QUAND ILS SONT VENUS CHERCHER ASSANGE… LE COURAGE DE LA VÉRITÉ

  14 Juillet 2016
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QUAND ILS SONT VENUS CHERCHER ASSANGE…  LE COURAGE DE LA VÉRITÉ

 L'Institut de Recherche et d'Innovation, Ars Industrialis et Libération ont organisé une soirée de soutien et de débat à l’occasion du 4ème anniversaire de l’enfermement de Julian Assange :

Cette soirée s’inscrit dans un ensemble d’événements qui ont eu lieu le 19 juin simultanément à New York, Quito, Buenos Aires, Berlin, Belgrade, Madrid, Bruxelles et Naples, sous le titre First they came for Assange… en référence au poème de Martin Niemöller, et dénonçant - tout comme le rapport de l’ONU rendu public le 5 février 2016 - la situation de « détention arbitraire » de Julian Assange, enfermé dans l’Ambassade d’Equateur à Londres depuis quatre ans.

 

Quand ils sont venus chercher les communistes,
je n'ai rien dit,
je n'étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n'ai rien dit,
je n'étais pas  syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs,
je n'ai rien dit,
je n'étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
je n'ai rien dit,
je n'étais pas catholique.
Et, puis ils sont venus me chercher.
Et il ne restait plus personne pour protester.

Poème attribué au Pasteur Martin Niemöller
Ecrit à Dachau en 1942

 

Extrait de l'intervention Edwy Plenel (Journaliste Médiapart) :

« La force de Julien Assange en créant Wikileaks, c’est d’avoir compris que la révolution numérique est un champ de bataille, qu’elle pouvait être une arme contre les peuples mais qu’elle pouvait être aussi une immense arme des peuples contre les pouvoirs (…) un moment de grand potentiel d’appropriation d’un savoir commun »

« Nous pouvons les bombarder d’informations, et les mettre à nue, les montrer dans leur fragilité insigne et leurs irresponsabilités profonde, dans leurs incompétences véritables »

 

Extrait de l'intervention de Noam Chomsky (linguiste,philosophe):

[Il cite Samuel Huntington, ancien conseiller du gouvernement américain]:

«  Les architectes du pouvoir aux Etats Unis, doivent créer une force, qui doit pouvoir être consentie, mais non vue. Le pouvoir reste fort quand il reste dans l’ombre.

Exposé en pleine lumière, il commence à s’évaporer.»

(S. Huntignton)

« (…) et il a donné des exemples parlants, à propos de la vraie nature de la guerre froide. Il parlait de l’intervention militaire américaine à l’étranger, et il a fait la remarque suivante : « vous pourriez avoir à vendre, une intervention où d’autres actions militaires, en créant l’impression fausse selon laquelle c’est l’Union Soviétique qui est à combattre . C’est ce que les Etats-Unis font depuis la doctrine de Truman » et il a donné beaucoup d’illustrations de ce principe directeur »

«Julian Assange a commis le crime terrible d’exposer le pouvoir en pleine lumière, ce qui peut provoquer l’évaporation du pouvoir, si la population se saisit de l’opportunité pour devenir les citoyens indépendants d’une société libre, plutôt que les sujets d’un maître qui agit en secret.

Alors c’est un choix, et cela a été compris depuis longtemps (…) que le peuple peut provoquer l’évaporation du pouvoir » (...)

[Il cite David Hume]:

« Il n’y a rien de plus surprenant que de voir la facilité avec laquelle la majorité est gouvernée par la minorité, et d’observer la soumission implicite avec laquelle les hommes révoquent leurs propres sentiments et passion, en faveur de leur dirigeant. Quand nous nous demandons par quels moyens cette chose étonnante est réalisée, nous trouvons que, comme la force est toujours du côté des gouvernants, les gouvernant n’ont rien d’autres pour les soutenir que l’ opinion.

C’est donc sur l’opinion seule que le gouvernement est fondé  

Et cette maxime s’étend aux gouvernements les plus despotiques et les plus militaires, aussi bien qu’aux plus libres et aux plus populaires . (David Hume) »

En fait Hume sous estime l’efficacité de la violence, mais ses mots sont particulièrement appropriés pour décrire des sociétés dont les luttes populaires à travers les années ont gagné un degré considérable de liberté.

Dans de telles sociétés comme la nôtre, la force est vraiment du côté des gouvernés, et les gouvernants n’ont rien pour se maintenir que l’opinion.

C’est une des raisons pour laquelle l’industrie gigantesque des « relations publiques », l’agence de propagande la plus grande de l’histoire humaine a atteint sa forme la plus développée et la plus sophistiquée, dans les sociétés les plus libres : Etat-Unis et Angleterre;  cette institution a émergé il y a a peu près un siècle, quand les élites en sont venues à réaliser que trop de libertés avaient été conquises, pour que la société soit contrôlable par la force, et donc qu’il serait nécessaire de contrôler les habitudes et les opinions…»

Sources :

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