Ébola : l’épidémie de fièvre fait au moins 59 morts au sud de la Guinée


L'épidémie de fièvre Ébola qui sévit depuis le 9 février dans le sud de la Guinée a fait au moins 59 morts, selon un nouveau bilan fourni samedi par les services de santé guinéens.

 
 
 
 
 
 
 
 
 

"L'épidémie de fièvre Ébola qui sévit dans le sud de la Guinée, notamment dans les préfectures de Gueckédou et de Macenta depuis le 9 février dernier, a fait au moins 59 morts sur 80 cas recensés par nos services sur le terrain", a déclaré à l'AFP le chef de la division prévention au ministère de la Santé, le Dr Sakoba Kéita.

Le précédent bilan officiel faisait état de 34 morts. "Nous sommes débordés sur le terrain, nous luttons contre cette épidémie avec les moyens du bord, avec le concours des partenaires (OMS, MSF, UNICEF, etc..), mais sachez que c'est difficile, mais nous y parviendrons", a ajouté le Dr Kéita.

Le ministère guinéen de la Santé avait indiqué vendredi soir qu'une épidémie de fièvre virale hémorragique avait provoqué la mort de 29 personnes depuis le 9 février en Guinée. Il n'avait pas précisé la nature de cette fièvre.

L’épidémie est une fièvre Ébola, selon le diagnostic fait à Lyon, en France, a expliqué le Dr Kéita. "Dans la journée d’hier (vendredi) nous avons eu les premiers résultats venus de Lyon qui nous ont annoncé la présence du de la fièvre ébola comme étant à l'origine de cette flambée de fièvre fébrile en Guinée Forestière principalement", a-t-il déclaré.

L’organisation médicale internationale Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé samedi le lancement d'une intervention d'urgence dans le pays. "Vingt-quatre médecins, infirmiers, logisticiens et spécialistes de l’hygiène et de l’assainissement sont déjà sur place alors que d’autres personnes vont renforcer l’équipe au cours des prochains jours", a précisé MSF dans un communiqué.

L'un des les plus contagieux et mortels chez l'homme

Le virus, qui provoque des "fièvres hémorragiques" tire son nom d'une rivière du nord de la République démocratique du (RDC) où il a été repéré pour la première fois en 1976, alors que ce pays s'appelait le Zaïre. Depuis, il a provoqué la mort d'au moins 1200 personnes pour 1850 cas avérés.

Ce virus de la famille des Filoviridae (filovirus), comptant cinq espèces (Zaïre, Soudan, Côte d'Ivoire, Bundibugyo et Reston) se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus des sujets infectés.

On juge que les rituels funéraires, au cours desquels les parents et amis sont en contact direct avec le corps du défunt, jouent un rôle important dans la transmission, mais on sait aussi que le virus Ébola peut se transmettre par manipulation d' porteurs du virus, vivants ou morts. Malgré tout, la cause première des poussées épidémiques reste mystérieuse et le réservoir naturel du virus demeure inconnu même si on estime qu'il se situe dans les forêts tropicales d' et du Pacifique occidental. Certaines études montrent que la chauve-souris participerait au cycle de transmission du virus.

Après une période d'incubation de deux à 21 jours, la "fièvre hémorragique à virus Ébola" se caractérise souvent par une brusque montée de température, avec une faiblesse intense, des myalgies, céphalées et maux de gorge. Elle est souvent suivie de vomissements, diarrhées, éruptions cutanées, insuffisance rénale et hépatique et hémorragies internes et externes.

Les cas graves sont placés en unité de soins intensifs et les malades, déshydratés, doivent être mis sous perfusion. Il n'existe aucun traitement ni vaccin spécifiques pour la fièvre hémorragique à virus Ébola. Plusieurs vaccins candidats sont en cours d'essai mais il va falloir attendre encore peut-être des années avant qu'un vaccin ne puisse être utilisé, même si des chercheurs américains ont annoncé en décembre 2011 avoir mis au point un vaccin efficace à 80% chez la souris.

Parallèlement un nouveau médicament "prometteur" est en cours d'évaluation en laboratoire, selon l'OMS.

 

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Source(s) : RTBF / AFP, le 22.03.2014

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