Vous avez dit fasciste?

 
  17 Avril 2016
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Vous avez dit fasciste?

Le mot fasciste est un des termes les plus courants du langage politique, il sert à diaboliser un adversaire et à éviter toute discussion, il est avant tout une insulte proférée à tout va, plus qu'un élément d'analyse politique. Il en va du mot fasciste, comme de tous mots utilisés en politique, une distorsion de sens conférée par des abus de langage. Ainsi son sens historique se trouve vidé et l'idée réellement fasciste s'en trouve de ce fait dédouanée on en verra tout l'intérêt dans cet exposé.

 

Le fascisme a existé, quelle était sa réalité à l'époque et à quoi aujourd'hui peut on le comparer?

 

Fascisme est un emprunt (1921) à l'italien « fascismo », mot dérivé de « fascio » , (faisceau) utilisé comme symbole politique en Italie.

 

450px-DSC01885_Fascio_littorio_sulla_Stazione_Centrale_di_M.jpgFascio subsistant sur un monument italien

 

Le mot a servi d'abord à désigner le parti politique fondé en 1919 par Benito Mussolini établi en Italie, d'octobre 1922 à juillet 1943. Le terme a ensuite désigné un mouvement politique totalitaire et fortement anticommuniste.

 

Le fascisme puis le nazisme qui s'en est inspiré ont été des mouvements politiques qui sont apparus après la victoire du communisme soviétique en URSS après la guerre 1914, 1918 et après la crainte que cette victoire avait inspirée aux puissances industrielles et financières.

 

Les mouvements politiques fascistes puis les régimes fascistes largement financés par les puissances d'argent, étaient destinés à détourner les classes ouvrières et les peuples des révolutions socialistes et des fronts populaires en cours à cette époque en y récupérant quelques symboles et phraséologies populistes. Avec une phraséologie anti ploutocratie ou pseudo nationaliste, il s'agissait de laisser la plus entière liberté au capitalisme industriel et financier et de réprimer durement toute opposition à ce capitalisme.

 

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La seule fonction du fascisme, au delà du folklore, était d'être anticommuniste.

 

Les régimes fascistes étaient marqués par un certain nombre de points communs, mais ils possédaient également des différences notables.

 

Les points communs.

 

Anticommunisme et répression.

Les régimes fascistes prônaient un pouvoir assuré par un despote de préférence militaire. Ce pouvoir despotique ne tolérait aucune opposition que cela soit syndicale ou associative. Les partis politiques étaient dissouts et la répression des opposants était féroce, particulièrement celle qui frappait les communistes, puisque la raison première du fascisme étaient l'élimination des partis communistes et ouvriers. Les opposants éventuels étaient fichés et traqués par une police politique, ils subissaient arrestations, interrogatoires musclés, regroupements dans des camps, tortures et exterminations de masse

 

Totalitarisme et propagande

On entend par régime totalitaire, un régime qui cherche à englober tous les aspects de la vie des hommes soumis, que cela soit la vie publique ou la vie privée. Ce totalitarisme est construit sur un système d'endoctrinement permanent rendu possible par une information continuelle n'étant vu que d'un sens partial, information devenant propagande. Le nazisme avait mis en place une administration de la propagande, le fameuse « propagandastaffel ». dans les régimes fascistes totalitaires il y avait une idéologie officielle que chacun devait suivre sous peine de prison ou de mort.

 

Économie de guerre, capitalisme monopoliste d'état

Les régimes fascistes magnifiaient la guerre et l'asservissement des autres peuples. Cette guerre permanente avaient deux avantages, d'une part de militariser les peuples et d'ainsi mieux les soumettre, d'autre part d'alimenter une industrie de guerre au grand profit de certains industriels privés grands soutient d'un système ou ils ne trouvaient que des avantages.

Ainsi sous la protection d'un état fort, de son armée et de ses milices fleurirent en Allemagne nazie les super « konzern » industriels, comme l'IG Farben, Krupp, Tysen et autres. Les régimes fascistes fondant l'essentielle de leur activité vers la guerre, une industrie d'armement tournant à plein, un capitalisme monopoliste lié aux commandes de l'état pu prospérer sans craintes de grèves et de mouvements sociaux.

Les régimes fascistes ont inventé ce système du capitalisme, monopoliste d'état ou intérêts publics et privés sont mêlés dans ce que Eisenhower appellera plus tard un complexe militaro-industriel.

 

igfarben02_office1.jpgIndustrie nazie Konsern IG Farben

 

Au delà de cet aspect commun à tous les régimes fascistes établis entre les deux guerres mondiales ou imposés par l'occupant nazi, de fortes variantes ont existé d'un régime à l'autre selon des démagogies adaptables ou non à un peuple ou un autre, notamment concernant le racisme d'état ou l'instrumentation du nationalisme.

 

Les différences

 

Détournement du nationalisme au profit de l'identité.

Un pseudo nationalisme identitaire mythifié a surtout existé en Allemagne nazie qui a développé une idéologie d'une pseudo « race » aryenne liée a une territoire appelé « faterland » « race » et territoire sublimés en mythe sous le fameux mot d'ordre « Ein Volks, Ein Reich, Ein Fürher », Un peuple, un territoire, un guide. Je dis bien pseudo nationalisme, car celui-ci n'avait rien de commun avec l'amour de la nation développé en France, nation étant ici l'ensemble des citoyens ayant acqui formellement la nationalité française. Pour le pseudo nationalisme nazie il s'agissait d'exclure de la nation ceux qui ne présentaient pas des critères de «race» définies d'une façon arbitraire. En fait le but était de détourner l'attention et la vindicte populaire sur des «juifs» et tziganes accusés de tous les mots afin de dédouaner le capitalisme industriel et financier. Il s'agissait de diviser la nation pour mieux régner.

Le pseudo nationalisme nazi définissait ainsi des sous hommes «untermenshen» qu'il était possible de massacrer, outre les juifs et les tziganes étaient aussi définis comme sous hommes, les slaves et les noirs. Les nazis allemands allant jusqu'au bout de leur idéologie raciale, ont mis en œuvre ce qu'ils ont appelé la «solution finale», c'est à dire la rafle et l'extermination industrielle des juifs et des tziganes, extermination à la quelle ils ont associé les prisonniers de guerre soviétiques.

Ce type d'extermination industrielle n'a pas été appliqué par les autres régimes fascistes, italiens espagnoles ou portugais.

 

Défilés militaires et camps de la mort

 

defilemanifesationnazie1933berlin.jpgcamps-de-la-mort.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Racisme d'état.

humiliation4Le racisme d'état, antisémite (judéophobe) et anti-tzigane, s'est développé seulement en Allemagne nazie et dans les pays de son orbite ou qu'elle occupait, notamment en France pétainiste. Ce racisme d'état, n'a pas existé en Italie mussolinienne ni en Espagne franquiste. Des juifs français allaient se réfugier en Italie et en Espagne pour échapper aux persécutions.

 

Des régimes se réclamant du fascisme traditionnel perdurèrent en Europe, au Portugal jusqu'à la révolution des œillets du 25 avril 1974 et en Espagne jusqu'à la mort du général Franco en 1975.

 

 

 

Il a cependant subsisté en Amérique du sud des régimes autoritaires, très proches du fascisme qui ont continué jusqu'à la fin du 20ème siècle sous la protection des USA , comme celui du général Pinochet au Chili, ou celui de Somoza au Nicaragua, ou le régime des généraux en Argentine.

 

 

Le système « occidental » ou le fascisme sans heurts, (pour l'instant).

 

Aujourd'hui il n'y a plus de régimes politiques se réclamant du fascisme, pourtant certains caractères fondamentaux du fascisme se retrouvent ça et là dans nombre de régimes politiques particulièrement dans les pays dits «occidentaux».

Les fascismes mussoliniens et nazis ont montré une certaine efficacité pour la sauvegarde des intérêts des puissances d'argent, les «démocraties» occidentales vont largement s'en inspirer et imposer doucement et sans heurts un système politique s'apparentant au fascisme.

 

 

L'héritage fasciste dans les « démocraties » occidentales.

 

200px-FlagaNATO-PL-cropped-.png  1- La lutte anticommuniste.

Les anglo-saxons ont développé dés la fin de la guerre une multitude d'organisations secrètes, discrètes ou publiques destinées à la lutte anticommuniste. Ils ont ainsi recruté nombres d'anciens fascistes et nazis, jugés être d'excellents spécialistes dans cette lutte anti communistes.

L'OTAN sera le fer de lance de l'organisation de cette action anticommuniste. Le fichage des communistes fut soigneusement entrepris suivant ce qui avait été commencé sous les régimes fascistes précédents. En France la direction des Renseignement Généraux, police politique sous Pétain destinée à traquer juifs, communistes et résistants continua un travail identique après la libération en se spécialisant dans la traque des communistes. Des projets d'arrestation de communistes et leur incarcération dans des stades seront élaborés dans toutes ces «démocraties» satellites des USA.

Ce plan, européen au départ, ne sera appliqué qu'au Chili ou après la détention dans les stades des partisants d'Allende destitué et assassiné, s'en suivi le massacre de plusieurs milliers de communistes et d'opposants au régime anglo-saxon de Pinochet .

 

350px-Stragedibologna-2.jpg2- L'usage de la violence.

Cet usage deviendra paroxystique dans ces fameuses « démocraties » avec l'utilisation généralisée d'attentats sous « false flag » de manière à entretenir une terreur permanente. Ce seront l'attentat de la Gare de Bologne (photo), l'assassinat d'Aldo Moreau, la tentative d'assassinat de Jean Paul II, les tueurs fou du Brabant en Belgique et puis les attentats du 11 septembre 2001, suivi des attentats de Londres et de Madrid . Ajouté à ceci bon nombre d'assassinats d'état non officiellement élucidé, comme en France ceux Robert Boulin, Bérégovoy et autres.

 

 

3- La guerre permanente.

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Avec la fin de la seconde guerre mondiale ce ne fut pas la paix, mais la guerre permanente perdurant jusqu'à nos jours et devenant de plus en plus violente. Ce furent les guerres coloniales menées par la France, puis par les USA partout dans le monde, Vietnam, Afghanistan, Irak, maintenant Libye, ces guerres durant de 10 à 20 ans chacune et faisant de très nombreuses victimes. Ces guerres permanentes ont alimenté l'industrie d'armement, moteur économique principal des « démocraties » occidentales.

 

4 - La structure économique du capitalisme monopoliste d'état et l'industrie d'armement.

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  Le système économique occidental a rapidement abandonné à l'extrême orient l'industrie de consommation civile pour ne se consacrer réellement qu'à l'industrie d'armement, celle-ci ayant l'avantage de bénéficier de commandes publiques sous le contrôles des copains aux gouvernements. Il ne s'agit plus là de capitalisme libéral, mais de capitalisme monopoliste d'état. Le fameux complexe militaro-industriel, détenteur du pouvoir réel aux USA

 

 

3- Le développement d'une pensée unique totalitaire avec l'accaparement des médias.

250px-Le_Monde_logo.svg.pngDans les « démocraties » occidentales, la totalité de l'information est contrôlée par le maître anglo-saxon et son système de propagande. Ce système fabrique des événements chargés d'ourdir des complots et de 414px-Liberation.svg.pngfomenter des guerres typiquement impérialistes sous couvert humanitaire.

Une pensée totalitaire s'est développée à base conformisme de «gauche» bien pensant expurgé de tout esprit de contestation et de révolte.

 

L'instrumentation des droits de l'homme, servant à accomplir les plus horribles forfaits contre l'humanité.

Dans ce système totalitaire, tout opposant est derechef qualifié de fasciste et d'être à l'extrême droite ce qui est un paradoxe pour un système justement héritier du fascisme .

Le massacre industriel de juifs européens par les nazis a été suffisamment horrible aux yeux des populations celui-ci ne pouvant plus être caché, il fut soudainement utilisé vers les années 80 pour soutenir d'abord le colonialisme raciste israélien, puis pour diaboliser toutes oppositions à l'impérialisme anglo-saxon soutient de ce colonialisme.

Encore un paradoxe, Il est à remarquer que le sionisme israélien est le seul régime existant qui possède une idéologie raciste similaire au nazisme en utilisant le mythe d'une pseudo race associée à un territoire qui lui aurait été attribuée par une quelconque divinité.

Les étasuniens possèdent un mythe similaire prétendant que « l'Amérique » aurait été créée par Dieu et que ce dieu auraient désigné les anglo-saxons pour dominer le monde.

 

5- Le développement d'un super impérialisme à l'échelon planétaire.

Un super impérialisme est mis en œuvre avec l'aide idéologique des mouvements de « gauche » et des médias qui prétendent bâtir un monde sans nations.

Ces nations avec leurs lois et frontières sont vues comme le principal obstacle au libre commerce et à la circulation des capitaux. Ainsi, les salaires et les avantages sociaux peuvent aisément s'aligner sur ceux les plus bas.

 

Le système des "démocraties" se qualifie lui même, de libéral, certainement par antinomie, pourtant ce système économique et politique en est bien le contraire, capitalisme monopoliste d'état, contrôle social tatillon, monopolistation de l'information, propagande permanente est l'inverse du libéralisme tel que voulu par Alexis de Tocqueville, une escroquerie de plus.

 

 

En conclusion on voit que le fascisme avec ses particularités économiques et politiques bien précises avec notamment le totalitarisme idéologique a pu se développer lentement mais sans trouver d'opposition dans des « démocraties » occidentales dont il convient maintenant de mettre le mot entre guillemet.

 

Bien sûr pour le moment on ne tue pas les opposants et on ne les emprisonne pas encore dans ces pays occidentaux (aux USA il esiste un  grand nombre de prisonniers politiques masqués en droit commun, un classique du fascisme). Mais hors de ces pays on n'hésite pas à organiser d'horribles massacres de masse d'opposants comme, c'est le cas en ce moment en Libye.

 

On ne massacre pas encore les opposants, la raison en est simple, les opposants sont trop peu nombreux et jugés non dangereux, ils ne sont pour le moment que diabolisés avec l'étiquette d'extrême droite ou fasciste et bien entendu interdits de médias.

 

Le pouvoir totalitaire réellement néofasciste celui-ci n'hésite pas à utiliser des paradoxes, manœuvre suprême, ainsi le terme de fasciste utilisé hors de propos est vidé de son sens historique puis renvoyé sur l'opposant afin de tenter de lui faire endosser les crimes de ce fascisme d'antan.

 

Mais qu'une dissidence efficace vienne à surgir et un fascisme à l'ancienne avec massacre sera très facile à organiser et toute opposition sera interdite manu-militari.

 

Avec l'assasinat de Kadhafi au vu de tous et glorifié par la propagande médiatique, le néofascisme occidental vient de passer encore une étape dans l'utilisation du meutre et de la violence d'état. Le masque tombe petit à petit et l'on découvre effaré  le visage hideux de la bête immonde.

Sources :

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  17 Avr 2016 09h41

Qu’est-ce qui lui arrive à Benajam TEPA ? C’est le méa culpa après le procès contre la LICRA ? Les chambres à air, la chouinah, les « nazi » sont des pseudo nationalistes et les massacres… Mon dieu que la première moitié a été difficile à lire, on a même eu le droit à la photo « SHOAH » seal of approval. Quelle arnaque intellectuelle…