établissement public a commandé plus de 400 000 euros de prestations.

Le premier volet de l’affaire concernait l’entreprise Balises de son consultant Denis Pingaud. Ce professionnel de l’audiovisuel était utilisé par l’INA comme «conseiller externe». Rémunéré 5 000 euros par mois, il a perçu 130 000 euros hors taxes. Un total qui aurait dû forcer l’établissement de Bry-sur-Marne (Val-de-Marne) à mettre sa société en concurrence, pour respecter la réglementation sur les marchés publics.

Lors de son procès, Mathieu Gallet avait avoué n’avoir jamais été «confronté à ces questions de marchés publics», un domaine qui lui était «totalement inconnu». Il avait rejeté la faute sur «les équipes en place à l’INA», qui ne lui ont pas transmis de «signaux d’alerte» sur la nécessité de procéder à un appel d’offres.

La procureure, Amélie Cladière, avait estimé que Denis Pingaud servait de «coach personnel» à Mathieu Gallet, «financé avec de l’argent public», notamment pour lancer sa candidature à la direction de Radio France. Un scénario «au minimum insultant, au pire diffamatoire», avait rétorqué Mathieu Gallet, en détaillant les missions de son conseiller : écrire des discours, accompagner plusieurs projets de l’INA, dont la refonte du site internet, conseiller l’établissement sur sa stratégie.

Second volet de l’affaire, un contrat de 2013 entre l’INA et la société de conseil Roland Berger Strategy, pour 289 000 euros hors taxes. L’entreprise avait été choisie après un appel d’offres «trop court» et Mathieu Gallet avait faussé la concurrence en prévenant ce prestataire dès 2010 que l’INA aurait besoin de fusionner deux directions, selon la procureure.

Ses avocats défendent, eux, la régularité de cette procédure : les sociétés avaient cinq jours pour envoyer leur «fiche d’identité» à l’INA, mais disposaient de plusieurs semaines pour formuler une véritable offre commerciale.

Source : Russia Today 15 janvier 2018

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