François Dufour (agriculteur biologique français) : « Attention au bio industriel ! »


« Malbouffe, comment y échapper », entretien avec un agriculteur de Basse-Normandie qui a fait le choix du bio… Et de l’emploi agricole.

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Claude-Marie Vadrot : Pour un fournisseur de lait comme vous, quels problèmes pose le « bio industriel » ?

François Dufour : Les conditions de définition du bio, notamment pour les productions de lait, ne sont pas assez strictement définies, y compris pour l’. Alors, bien sûr, le respect de l’ est à peu prés assuré, mais si les vaches sont nourries au maïs et avec des tourteaux toute l’année, même s’il s’agit d’aliments bio, leur condition de ruminants n’est pas respectée. La vache est un ruminant dont l’équilibre, pour produire du lait, est lié à l’herbe et à un microclimat particulier.

Son lait n’a une véritable qualité que s’il provient de la transformation de cette herbe, par le cycle naturel de l’animal. D’ailleurs ce genre de « malbouffe » qui concerne maintenant 80 % des bovins détruit tellement leur foie qu’au bout de quatre ans ils sont « envoyés à la casse ».

Claude-Marie Vadrot : Mais le label bio ne prévoit-il pas que les doivent vivre dehors tant que le temps le permet ?

François Dufour : Bien sûr, mais si cela consiste juste à faire un petit tour autour de la ferme ou dans la cour pour aller manger du maïs dans une auge le long d’un mur, ce n’est qu’une illusion. D’ailleurs les exclusivement nourris au maïs doivent recevoir en complément des protéines et celles-ci proviennent essentiellement du soja brésilien.

Que le lait soit ou non en production bio, cette situation s’aggrave avec le développement des robots de traite.

Claude-Marie Vadrot : De quoi s’agit-il ?

François Dufour : Cela n’a rien à voir avec une salle de traite où le paysan vient deux fois par jour. Toutes les vaches sont équipées d’un collier électronique et, toutes les 6 heures en moyenne, elles se présentent à un enclos dont la barrière s’ouvre automatiquement.

Elles viennent une par une, reçoivent leur ration de grains sortant automatiquement du silo, une machine les palpe, lave les pis, procède à la traite, nettoie de nouveau les vaches et, hop !, à la suivante qui fait la queue.

Une noria étalée sur 24 heures, le paysan devant simplement être derrière son ordinateur tous les trois ou quatre jours pour faire des réglages. Bien souvent, même en bio, c’est la seule promenade des vaches dans la journée !

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Source(s): Politis Par Claude-Marie Vadrot, le 24.10.2013 / SOS-planete 

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