Les 4 grands sujets du Forum Économique de Davos

  04 Février 2016
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Les 4 grands sujets du Forum Économique de Davos

La crise des réfugiés, le progrès technologique, la hausse des inégalités et le changement climatique. Au moment où se tient le rassemblement annuel du Forum Économique Mondial à Davos, quelles sont les solutions apportées à ces défis par les leaders mondiaux ? Voici quelques-unes de leurs réponses.

  1. La Crise des réfugiés

Avec l'augmentation du flux de réfugiés provenant de pays tourmentés par la guerre, les dirigeants politiques européens et d'ailleurs sont aussi bien résolus à résoudre la cause de la crise qu'à trouver des moyens d'intégrer les nouveaux arrivants dans leur nouvel environnement. Le monde des affaires peut-il contribuer à la résolution de ces problèmes ?

Hamdi Ulukaya, le PDG du fabricant américain de yaourt Chobani y croit. À Davos, Ulukaya a appelé les autres PDG à créer un mouvement pour "concentrer les fonds des entreprises afin de solliciter la création de services et d'emplois pour les réfugiés". Cinq entreprises ont déjà répondu présent (Ikea, MasterCard, AirBNB, LinkedIn et UPS) et d'autres s'apprêtent à les rejoindre.

Il y a un intérêt économique à aider les réfugiés, déclare Gillian Tett du Financial Times. Dès que les réfugiés seront intégrés, ils contribueront à la croissance économique. "Lorsqu'un réfugié décroche un emploi, ça n'est plus un réfugié" d'après Ulukaya.

Alain Dehaze, Le PDG d'Adecco, voit un autre intérêt financier dans l'aide aux réfugiés. En tant que PDG d'une des plus grandes entreprises de travail temporaire, il est un expert pour aider les gens à trouver un emploi.

Cependant, il a déclaré au journal belge De Tijd que "la loi est un obstacle à l'emploi des réfugiés". C'est pour cette raison qu'il discute avec des hommes politiques de différents pays pour voir comment on pourrait modifier les lois locales relatives au travail, afin qu'il soit plus facile pour les entreprises d'embaucher des réfugiés.

  1. Les Robots et l'Intelligence Artificielle (I.A.)

S'il y avait une seule chose à retenir de Davos, c'est que l'économie digitale est le futur de l'économie. D'après Klaus Schwab, le fondateur du Forum de Davos, "nous sommes à l'aube de la Quatrième Révolution Industrielle".

En regardant l'économie à travers ce prisme, on peut aussi bien trouver des opportunités que des menaces. Justin Trudeau, le Premier Ministre Canadien, trouve que cette révolution est "une opportunité incroyable", tant qu'elle "sert le progrès de l'humanité" et ne "se substitue pas à l'homme, ne prend pas sa place".

Mais la vraie menace de cette nouvelle Ère réside dans la destruction d'emploi : 5 millions d'emplois seront détruits d'ici 2020 dans 17 pays industrialisés.

Mais ces pertes d'emploi ne sont pas acquises. Comme dit Justin Trudeau "nous sommes maîtres de notre destin". La technologie ne peut pas déterminer à elle seule notre futur. Ce sont nos choix qui le déterminent, ce sont les choix [des dirigeants]. Mon propre choix de dirigeant sera orienté vers la création de vraies opportunités pour les milliards de personnes qui ne sont pas en mesure d'assister à ce forum de Davos".

On trouve aussi des éléments positifs. "Les emplois ne seront plus conditionnés par les horaires et les lieux traditionnels de travail, les employés choisiront intégralement leur emploi du temps et leur environnement de travail" écrit Alain Dehaze sur CNBC. "La mobilité ne s'applique plus seulement à l'employé, mais à l'emploi qui s'installera où les personnes talentueuses se trouvent".

Pour finir, les concepteurs Coréens de Hubo le Robot, participants stars du forum de Davos, ont déclaré au Wall Street Journal que les robots pourront réaliser les tâches ingrates, difficiles et dangereuses".

 

  1. La hausse des inégalités

L'autre menace majeure à laquelle le monde fait face est l'accroissement des inégalités. Avant la réunion de Davos, Oxfam International a révélé que les 62 personnes les plus riches détenaient à présent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. Les médias ont diffusé l'appel à agir du Vice-président des États-Unis Joe Biden : "je déclare devant vous ce soir que la révolution numérique a le potentiel de creuser cet écart, pas seulement en Amérique mais aussi dans le reste du monde".

"Il est fort probable que la majorité des personnes qui se trouvent dans cette pièce s'en sortiront. Mais nous sommes privilégiés, et nous devons éveiller le monde autour de nous à cette révolution et leur donner une chance d'en faire partie. Et ça n'est pas aussi facile à faire que ce qu'on croit".

Malgré ces mots et l'imminence des changements technologiques, le Vice-président a exprimé son optimisme vis à vis du futur. "Jamais dans l'histoire nous n'avons eu entre nos mains un tel pouvoir de changer les choses pour le meilleur. Ça ne sera pas facile. Mais c'est possible."

Des pointures du monde des affaires ont immédiatement répondu. Paul Polman, le puissant patron d'Unilever a expliqué comment il fallait inciter les PDG dans le magasine Newsweek. "Ma vision des choses est simple : toutes les entreprises du monde entier devraient mener leur stratégie d'affaire en accord avec les objectifs internationaux de l'ONU [y compris sur le plan de la lutte contre les inégalités]".

Le journal indien Economic Times a lui aussi déterminé des objectifs pendant le forum de Davos. "Il n'y a pas d'intérêt économique à maintenir une partie de la population dans la pauvreté. Nous avons l'opportunité de générer des milliers de milliards de dollars en créant de nouveaux marchés, de nouveaux investissements, de nouvelles innovations. Mais pour ainsi faire, nous devons changer notre comportement actuel et nous mesurer aux défis de la pauvreté, de l'inégalité et de l'environnement".

 

  1. Le Changement Climatique

Après la signature des accords de la COP21 à Paris, le comportement du monde envers le climat est passé de la parole à l'action.

Un des contributeurs du Forum de Davos le plus acharné était l'acteur et défenseur de l'environnement Léonardo DiCaprio, qui a exhorté les participants à mettre un terme à la cupidité des sociétés pétrolières afin de se consacrer à rendre la planète plus propre, en désignant le prochain grand défi : mettre un terme à l'utilisation des combustibles fossiles.

"Nous ne pouvons pas sauver la planète si nous ne laissons pas les combustibles fossiles là où se trouve leur place : dans le sol", déclare Dicaprio. "Il y a 20 ans, nous avons considéré ce problème comme une addiction. Aujourd'hui, nous avons les moyens de nous en sevrer."

Pour financer tout ça, General Electric, l'un des participants au forum de Davos, a proposé la création d'un "marché d'obligation vertes" en marge de la réunion annuelle dans un article de The Economist.

Cette idée est apparue dans une conférence de la réunion de Davos, et est considérée comme une solution prometteuse. Il y a maintenant un "impératif moral et entrepreneurial" à investir dans les sources d'énergies propres et renouvelables, et les "obligations vertes" pourraient ouvrir la voie à de tels investissement, d'après International Business Times.

 

Article de Peter Vanham, coordinateur média du Forum Économique Mondial de Davos

Traduit par Protis pour MétaTV

Sources :

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  Diadok
  04 Fév 2016 12h22

Toujours aussi lamentable et hypocrite. On est incapable de trouver des emplois aux chômeurs, mais on va en créer spécialement pour les migrants, c’est ni plus ni moins que du dumping social patronnal avec une concurrence déloyale infligée à nos salariés

  Sun Tzu
  04 Fév 2016 14h14

Je me demande surtout quel genre d’emplois ils vont trouver dans des pays qui tournent à 0,5-2% de croissance réelle (largement grâce à la dette) et dans lesquels les entreprises sont obligées soit de délocaliser, soit de virer du monde pour faire de la marge… Sans doute des emplois bidons ou alors des jobs payés par la collectivité, comme les fameux « emplois aidés » du génie Hollande. Car on nous dit bien: «Lorsqu’un réfugié décroche un emploi, ça n’est plus un réfugié», voilà le but… Dire que les réfugiés n’en sont plus.

  Horace de Saint-Aubin
  04 Fév 2016 16h01

@Sun tu as tout compris à la stratégie des dirigeants de ce monde : dire que cette crise n’existe pas, car c’est au contraire une opportunité pour tous, pour demain….

(le trou d’autruche et le sac de sable est livré en kit 😀 ).