La Grande-Bretagne criminalise le Boycott d’Israël

  24 Février 2016
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La Grande-Bretagne criminalise le Boycott d’Israël

La Grande-Bretagne estime que la criminalisation du Boycott d’Israël est de l’ordre de la « Sécurité Nationale »

Les ministres déclarent également que le boycott ébranlent « les liens communautaires. »

D’après Jon Stone pour The Independent
Repris par MintPress News
Traduction Meta TV International, 24 février 2016.
M. Hancock & ISraeli PMMinistre du Cabinet Office (organe de l’exécutif britannique) le « très honorable » Matthew Hancock aux côtés du Premier Ministre israélien B. Netanyahu lors d’une rencontre officielle où des propositions pour lutter contre le boycott d’Israël ont été annoncées (Photo : Youtube)

Le gouvernement annonce qu’il compte interdire les appels publics au boycott de produits israéliens car cette pratique mettrait en difficulté « la cohésion communautaire » et la « sécurité internationale » de la Grande-Bretagne.

Les ministres ont fait circulé une directive adressée aux autorités publiques, les avertissant qu’ils s’exposaient à des « sanctions sévères » s’ils continuaient leur pratique du boycott économique basée sur des fondements d’ordre éthique.

 Le gouvernement a annoncé cette proposition lundi et l’a d’ores et déjà mise en application sans aucun débat ou vote parlementaire.

Le boycott des produits israéliens pourrait devenir un crime

« Les achats publics ne devraient jamais être utilisés comme un outil pour boycotter les offres de fournisseurs basés dans d’autres pays, excepté si des sanctions légales, des embargos ou d’autres restrictions à leur encontre sont mises en place par le gouvernement britannique, » peut-on lire sur la circulaire.

« Il y a des conséquences nationales et internationales bien plus larges qui découlent de tels boycotts pratiqués à l’échelle local. Ils peuvent nuire à l’intégration et à la cohésion communautaire du Royaume-Uni, aux exportations, et endommager les relations étrangères au détriment de la sécurité économique et internationale britannique. »

...

« Comme souligné précédemment, cela peut aussi constituer un acte illégal et mener à des sanctions sévères contre l’autorité contractante et contre le gouvernement. »

La disposition signifie en fait essentiellement que les autorités publiques ne peuvent pas prendre en considération les questions éthiques lorsqu’elles se fournissent en biens matériels, ce qui affecte des campagnes telles que celles contre le commerce d’armes, les énergies fossiles, les produits du tabac et les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée.

Un certain nombre d’organes publiques ont des politiques d’approvisionnement éthiques qui les empêchent d’acheter ou d’investir dans certains types de produits.

En 2014, le gouvernement écossais publiait une toute autre directive sur l’approvisionnement des communes écossaises, déclarant qu’il « décourageait fortement le commerce et les investissements liés aux colonies illégales » établies par Israël.

Plusieurs communes à travers le Royaume-Uni ont également mis la pression sur leurs fournisseurs afin qu’ils cessassent leurs activités commerciales avec ce pays qui occupe  les terres palestiniennes et y construit des colonies illégales, d’après les Nations Unies.

La commune travailliste de Birmingham City avait fait savoir l’année dernière qu’elle ne renouvèlerait pas son contrat d’évacuation des déchets avec la société française de gestion de déchets Veolia, tant que celle-ci ne se retirait pas de Cisjordanie.

En 2014 la commune de Leicester City a fait passé une disposition visant à boycotter les produits fabriqués dans les colonies israéliennes illégales en Cisjordanie.

Le parti travailliste critique ces nouvelles mesures anti-boycott qu'il juge comme étant « une attaque à la démocratie. » Les militants de la Campagne Contre le Commerce d’Armes* quant à eux, dénoncent une attaque contre « les droits de toutes les populations locales et des groupes de militants à travers l’Angleterre. » (*CAAT – Campaign Against Arms Trade, ndt)

D’autres groupes sont très critiques de cette décision comme Amnesty UK et le mouvement Palestine Solidarity Campaign (Campagne Solidarité Palestine, ndt), qui dénonce une « grossière attaque contre les libertés démocratiques. » 

Le Ministre Matthew Hancock est actuellement en visite en Israël, la cible principale de ces mesures, pour promouvoir les liens commerciaux avec la Grande-Bretagne.

Les politiques israéliens ont déjà exprimé leurs critiques des mouvements de boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël – ces nouvelles annonces vont probablement assurer un accueil chaleureux à M. Hancock.

En juin dernier, le Premier Ministre du pays Benjamin Netanyahu avait critiqué l’Union Nationale des Étudiants du Royaume-Uni pour leur appel au boycott d’Israël – soutenant qu’ils devraient plutôt condamner ISIS.

L’Union Nationale des Etudiants a toutefois condamné ISIS depuis lors, en décembre 2014.

 

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