ARABIE SAOUDITE: Hollande, le faucon préféré de Riyad


Partenariat stratégique, coordination autour de la crise syrienne et du nucléaire iranien : les dirigeants français et saoudiens ont affiché leur entente lors de la visite de en Arabie Saoudite les 29 et 30 décembre.
 

“Accord saoudo-français sur les dossiers régionaux”, titre le quotidien Al-Hayat au lendemain de l’accueil du président français par le roi Abdallah d’Arabie Saoudite. “Les deux chefs d’Etats se sont entretenus sur le dossier nucléaire iranien et surtout de la crise syrienne”, rapporte le journal.

Toute la presse saoudienne rend ainsi un hommage appuyé au président français, grandes photos de une à l’appui, à l’instar du quotidien Al-Riyadh : “Le roi Abdallah a reçu le président français dans sa villégiature de Khuraim près de la capitale Riyad. Les conseillers de Hollande savent bien que le fait d’être accueilli à cet endroit cher au cœur du roi constitue un signe très particulier de confiance.”

Et de poursuivre : “Cela est à mettre sur le compte du partenariat stratégique qui remonte à 1986 et qui arrive aujourd’hui à maturité. Cela se traduit par la volonté des dirigeants saoudiens à honorer Hollande, qui, depuis son arrivée au pouvoir en 2012, a compris l’attachement des Saoudiens à ce partenariat.”

Toujours selon le journal, “cette confiance s’est illustrée ces derniers mois dans la coordination entre Paris et Riyad autour des positions au sujet de la Syrie”. Elle pourrait également “se traduire par la signature d’un certain nombre de contrats, par exemple pour la modernisation des forces militaires saoudiennes”.

Face aux Américains qui reculent

L’éditorial du même journal n’est pas en reste : “La France n’est peut-être pas la première économie d’, mais elle est importante du point de vue de son influence internationale, notamment dans les pays francophones tels qu’au Maghreb et au Liban. […] Riyad a élevé les relations avec Paris au niveau du partenariat stratégique. Les échanges commerciaux atteignent des chiffres énormes, aussi bien dans le que dans les BTP et autres. La visite de Hollande consacre une nouvelle étape, notamment à propos de la crise syrienne. [… Aussi, il faut se féliciter du] retour de la France en tant que pôle et acteur dans la région, face aux Américains qui reculent et aux Britanniques qui s’alignent sur la politique américaine.”

Face à l’émergence de “nouvelles puissances telles que la et l’”, conclut Al-Riyadh, “la France prend sa place parmi les grands en construisant de nouvelles relations respectueuses des intérêts de chacun”.

Même son de cloche dans un autre quotidien saoudien, Al-Youm : “La France apparaît plus attachée que d’autres à l’esprit et aux slogans de liberté occidentaux, en appelant à soutenir la révolution syrienne et à défendre le droit du peuple syrien à disposer de lui-même, contre la machine meurtrière baasiste du régime de Bachar El-Assad protégé par l’ et par la Russie. Alors que les Américains sont tombés dans le piège de la fourberie iranienne, les Saoudiens ont trouvé en la France un soutien pour mettre un terme au massacre en Syrie.”

La conférence de Genève 2

“Aussi, les Saoudiens et plus généralement les Arabes, espèrent que Riyad et Paris trouveront une position commune permettant de pousser la communauté internationale à prendre ses responsabilités et à affronter ce régime qui persiste à détruire son pays et à tuer ses citoyens. De même, les Libanais espèrent que les deux pays parviennent à une position permettant d’éviter l’explosion des tensions provoquées par la volonté du d’entraîner le Liban dans la crise syrienne.”

Ces éloges saoudiens à l’adresse de Paris ne sont évidemment pas partagés par la presse officielle syrienne. “Hollande essaie à partir de l’Arabie saoudite de torpiller la conférence de Genève 2 [prévue pour le 22 janvier pour tenter de trouver une solution à la crise syrienne]”, titre ainsi le journal Al-Watan. “Comme d’habitude, la France, avec le soutien des Saoudiens, continue de vouloir faire échouer la conférence, en conditionnant une solution politique par le départ du président Bachar El-Assad.”
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Source : Courrier international (par Philippe Mischkowsky)

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