La fondation Rockefeller s’attaque au gaspillage alimentaire

  05 Février 2016
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La fondation Rockefeller s’attaque au gaspillage alimentaire

Le Forum Économique Mondial de Davos ne manque pas d'idées (le thème d'il y a deux ans était tout simplement "remodeler le monde"). Ce rassemblement de puissants acteurs sur le plan mondial défend de grands idéaux.

La Fondation Rockefeller prévoit d'annoncer Jeudi un plan à hauteur de 130 millions de dollars afin de réduire le gaspillage alimentaire dans le monde entier. Ce plan à grande échelle s'étendra des récoltes de céréales au trop plein de nourriture sur les tables à manger.

La fondation centenaire, qui s'est déjà attaquée à des projets comme la création de villes plus adaptées aux défis du 21e siècle, a estimé que le gaspillage alimentaire représentait une perte de 1000 milliards de dollars pour l'économie mondiale, que ça soit chez les cultivateurs des pays en développent ou dans les entreprises multinationales.

La fondation estime que cette quantité de nourriture gaspillée pourrait nourrir plus de 1,5 milliards de personnes. Cet objectif originaire de la Fondation Rockefeller a accéléré l'influence du mouvement anti-gaspillage ces derniers temps, et a inspiré des discussions à la conférence internationale de l'ONU sur le climat en fin d'année dernière à Paris.

"L'idée générale, c'est que si vous arrivez à vraiment réduire le gaspillage alimentaire dans la chaîne d'approvisionnement, vous pourriez nourrir des personnes dans le besoin dans d'autres parties du monde" d'après Judith Rodin, la présidente de la fondation. "C'est un défi pour les peuples, l'économie et la planète".

L'idée de cette initiative, raconte Mme Rodin, a émergé d'une conversation avec le président de l'Islande il y a 6 ou 7 ans. Les pêcheurs du pays se plaignaient qu'ils jetaient sans raison un nombre incalculable de têtes de poisson, queues et arêtes alors que de telles quantités pouvaient être vendues à des pays africains où ces déchets sont prisés pour la préparation de soupes.

Ceci les mena à discuter de la façon dont ils pourraient réprimer le gâchis dans les domaines de l'agroalimentaire. Ces idées furent discutées lors du Forum Économique mondial dans des débats comme ceux concernant la sécurité alimentaire.

Pour soutenir l'initiative, la Fondation Rockefeller envisage de mobiliser des entreprises et des gouvernements afin qu'ils développent une série de programmes de lutte contre le gaspillage alimentaire. L'action se concentrera sur les pays en développement, où une meilleure gestion de la nourriture peut vraiment avoir un gros impact.

Mme Rodin estime que dans les pays en développement, 40% des récoltes sont perdues avant qu'elles n'arrivent sur les marchés. Les petits paysans pourraient s'unir pour améliorer leur pouvoir de négociation avec les consommateurs, et ils pourraient bénéficier d'améliorations technologiques qui permettraient une meilleure conservation de leurs récoltes.

La Fondation Rockefeller a déjà commencé à travailler en Afrique avec des partenaires privés, dont Coca-Cola et des producteurs de mangue au Kenya, ainsi qu'avec le congloméra Ouest Africain Dangote Group pour ses commandes de tomates au Nigéria.

Conférence de Presse à Davos

Mme Rodin indique que ce plan prévoit de développer des marchés parallèles pour que les fermiers puissent vendre leurs récoltes réformées mais parfaitement comestibles plutôt que de les jeter. Le mouvement des "légumes moches" ou "gueules cassées" va dans ce sens et est déjà suivi par quelques entreprises. La fondation essaie également d'encourager les fonds d'investissement à financer les initiatives des fermiers.

Les acteurs les plus faciles à convaincre sont les grosses entreprises qui combattent déjà le gaspillage qui leur cause des surcoûts évitables de millions de dollars.

"Nous n'avons fait qu'enfoncer des portes ouvertes" déclare Mme Rodin.

Par Michael J. de la Merced, 21/01/2016

Traduit par Protis pour MétaTV

Notes du Traducteur :

Ce mouvement mondial des "fruits moches", de lutte contre le gaspillage alimentaire doublé d'une couverture médiatique exceptionnelle ne vient pas de nul part. En France, une loi contre le gaspillage alimentaire a été acceptée au parlement le 03/02/2016, et on a vu Mathieu Kassovitz la défendre chez Laurent Ruquier. Les directives de Rockefeller sont appliquées sans broncher par notre gouvernement fantoche.

Nul doute que cette mesure aura pour seul effet la raréfaction des aliments ainsi que son corollaire : la hausse de leur prix.

Sources :

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  11 Fév 2016 21h06

« Nul doute que cette mesure aura pour seul effet la raréfaction des aliments ainsi que son corollaire : la hausse de leur prix. » en quoi cela va t’il engendrer une raréfaction des aliments et une augmentation des prix puisqu’ils veulent justement ajouter ces « fruits moches » au marché? Donc il y a aura des fruits en plus je ne comprends pas du tout la cohérence de la conclusion

      Protis
      11 Fév 2016 21h26

    L’article Art. L. 541-15-3 prévention des déchets alimentaire : « La lutte contre le gaspillage alimentaire implique de responsabiliser et de mobiliser les producteurs […] contre le gaspillage […] dans l’ordre de priorité suivant :
    1° La prévention du gaspillage alimentaire »
    Ça signifie que la priorité, c’est que les producteurs produisent moins afin qu’un minimum soit jeté. Moins d’offre => des prix plus élevés.
    Page 47 du rapport de la fondation rockefeller, ils t’expliquent que $300 milliards sont investis dans les subventions agricoles, et qu’il faut baisser ces subventions pour faire baisser la production et augmenter le prix des denrées.

        12 Fév 2016 02h34

      c’est écrit qqpart que les producteurs devraient produire moins pour éviter le gaspillage ou c’est toi qui le dit?

        Protis
        12 Fév 2016 11h11

      C’est une interprétation de l’article 541-15-3 de la loi relative à l’environnement, la transition énergétique et la croissance verte du code de l’environnement. Pour l’instant, le législateur ne dit pas qu’il faut « produire moins », mais qu’il faut « prévenir le gaspillage dès la production ».
      Cette loi va en entraîner de nouvelles dans le code rural et de la pêche maritime.

      Le rapport de la fondation rockefeller dit explicitement qu’il faut moins produire.