Le Pen choisira le pro-israélien Chauprade pour diriger le Quai d’Orsay


, futur ministre des Affaires étrangères de : telle est l’annonce faite par la présidente du FN à une revue juive américaine.

Révélée mardi par Panamza, l’orientation ultra-sioniste du “manifeste” publié -lundi 11 août- par l’eurodéputé FN  suscite un vif débat sur les réseaux sociaux. Plusieurs sympathisants et militants embarrassés du parti de tentent ainsi de justifier cette mutation idéologique en la réduisant à un simple discours “tactique” pour conquérir le pouvoir. Au contraire, d’autres se réjouissent de cette prise de position inédite pour un cadre du FN.

Une chose est certaine: Aymeric Chauprade ne représente pas une voix dissonante ou marginale aux yeux de Marine Le Pen.

Mi-juillet, la présidente du FN a accordé un entretien à Tablet Magazine, une revue juive américaine en ligne. Ses propos ont été publiés mardi 12 août.

Interrogée sur Aymeric Chauprade (son conseiller -officieux depuis 2010, officiel depuis janvier 2014– sur les questions internationales), Marine Le Pen a fait savoir qu’il sera son “très probable ministre des Affaires étrangères” selon les termes recueillis par son interviewer. Notons également qu’elle rejette les accusations d’antisémitisme à propos de son père en usant d’un argument singulier: Jean-Marie Le Pen ne peut pas être antisémite puisqu’il a “combattu avec les Israéliens en 56” (référence à l’intervention militaire française de Suez).

Détail révélateur : le journaliste qui a réussi à convaincre Marine Le Pen de s’exprimer auprès du lectorat juif américain n’est pas un inconnu pour le microcosme parisien des lettres et des médias. Il s’agit de Marc Weitzmann, un écrivain français vivant entre Paris et New-York.

Autrefois chroniqueur aux Inrockuptibles, l’homme s’est surtout distingué par sa participation au Meilleur des mondes, revue emblématique des néonconservateurs français attachés au renforcement de l’axe Washington-Tel Aviv. Durant les années 2000, il n’était pas rare de l’apercevoir dans les débats audiovisuels pour prendre systématiquement la défense de l’Administration Bush ou d’Israël. Ce fut encore le cas en 2010, aux côtés (youtu.be/vxkyZSh2qTE) de , co-directeur du Crif.

En 2007, Marc Weitzmann avait eu le privilège d’être convié à Prague -en présence de George Bush- pour un colloque organisé par le gratin du néonconservatisme américain. Il y accorda d’ailleurs une interview à une ultra-sioniste de choc: Devon Gaffney Cross.

En somme, l’homme qui a décroché un entretien (destiné aux Américains juifs) avec Marine Le Pen est un représentant culturel par excellence de l’axe atlanto-franco-sioniste.

Le (grand) maître et le disciple

Quant à Chauprade, un fait biographique mérite aujourd’hui d’être souligné: le conseiller adoubé par la présidente du FN est le disciple reconnaissant d’un franc-maçon ultra-sioniste. Son mentor est le géopolitologue François Thual.

François Thual

François Thual

Sur leurs sites respectifs, les deux hommes rappellent eux-mêmes leur proximité, à la fois affective et intellectuelle.

En quoi Thual, par ailleurs professeur au Collège interarmées de défense et ex-conseiller aux affaires stratégiques du président du Sénat, peut-il être aisément qualifié d’ultra-sioniste? Tour d’horizon.

* Il est membre du comité directeur de l’association France-Israël dirigée par le Likudnik Gilles-William Goldnadel.

* Il a co-rédigé un livre intitulé “Géopolitique d’Israël” avec son “ami” Frédéric Encel (ancien dirigeant du Bétar, groupuscule juif extrémiste) dans lequel il réfute l’existence de tout “lobby” sioniste.

* Il a fustigé, lors d’un procès parodique, l’affaiblissement -consécutif au rapport onusien Goldstone- de l’image d’Israël.

* Il met en garde contre “le nouvel  (présenté comme un “pogrom digital”) et déplore la “ghettoisation d’Israël” par les milieux universitaires.

Nulle surprise, dès lors, à constater que le disciple Chauprade rejoint finalement son maître Thual dans la défense des intérêts d’Israël.

Quant au rapprochement, entamé depuis plusieurs années en , entre l’extrême droite et la mouvance ultra-sioniste, il ne cesse de se confirmer par de nouveaux éléments factuels, d’échelle variable. Dernier exemple, modeste mais significatif, en date: l’article de relatif au virage idéologique du FN a été conjointement attaqué par deux personalités emblématiques a priori opposées. D’un côté, l’animateur du site Fdesouche qui use (.com/FrDesouche/status/499835582257037312) (à l’instar de Frédéric Haziza) du terme “islamiste” (.com/FrDesouche/status/499512645440245760) pour dénigrer l’auteur de ces lignes ; de l’autre, Sam Schulman, journaliste américain du très neoconservateur Weekly Standard, qui a recours à la technique éculée de diabolisation consistant à présenter comme un site “antisémite”.

Rappelons également que Fdesouche a encensé (twitter.com/FrDesouche/status/498950877622067201) et mis en Une le “manifeste” de Chauprade. 

fdesouche

Soulignons enfin un fait éclairant: ce site n’avait pas hésité -en septembre 2011- à s’autocensurer en supprimant un lien, initialement publié, renvoyant vers la fameuse divulguée par l’auteur de ces lignes- dans laquelle Manuel Valls revendique son “lien éternel” avec la communauté juive et Israël. Une capture d’écran du cache renvoyant à la page effacée avait été alors réalisée.

fdesouchevalls

Pour conclure ce papier sur une note légère, place à la défense: un sympathisant FN a réagi hier sur Youtube au précédent article de Panamza en défendant la nouvelle posture sioniste de son parti. À chacun d’apprécier l’argumentaire déployé par le jeune homme.

youtu.be/qTylt0J8LH4

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Source : Panamza / Par , le 14.08.2014

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