L’amendement avorté de l’UMP pour épargner la prison aux «cols blancs»


Les dépositaires de l’amendement souhaitaient réserver les peines de prison aux coupables de crimes contre des personnes physiques.

L’initiative aurait eu de quoi faire parler alors que les scandales financiers se multiplient à l’Un amendement a été déposé lundi par six députés à l’occasion de l’examen de la réforme pénale portée par . Il réclamait la limitation des peines de prison aux seuls «crimes commis à l’encontre d’une personne physique et qui porte atteinte à cette personne directement». En clair les délits financiers comme les malversations, les escroqueries, le blanchiment d’argent ne pourraient plus conduire derrière les barreaux. Mais la tentative a fait long feu.

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Les députés, parmi lesquels Marc-Philippe Daubresse et Guénhaël Huet, souhaitaient que «des peines adaptées définies par décret soient prononcées» dans de tels cas. Les peines en question revêtiraient la forme de «travaux d’intérêt général, l’interdiction d’exercer la profession qui les a conduits à ce crime ou encore des amendes adéquates». Pour justifier leur amendement les députés ont pointé la surpopulation des prisons françaises, le coût du système carcéral ou encore le délabrement des maisons d’arrêt. De quoi donner par ailleurs raison à , dont l’un des objectifs affirmés dans la réforme pénale est de sortir du «tout carcéral» pour désengorger les prisons.

Ceux qui font leur succès politique sur le dénigrement des élites, de la collusion des pouvoirs et du «tous pourris» trouveront dans cet amendement avorté de nouveaux arguments. Le responsable du jeunesse Julien Rochedy s’est d’ailleurs rapidement saisi du sujet :

Il semble que cet amendement ait échappé au président du groupe de l’Assemblée Christian Jacob, si l’on en croit la vive altercation qui l’a opposé à Jean-Jacques Bourdin sur BFM-TV mercredi. Ce dernier voulait savoir si cette mesure avait le soutien du président de groupe: «je suis incapable de vous répondre, des amendements il y en a plus de 300» s’est-il défendu.

Voyant monter la polémique, l’un des députés UMP à l’origine de l’amendement l’a prestement retiré en fin de matinée mercredi. Guénhaël Huet, a annoncé sur France Info qu’il souhaitait ainsi se préserver d’interprétations «restrictives à travers le filtre des affaires».

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Source : Le Figaro / Par Marc de Boni, le 04.06.2014

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