BFMTV se défend d’être un auxiliaire de la parole du Front national

43% du temps de parole donné par BFMTV au Front national? Hervé Béroud, directeur de l’information, s’explique…  

Un pourcentage qui a fait bondir. 42,98% du temps de parole au niveau national (soit 23 minutes) a été donné au Front national par BFMTV, entre le 10 février et le 7 mars 2014… Sur les autres chaînes d’info en continu, ce chiffre tombe à 19,04 % (11 minutes) pour LCI et 15,05% (11 minutes) pour iTélé. Voici les chiffres communiqués au Conseil Supérieur de l’audiovisuel (CSA) et publié sur son site par l’organisme sur les temps de parole des partis politiques avant les élections municipales des 23 et 30 mars 2014.

Pour le site du journal Regards, ancré à gauche, «BFMTV fait la part belle au FN». Sur les réseaux sociaux, le chiffre est repris, suspectant BFMTV de donner la parole en priorité au Front national.

Le #FN a 43 % du temps de parole sur BFM TV. Du coup je pense qu’il leur faut un nouveau logo: http://t.co/OHAf3QoHzD

— Nain Portekoi (@Nain_Portekoi) 18 Mars 2014

Des chiffres qui font froid dans le dos: surreprésentation du #FN à la télé française http://t.co/6LKrkRJiQ8

— Marion Dubreuil (@MarionDub) 18 Mars 2014

Interrogé par 20 Minutes, Hervé Béroud, directeur de l’information de BFMTV, explique que le CSA n’a communiqué que les relevés de temps de parole des représentants des partis politiques qui s’expriment sur les enjeux nationaux des élections municipales. Il affirme que ce chiffre de 43% s’explique par le temps d’antenne que BFMTV a consacré aux cafouillages sur les listes du FN aux municipales, comme ces «candidats malgré eux» en Seine-Maritime.

«Réagir sur une affaire qui les mettait en difficulté»

«Le sujet traité relevait du national et on a fait réagir Marine Le Pen et Florian Philippot pour s’expliquer sur une affaire qui les mettaient en difficulté», explique-t-il, se déclarant «scandalisé par la désinformation qui peut circuler via les réseaux sociaux concernant un chiffre partiel et qui n’est pas définitif.»

Sur iTélé, on argue de l’actualité pour expliquer certains déséquilibres, par exemple du temps de parole consacré à l’UMP qui était de l’ordre de 41,15 % par rapport aux autres partis, entre le 10 février et le 7 mars. «On était dans la très longue séquence d’actualité avec Le Point qui mettait en cause Copé, l’affaire Buisson, et on s’est beaucoup tournés vers les ténors de l’opposition», pointe Céline Pigalle, directrice de l’information de la chaîne d’infos en continu. Elle ajoute: «Ça ne peut évidemment pas rester comme ça. On va faire le rattrapage nécessaire en ayant des représentants de la majorité.»

Respecter le principe d’équité, pour le CSA

Le CSA doit faire les comptes sur le traitement de l’actualité électorale au 21 mars, en veillant à ce que les médias aient respecté le principe d’équité. C’est-à-dire «la représentativité des candidats qui prend en compte, en particulier, les résultats du candidat ou de la formation politique aux plus récentes élections et la capacité à manifester concrètement son implication dans la campagne.»

Pour ce qui est du relevé de temps de parole des candidats qui s’expriment sur les enjeux qui concernent leur circonscription électorale, selon le directeur de l’information de BFMTV, sur la période du 10 février au 7 mars, sa chaîne «a consacré 2h47 au Parti socialiste, 2h30 à l’UMP et 54 minutes au FN.»

Seulement, ces derniers chiffres n’ont pas été publiés par le CSA, compte tenu du nombre foisonnant de listes en dehors des partis politiques les plus notoires. «On les publiera peut-être après la fin des élections municipales. Le sujet n’a pas encore été débattu, explique Francine Mariani-Ducray, membre du CSA. Mais ces chiffres donnent moins d’informations sur la situation des formations nationales.»

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Sources: 20minutes / photo: Sipa

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