Irak : Le Conseil de sécurité veut couper les vivres des jihadistes


Le Conseil de sécurité de l' a entamé lundi la rédaction d'un projet de résolution visant à couper les vivres, en argent et en hommes, des jihadistes en et en Irak. Dans le même temps, une réunion extraordinaire des ambassadeurs des pays de l'UE a été convoquée mardi à pour examiner les moyens de contrecarrer l'avancée des jihadistes de l'État islamique (EI) en Irak, a-t-on appris lundi de source européenne.
 

Face à l'avancée des jihadistes de l'État islamique (EI) depuis début juin, les États-Unis ont commencé vendredi à frapper des cibles pour contrer leur offensive notamment vers le Kurdistan irakien.

Des experts des 15 pays membres du Conseil de sécurité ont commencé à discuter d'une proposition britannique qui pourrait être adoptée sous forme de résolution cette semaine, selon des diplomates.

Un projet de texte prévoit un renforcement des sanctions à l'encontre des individus, des mouvements et des entités qui soutiennent l’État islamique ou le Front al-Nosra en .

Le Conseil y "exhorte tous les États membres à prendre des mesures visant à mettre un terme aux flux de combattants terroristes étrangers" qui vont rejoindre l'EI ou Al-Nosra, et menace de sanctionner ceux qui participent à leur recrutement. Il met en garde aussi contre tout commerce avec les jihadistes, qui contrôlent désormais des champs pétroliers et des infrastructures potentiellement rentables, commerce qui "pourrait être assimilé à un soutien financier" et conduire à des sanctions.

Le Conseil accuse les jihadistes d'avoir perpétré des atrocités – visant des civils en , perpétrant des exécutions de masse, exécutant sommairement des soldats -, et d'avoir persécuté des minorités religieuses en Irak.

Ces discussions ont démarré avant la nomination d'un nouveau Premier ministre en Irak pour succéder au très contesté Nouri al-Maliki. A Bagdad, le représentant spécial de l', Nickolay Mladenov, a appelé les forces irakiennes à se tenir à l'écart de cette transition politique.

Réunion extraordinaire à l'UE

Une réunion extraordinaire des ambassadeurs des pays de l'UE a également été convoquée mardi à pour examiner les moyens de contrecarrer l'avancée des jihadistes de l'État islamique (EI) en Irak, a-t-on appris lundi de source européenne.

La France et l'' en avait fait la demande. "Nous examinons avec nos principaux partenaires européens les moyens les plus efficaces" pour stopper l'avancée des jihadistes de l'État islamique (EI), a déclaré la ministre italienne Federica Mogherini à la première chaîne de la radio publique. "Il ne s'agit pas d'une intervention militaire mais d'un soutien, y compris militaire, au gouvernement kurde".

La ministre a indiqué avoir "écrit hier (dimanche) à la haute représentante (de l'UE pour les Affaires étrangères) Catherine Ashton pour lui demander formellement la convocation d'un conseil Affaires européennes". Cette réunion "devrait s'occuper de l'Irak, de et de la , trois crises qui concernent directement l'Europe", a estimé Federica Mogherini, elle-même candidate du gouvernement italien pour succéder à Catherine Ashton.

"Plusieurs pays sont en train de bouger mais il faut une initiative à l'échelle européenne", a insisté la ministre, disant s'attendre à "une réponse positive" de Catherine Ashton.

Federica Mogherini a souligné être prête, tout comme sa collègue de la Défense, Roberta Pinotti, à présenter la position du gouvernement sur l'Irak devant le Parlement "à n'importe quel moment".

Elle s'est dite convaincue que les inquiétudes concernant l'Irak "sont une préoccupation partagée par toutes les forces politiques italiennes".

Selon le journal Corriere della Sera, Rome souhaiterait la fourniture d'armes aux peshmergas, les combattants kurdes.

"Ce sont les seuls qui puissent défendre les chrétiens et préserver le rôle 'tampon' du Kurdistan mais ils sont peu nombreux, 50 000 environ, et armés seulement de kalachnikovs sur un front qui s'étend sur 1000 km", a indiqué le vice-ministre italien des Affaires étrangères Lapo Pistelli, de retour d'une mission à Erbil, dans le nord de l'Irak, cité par les médias.

Pour M. Pistelli, trois types d'actions sont nécessaires en Irak: "l'action diplomatique" pour pousser à la formation d'un gouvernement unitaire entre chiites, sunnites et kurdes, "des aides humanitaires pour assister les énormes flux de populations en fuite", "l'approvisionnement militaire des peshmergas dépourvus des armes lourdes dont disposent" les jihadistes.

Une ville près de Bagdad aux mains des jihadistes

Sur le terrain, les jihadistes de l'État islamique (EI) ont pris lundi le contrôle de la ville de Jalawla, à 130 km au nord-est de Bagdad, après deux jours de combats féroces avec les forces kurdes peshmergas, ont affirmé des sources de sécurité.

Un officier de police a affirmé que la ville était tombée aux mains des jihadistes "tôt lundi matin" et deux autres sources de sécurité ont précisé que les combats avaient fait 10 morts et environ 80 blessés dans les rangs des peshmergas.

Livraison d'armes par les Américains

"Nous collaborons avec le gouvernement irakien pour envoyer des armes aux Kurdes, dont ils ont très vite besoin. Les Irakiens procurent des armes de leurs stocks, et nous faisons la même chose, nous leur fournissons des armes de nos stocks", a déclaré Marie Harf, une porte-parole de la diplomatie américaine, sur CNN. Elle a précisé que ces livraisons ont commencé la semaine dernière, sans toutefois détailler le type d'armes livrées.

Deux ans et demi après le retrait de leurs troupes, les États-Unis ont commencé vendredi à frapper des cibles de l'État islamique pour contrer leur avancée vers le Kurdistan irakien et protéger le consulat américain d'Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan.

La crise qui touche l'Irak a poussé le gouvernement fédéral de Bagdad et le Kurdistan, dont les relations sont d'ordinaire très tendues, à coopérer, a souligné Marie Harf. "Celle collaboration entre les forces irakiennes et kurdes atteint des niveaux sans précédent. C'est quelque chose que nous n'avions jamais observé par le passé. Ils s'entraident", a-t-elle insisté.

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Source(s) : RTBF avec agences / Relayé par Meta TV

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