Charles Haquet nous plonge dans le monde du trafic alimentaire


Trafic alimentaire : L’arrière-cuisine de l’industrie alimentaire n’est pas toujours très jolie à voir. Charles Haquet, grand reporter à L’Express, publie un roman policier : “Les fauves d’Odessa”, inspiré de ses enquêtes journalistiques. Voici l’un des menus imaginés par l’un des personnages :

“Des amuse-bouche en apéro. Des toasts de caviar parfumés à l’urotropine.

Idéal pour accompagner du champagne contrefait.

Attention aux cacahuètes : elles peuvent contenir des traces d’un champignon cancérigène.

En entrée, une terrine de porc nourri au clenbutérol (anabolisant).

Ensuite un méli-mélo de poissons aux antibiotiques et aux œstrogènes.

Pourquoi pas un poulet aux nitrites ?

Une pastèque en dessert. Elle est explosive parce qu’elle a reçu un accélérateur de croissance. Et pour terminer, un petit digestif au méthanol.”

Quand on lit Les Fauves d’Odessa, aux éditions du Masque, on espère vraiment que rien ne soit réel et pourtant.

“Tout est vrai. Ce sont des anecdotes et des incidents qui sont arrivés un peu partout sur la planète et qui ont été répertoriés”, explique Charles Haquet. “J’ai commencé cette histoire par une enquête que j’ai faite pour l’Express, et je me suis dit que c’était vraiment une matière extraordinaire.

Je trouve que c’est très efficace de mêler une trame d’enquête avec des faits réel et un roman.”

L’histoire : deux personnages principaux, deux experts en sécurité alimentaire, se sont associés pour créer une entreprise, la société Tracfood, chargée d’effectuer des audits d’usines et des fournisseurs. Ils regardent comment sont fabriqués les produits et ils délivrent, si tout va bien un label bio, par exemple… Le problème, évidemment, c’est que tout ne va pas bien. Ils sont confrontés à des mafieux sans foi ni loi.

Des frontières poreuses

Un pied en , un pied en . Le tout, c’est de soigner la présentation : pas de points de rouille sur les boîtes de conserve ou de fautes d’orthographe sur l’étiquette.
 

“Il y a des mafieux qui sont spécialisés là-dedans. Ils vont en chercher des aliments contrefaits et utilisent la technique des boîtes blanches. Ce sont des boîtes de conserves serties, avec, à l’intérieur, des légumes impropres à la . On essaie de leur donner une bonne figure, on fabrique de fausses étiquettes et on envoie ça par palettes entières en . On le passe par des points de la frontière européenne beaucoup plus poreux que d’autres. Ensuite, on peut les envoyer n’importe où.”

“Il faut savoir que 2% à 3% des containers sont ouverts par les douaniers. Donc tout passe et vous avez la galerie des horreurs. Il y a toute une chaîne de valeurs où en amont on met une pression phénoménale sur les fournisseurs pour vendre aux consommateurs des produits censés être bons. Il y a un manque de connaissance du consommateur sur le prix réel des aliments.”


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Source : France Info / Par Fabienne Sintès, le 08.07.2014

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