Article MetaTV : « La guerre ne sera pas télévisée »


L’empire américain et ses alliés ont développé la notion d’ingérence au     nom d’une soi-disant « Communauté Internationale » dès lors qu’il s’agit de géopolitique mondiale.

 Cet interventionnisme guerrier est défendu par l’ensemble du monde médiatico-politique français obéit à l’idéologie qu’il nomme : «ingérence humanitaire»

Ce dogme diplomatique s’accompagne inévitablement de frappes chirurgicales (bombardements intensifs) et de bavures (crimes de guerre) bienvenu dans la civilisation de l’oxymore.

L’opération est particulièrement bien rodée depuis l’intervention de l’OTAN sans mandat de l’ONU en Serbie en avril 1999.

En effet, l’Empire s’octroie le droit de déployer une force militaire et d’assassiner les dirigeants d’un pays considéré comme hostile, hors de tout cadre international, et contre l’avis de la plupart des autres nations, y compris de sa propre population..

Le journaliste belge Michel Collon, spécialisé dans ces questions de médias mensonges a décrypté les mécanismes de la propagande médiatique qui précèdent et accompagnent toute guerre de l’OTAN.

Il s’agit de focaliser l’opinion publique sur un acte de guerre réel ou imaginaire mais toujours gravissime et profondément émotionnel, ceci afin d’accuser et de diaboliser le régime incriminé avant même qu’une enquête ne soit déclenchée.

La machine médiatique se met en place avec toute la désinformation et le parti pris dont elle est capable.

Cette technique fut utilisée en ex Yougoslavie avec le carnage de Srebrenica et de fait la diabolisation du régime de Milosevic mais également celle des serbes, toute cette manipulation a été orchestrée dans le but de justifier l’intervention de l’OTAN et le bombardement de la Serbie.

L’échec des accords de Rambouillet imputé aux serbes – de l’aveu même de Kissinger- posaient des conditions inacceptables pour la Serbie, avec notamment le déploiement d’une force militaire au sol, concession qu’aucun pays n’aurait jamais accepté.

Cette condition imposée par les USA força la Serbie à se replier et refuser l’accord, cette manœuvre était destiné à leur faire porter l’échec des négociations.

L’OTAN a lancé son opération militaire sans mandat onusien, ce qui créa l’un des plus graves précédents dans les relations internationales depuis la seconde guerre mondiale.

La Russie d’Eltsine trop faible à cette époque n’a pas pu s’opposer militairement à la puissance de l’OTAN, nous nous rappelons ces images humiliantes de chars russes désemparés et incapables d’arrêter le flot incessant des blindés et des troupes de l’OTAN qui traversaient la nouvelle frontière serbo-croate.

L’éclatement de la fédération yougoslave à la suite de la guerre du Kosovo, et la révolution orange à la sauce OTPOR sonna le glas du fragile équilibre des forces qui s’était installé depuis l’écroulement de l’Union soviétique.

 

Le 11 septembre 2001, et les attentats de New-York, ont accéléré la phase d’expansion impériale, au nom de la liberté et de la lutte contre le terrorisme.

Les pays hostiles à ces velléités néo-coloniales ont subi la foudre de la puissance de feu Otanienne avec l’enchaînement des guerres en Afghanistan, en Irak, en Libye en Somalie, en Ouganda, en Côte d’ivoire, et maintenant en Syrie.

En 2003,nous nous rappelons tous le numéro d’acteur hollywoodien de Colin Powell (Secrétaire d’état ) devant le conseil de sécurité des Nations Unis, qui nous présenta sa petite fiole d’Anthrax, dont Saddam Hussein était censé posséder des stocks de quoi exterminer l’ensemble du monde occidental.

Mensonge éhonté, l’intéressé nous a expliqué quelques années plus tard qu’il avait été dupé par les services secrets, difficile à croire à ce niveau de responsabilité..

Les mêmes médias mensonges ont fait partie du stratagème contre le régime libyen, afin que l’opinion publique mondiale bascule en faveur de la guerre.

Si on remonte encore plus loin dans l’histoire, on s’aperçoit que « l’affaire des couveuses irakiennes » organisée par l’agence de communication américaine Hill &Knowlton fut déterminante pour l’adhésion de l’opinion publique à la première guerre des Bush en Irak en 1991.

Ce témoignage, avec d’autres comme ceux conçus par l’agence de communication Rendon Group chargée de superviser la communication de la CIA et du Pentagone, ont beaucoup ému l’opinion publique internationale et ont contribué à ce qu’elle soutienne l’action des puissances occidentales contre les armées de Saddam Hussein lors de la guerre du Golfe

En fait, ce témoignage était entièrement faux. La jeune fille, coachée selon certaines sources par Michael Deaver ancien conseiller en communication de Ronald Reagan, s’appelait al-Ṣabaḥ, et était la fille de l’ambassadeur du Koweït à Washington Saud bin Nasir Al-Sabah.

L’association Citizens for a Free Kuwait, organisée par le gouvernement du Koweït exilé avait commandé cette campagne à la compagnie de relations publiques Hill & Knowlton (pour la somme de 10 millions de dollars).

La machination a fonctionné grâce à l’intervention de Lauri Fitz-Pegado, qui a convaincu les députés que l’identité n’était pas révélée pour protéger la famille de la jeune femme. Lauri Fitz-Pegado avait travaillé pour le gouvernement auparavant, dans l’Agence de l’Information.

Par ailleurs, le gouvernement américain aurait payé 14 millions de dollars à cette compagnie pour l’avoir aidé à médiatiser la guerre du Golfe sous un jour favorable à l’intervention occidentale

La guerre du Viêt-Nam ne fut pas en reste, quand des documents déclassifiés de la CIA nous apprîmes que l’incident du Golfe du Tonkin fut une opération sous « faux drapeau » (false flag) dont les autorités américaines semblent être de grandes adeptes.

Cette soi disant attaque contre l’USS Maddox allait devenir le prétexte officiel pour justifier l’ingérence américaine, avec des millions de morts à la clé comme première conséquence de cette guerre.

Même la guerre de 1898 contre l’Espagne découle d’une opération du même calibre avec l’explosion de l‘USS Maine dans la rade de la Havane.

Alors qu’aujourd’hui on doute même de l’authenticité du télégramme Zimmermann, ou de l’implication réelle de l’Allemagne dans le torpillage du Lusitania.

L’histoire étasusienne est jonchée de ce genre d’événements déclencheur de guerre, alors autant dire qu’on devient très méfiant devant la préseentation des événements actuels en Syrie.

Le gouvernement syrien doit combattre des milices entraînées par l’OTAN et sponsorisées par l Qatar et l’Arabie saoudite, alors comment ne pas douter de la véracité des faits concernant l’utilisation d’armes chimiques par l’armée syrienne?

Au moment même où toutes les chancelleries répétaient en chœur à qui voulait l’entendre qu’il s’agirait d’une ligne rouge à ne pas franchir car, elle mènerait directement à une intervention militaire occidentale, voilà, nous y sommes.

Evidemment ces apôtres de la « bonne parole » avait songé à se taire lorsque les Etats-Unis déversaient des tonnes «d’agent orange» sur la péninsule vietnamienne, ou lorsqu’ils utilisèrent de l’uranium appauvri dans les bombardements en Irak en Afghanistan ou en Libye.

Ces substances hautement toxiques et radio actives ont contaminé les hommes, l’eau et les terres, pour des siècles, mais les pays Otanisés sont restés silencieux sur ces affaires.

L’ironie du sort, c’est que la même semaine, ce sont des documents déclassifiés de la CIA qui mettent en cause la responsabilité des USA dans l’utilisation de d’armes chimiques par l’armée irakienne contre les iraniens durant la guerre Iran Irak dans les années 80.

A l’époque l’envoyé spécial au Moyen-Orient du président américain Ronald Reagan était un certain Donald Rumfsfeld, qui deviendra secrétaire d’état à la défense dans le gouvernement de G.W Bush fils de 2001 à 2006.

Cependant, la situation géopolitique mondiale est différente par rapport à 2001, en particulier le retour en force de la Russie sur la scène internationale, et l’émergence de nouveaux médias qui ne sont pas au service de l’organisation militaire.

« Les printemps arabes » et la déstabilisation de la région toute entière depuis la guerre d’Irak ne permet à aucune nation du monde arabo-musulman de véritablement s’opposer à l’hégémonie de l’Empire dans cette région, mis à part l’Iran ( qui n’est pas un pays arabe) mais qui figure en bonne place sur la liste des pays à abattre.

L’état hébreu comme à l’accoutumé, a assumé son rôle de gendarme régional en allant bombarder Damas, en espérant certainement une réponse en forme de représaille militaire des autorités syriennes.

Bien avisé le gouvernement syrien n’a pas laissé l’opportunité à la « Communauté internationale » de s’offusquer en envisageant de répondre militairement, à ce qui partout dans le monde aurait été assimilé à un acte de guerre ( bombardement d’un territoire par des avions de combat)

Nous sommes à l’aube d’un énième guerre néo-coloniale où se mêlent des intérêts géostratégiques profonds et la convoitise de nouvelles ressources gazières dont la Syrie regorgerait selon les dernières découvertes dans ce secteur.

On comprend mieux pourquoi l’OTAN s’acharne à vouloir contrôler ce bout de Méditerranée, qui accueille aussi la seule base russe à Tartous (nord est de la Syrie), un site hautement stratégique pour Moscou.

Le tandem Vladimir Poutine (Président) et Sergueï Lavrov (Ministre des affaires étrangères) se sont opposés fermement à toute intervention militaire depuis qu’ils estimaient s’être fait doublés par la résolution 1970 sur la protection des civils libyens que les occidentaux interprétèrent comme un feu vert à leur déploiement militaire en Libye, qui s’acheva par la dévastation, le chaos, la chute du régime et l’assasinat de son plus emblématique représentant.

La Russie et la Chine devinrent furieuses et n’avaient de cesse de clamer qu’on ne les y reprendraient plus à voter une résolution dont on modifia le sens.

Ainsi, ce précédent dans le cas libyen a protégé diplomatiquement la Syrie au Conseil de sécurité, en opposant un veto systématique de Pékin et Moscou à toute condamnation envers Damas.

L’opposition interne au régime de Poutine incarnée par l’ancien champion d’échec Kasparov, les Pussy Riots ou les Femen payées par Georges Soros n’ont pas ébranlé la détermination du maître du Kremlin, ni écorné sa popularité auprès du peuple russe, surtout lorsqu’il se déplace en personne sous l’oeil des caméras, dans les usines, pour forcer les patrons à appliquer des accords syndicaux.

Oui l’Empire joue son va-tout sur la Syrie et l’OTAN, alors que l’opération s’enlise depuis maintenant deux ans , l’OTAN soutient des groupes armés rebelles directement issus de la mouvance wahhabites (soutenus par l’Arabie et les pays du Golfe), qui commettent des exactions des massacres, avec des vidéos choquantes comme celle d’un de leurs combattants qui dévore le cœur et le foie d’un soldat qu’il venait de tuer.

Le massacre de Houla (mai 2012) ou de Homs (janvier 2013) sont imputés au régime de Bachar Al assad selon nos médiacrates, sans que l’on mena une enquête internationale par des pays neutres.

Le 27 août 2013, les inspecteurs de l’ONU qui enquêtaient sur l’utilisation d’armes chimiques dans la banlieue de Damas ont été la cible de tirs nourris, qui démontrent la volonté de certaines forces en présence de les faire taire ou de les effrayer afin qu’ils quittent le pays.

Voilà une opération bien orchestrée, qui risque de nous faire basculer dans la troisième guerre mondiale avec un conflit généralisé de « l’Empire Otanien » contre le reste du monde.

Alors même que le président bolivien Evo Morales,victime du détournement de son avion par les états européens, a proposé à ses homologues sud américain , la création d’une force militaire pour contrer l’agressivité militaire de la politique « otanienne ».

Selon son analyse, l’Europe est devenue une colonie racialiste au service des intérêts de l’Empire américain.

Ce choc des civilisations théorisé par Samuel Huntigton et les stratèges de Washington semble s’accomplir telle une prophétie auto-réalisatrice où tous les ingrédients semblent réunis pour nous entraîner dans un conflit d’ampleur mondiale dont l’issue est incertaine.

Article rédigé par DHP pour la rédaction de Meta TV

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