Capture d'écran de Bernard-Henri Lévy lors d'une interview accordée en duplex à la chaîne Al-Jazeera en anglais, le 11 mars 2011.

Bernard-Henri Lévy : «Il sera très difficile de faire des fellations aux dictateurs dans le monde arabe»

Si tend à devenir le conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, il lui faudra surveiller un peu plus son langage. Lors d’une interview accordée en anglais à la chaîne Al-Jazeera vendredi, dans l’émission du présentateur vedette Riz Khan, le philosophe évoque les conséquences des révolutions dans le monde arabe avec des mots choisis: «It will be very difficult now to make blowjobs to dictators in the Arab world when we are a European government. It will be more and more difficult because the world has changed…» («Il sera désormais très difficile de faire des fellations aux dictateurs dans le monde arabe quand on est un gouvernement européen. Ce sera de plus en plus difficile car le monde a changé»), affirme-t-il, dans un accent franglais.

 Cette séquence de l’interview a été repérée par le site Oumma.com et postée sur YouTube. Depuis, l’extrait est largement relayé. Contacté par 20minutes.fr, n’avait pas encore réagi. 

Source : https://www.20minutes.fr/monde/686798-20110314-monde-bernard-henri-levy-il-tres-difficile-faire-fellations-dictateurs-monde-arabe

BHL, sexologue sur Al Jazeera : « Il sera de plus en plus difficile de faire des fellations aux dictateurs arabes »

Classe internationale. Vendredi, sur la chaîne Al Jazeera English, Bernard-Henri Lévy a comparé la arabe des chefs d’Etat européens à une « fellation » qui sera « de plus en plus difficile » à maintenir.

Philosophe, « reporter » en Égypte et médiateur pour l’opposition libyenne, Bernard-Henri Lévy vient d’ajouter une nouvelle corde à son arc : porte-parole BCBG de la diplomatie sarkozyste. Interviewé à propos de la , BHL a soutenu avec passion la proposition française de frappes aériennes. Lors de ce duplex réalisé vendredi avec Riz Khan, présentateur-vedette d’Al Jazeera English, l’homme qui se définit avant tout comme un « écrivain » a usé d’un langage détonnant au regard du ton plutôt distingué des intervenants sollicités habituellement par la chaîne. A l’occasion d’une question relative à l’indulgence passée des Etats européens envers le despotisme de certains dirigeants arabes, BHL s’emporte et dérape dans la vulgarité : « Il y a une nouvelle loi, celle des peuples de , d’Égypte et de (…) Il sera très difficile, désormais, de faire des fellations aux dictateurs dans le monde arabe quand nous sommes un gouvernement européen (sic). Ce sera de plus en plus difficile car le monde a changé ».

Le lyrisme est toujours au rendez-vous mais l’expression hésitante en anglais suggère que le philosophe a choisi de manière précipitée l’expression « faire des fellations » (make blow jobs). Pour autant, la question-réponse au complet laisse deviner que l’interviewer n’a pas perdu son flegme face au propos peu élégant de celui qui représente alors la France sur la scène médiatique internationale.

Tailler une pipe ou jouer du pipeau, il faut choisir

Pour les anglophones, même débutants, l’entretien intégral vaut le détour. De nombreux éléments saugrenus y sont dévoilés : ainsi, BHL a rendu un hommage vibrant à pour sa décision d’intervenir en Libye tout en prenant le soin de rappeler qu’il demeure –évidemment- un opposant farouche. Par ailleurs, suite à la remarque hostile d’un téléspectateur –qualifiant BHL d’ « agent d’Israël », celui-ci a préféré en rire (à la 22ème minute) : « Je ne suis l’agent de personne, je suis un esprit libre, je suis l’agent de moi-même ! ». Le narcissisme plutôt que le , en somme.

Oumma publiera prochainement un dossier spécial « BHL ou l’art de resquiller la révolution arabe ». Nous reviendrons en détail sur le détournement des soulèvements populaires commis par l’éditocrate, depuis son appel -in extremis- à pirater les sites gouvernementaux tunisiens jusqu’à son intrusion à l’Élysée au sujet de la Libye en passant par son « reportage » en Égypte pour un journal –Libération– dont il est actionnaire. Interrogé comme une rock-star des droits de l’homme, notamment sur TF1 et Canal+, l’homme continue de bénéficier d’une complaisance extraordinaire en dépit de ses nombreux accommodements avec la vérité comme l’a illustré l’affaire « Botul »– du nom de ce philosophe imaginaire invoqué par BHL. En attendant que les éminents journalistes de la presse écrite et audiovisuelle interrogent sans concession Bernard-Henri Lévy, notamment à propos de sa légitimité sur le terrain et sa persistance à vouloir incarner le « révolutionnaire de la 25ème heure », Oumma vous propose, d’ores et déjà, de découvrir un élément singulier dans les aventures arabes du personnage : le lundi 28 février, de retour du Caire, l’homme révélait, sur l’antenne de RCJ, un fait passé injustement inaperçu : « Ma présence a été saluée sur la place Tahrir ».

A l’en croire, son passage-éclair par le centre névralgique de la révolution égyptienne a été non seulement remarqué mais célébré par des manifestants qui commémoraient alors la chute de Moubarak. Une nouvelle botulade ?

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