Corée du Nord : des salaires multipliés par 100


Des nouvelles inattendues sont arrivées de : des salaires de 250 000 à 350 000 wons nord-coréens ont été payés dans la mine de Musan, dans l’usine métallurgique de Kim Chaek et dans d’autres entreprises qui exportent leur production. Auparavant, les salaires dans ces entreprises ne dépassaient pas 3000 à 6000 wons. Autrement dit, une muliplication inattendue des salaires par 50 à 100 est survenue en .

300 000 wons, ce n’est n’est pas vraiment une somme importante. Toutefois, cela représente une vraie cagnotte en , car, jusqu’à présent, le salaire officiel dans ce pays ne représentait que 3000-4000 wons par mois. ce qui permettait d’acheter un ou deux kilos de riz dans un marché. La plupart des ouvriers vivaient des revenus de leur travail seulement dans le secteur privé. Ainsi, les ouvriers de la mine de Musan et d’autres entreprises privilégiées ont reçu, pour la toute première fois depuis 25 ans, un salaire qui leur permettent de subsister.

Une telle augmentation de salaire peut être considérée comme extrêmement improductive. Le problème principal est, bien sûr, l’inflation. Dès que les ouvriers d’entreprises qui exportent iront au marché, les poches remplies de liquide, les prix sur les marchés augmenteront inévitablement. Il n’est pas exclu qu’il soit possible de contrôler cette inflation, mais ce serait uniquement dans le cas où l’augmentation de salaire ne toucherait qu’un nombre restreint d’entreprises. Ceci signifierait, par contre, que, dans une ville donnée et pour le même type de travail, la différence de salaires des ouvriers de différentes entreprises serait de l’ordre de 50 à 100 fois, ce qui provoquera différents problèmes politiques et économiques.

Pyongyang en est probablement bien conscient. La décision de payer une partie des nouveaux salaires par des marchandises en témoigne. Il n’est pas exclu que les autorités nord-coréennes aient l’intention de contrôler la situation par diverses interdictions. En particulier, il a été annoncé aux heureux ouvriers que désormais, ils ne pourraient plus jouir des services du marché.

Ces interdictions vont-elles aider ? La réponse à cette question est claire : non. L’expérience tirée de la réforme monétaire de 2009, lorsque le gouvernement nord-coréen a annoncé une augmentation de salaire de 100 fois, en témoigne. Toutefois, lorsqu’il s’est heurté à une augmentation brusque des prix, il a essayé de stabiliser la situation à l’aide de de nombreuses interdictions administratives. Ces efforts n’ont porté aucun fruit.

 Il semblerait que les autorités nord-coréennes aient tenté une fois de plus de lancer un défi à la loi de l’offre et la demande. On peut supposer que ce défi aura le même résultat que tous les précédents.

Une autre chose est intéressante. Les mesures prises par Pyongyang montrent que les autorités nord-coréennes ont pris conscience que leur économie a besoin de changements. Même si la tentative actuelle s’avère un échec total, on peut supposer que de nouvelles expériences suivront après celle-ci. Et il n’est pas exclu qu’elles soient mieux préparées et qu’elles aboutissent mieux.

Toutefois, le problème principal des réformateurs nord-coréens ne réside pas du tout dans le domaine de l’économie. Les réformes à la chinoise sont politiquement dangereuses pour la , car elles pourraient provoquer une déstabilisation à l’intérieur du pays. Le défunt Dirigeant bien-aimé et Commandant suprême de l’Armée populaire de Corée Kim Jong-il l’a très bien compris et, probablement pour cette raison-là, a refusé des réformes.

Le Commandant suprême Kim Jong-un, lui, ne le comprend probablement pas encore. Toutefois, même si c’était le cas, cela n’aurait pas changé la donne. Kim Jong-un est contraint de proposer des réformes, malgré le grand risque qu’elles peuvent entraîner.

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Source: La Voix de la Russie / Relayé par  Meta TV
 

 

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