La PMA selon Canal+

  22 Avril 2016
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La PMA selon Canal+

Contexte :

Le 17 mars 2016, un collectif de médecins signe un billet dans le journal Le Monde où ils reconnaissent avec fierté avoir enfreint la loi en permettant à des couples homosexuels d'avoir un enfant via la Procréation Médicalement Assistée. Aujourd'hui, vendredi 22 avril 2016, l'émission La Nouvelle Edition de Canal + (vidéo disponible en replay, la séquence commence à 21 min) se fait l'écho de cette prise de parole et prend ouvertement parti pour ces médecins.

Il n'est pas question de débattre de la PMA, de savoir si je suis favorable ou hostile à cette technique, mais d'exposer la propagande de Canal + qui se fiche ouvertement de son public avec une outrecuidance assumée.

 

La chroniqueuse commence par rappeler ce que dit la loi : seuls les couples hétérosexuels ont le droit d'accéder à la PMA, les couples homosexuels et les personnes seules sont écartés du projet. « Ce qui est complètement injuste », déplore notre chroniqueuse avec un air de chien battu. On pourrait s'attendre à ce qu'elle développe les raisons qui motivent son jugement de valeur, mais non, on devra se contenter d'un avis péremptoire dont les journalistes des grands médias ont le secret. Pour réussir à la télé, il faut piétiner le concept d'objectivité journalistique.

La séquence se focalise sur le désarroi des femmes seules en mal d'enfant. On voit alors notre chroniqueuse interroger le professeur François Olivennes (gynécologue obstétricien parisien) qui réussit le tour de force de nous ressortir les grandes lignes du laïus progressiste dont on nous rebat déjà les oreilles en permanence. En l'espace de moins de trente secondes, il nous parle, pêle-mêle, de l'avancée des autres pays d'Europe, du poids des traditions conservatrices, du retard de notre pays, du progrès, de l'évolution des mœurs. Tous les poncifs ! À son niveau, c'est de l'art, et on ne peut que s'incliner.

Il déplore qu'on n'imite pas les autres pays du monde... Mince ! C'est vrai dis donc ! Alors moi, comme je suis naïf, je me demande si on ne devrait pas restaurer la peine de mort en partant du principe que d'autres pays la pratiquent … Si on ne devrait pas non plus libéraliser les OGM, balancer des litres de pesticides sur chaque m² de récolte, autoriser le mariage des fillettes dès 12 ans, et autres joyeusetés. En somme, le progrès pour le progrès.

Visiblement, pour les élites médicales de notre pays, il est inconcevable qu'on ait notre propre vision des choses, nos propres lois et nos propres coutumes. Non, il faut lisser tout ça, uniformiser le monde. Et dans la bouche de ces élites, de « rétrograde » à « fasciste » il n'y a qu'un claquement de langue...

Et notre chroniqueuse de conclure : « En France, en 2016, quand on est une femme, on n'est toujours pas libre de disposer de son corps ».

Dernier jugement péremptoire appuyé sur les préjugés féministes de la demoiselle qui achève cette séquence grotesque.

Ce que Miss cocker abandonné sur une aire d'autoroute un jour de pluie sous-entend, c'est que la société patriarcale dénie aux femmes le droit de se reproduire.

Mince !

Je savais pas !

Visiblement j'étais un sacré ignorant, car je ne me doutais pas qu'une police des mœurs passait dans les chambres, le soir venu, pour savoir qui couchait avec qui. J'étais juste idiot, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?

 

On aborde maintenant la partie subjective de cet article :

La femme n'est effectivement pas libre de disposer de son propre corps, et son cycle menstruel se charge de le lui rappeler tous les mois. Elle a beau se lancer à corps perdu dans sa carrière, le désir d'enfant se fait sentir un jour ou l'autre. C'est quelque chose qui s'impose à la majorité d'entre elles. Les hormones féminines sont très fascistes.

Il eût été intéressant d'étudier la sociologie des « femmes seules en mal d'enfant ». Sont-elles seules parce que stériles ? Sont-elles repoussantes au point qu'aucun homme ne veuille d'elles ? Ont-elles privilégié leur carrière au détriment du reste ?

Puisqu'un tel travail n'a pas été fait par les « journalistes » de Canal + plus soucieux de produire du pathos que de faire un véritable travail d'information, je vais donner mon point de vue en disant que ces femmes sont essentiellement des cadres moyens / cadres sup' du tertiaire qui ont mis leur vie sentimentale de côté pour privilégier leur carrière.

Mon assertion est motivée par une simple déduction : les femmes des classes moyennes et les prolétaires ont du temps pour les rencontres et ont tout intérêt à se mettre en couple rapidement si elles ne veulent pas donner toutes leurs économies aux impôts. Je ne vois pas quelles femmes, en dehors des cadres du tertiaire, pourraient avoir du mal à trouver l'homme qui leur permettra de devenir mères (si tant est qu'elles ne soient pas stériles, bien évidemment).

En permettant à ces femmes d'avoir accès à la PMA, on donne un enfant à des femmes qui n'ont pas les aptitudes sociales suffisantes pour construire une relation stable et qui seraient capables de laisser mourir un poisson rouge dans son bocal. L'enfant comme produit de consommation. Je plains déjà ceux qui seront concernés par le phénomène.

L'une des grandes caractéristiques du XXIe siècle est de faire comme si l'anthropologie n'existait pas. Pour nos réformateurs, la morale est le fruit d'une tradition patriarcale obsolète, l'être humain une chose qui est apparue récemment et que l'on peut modeler à notre guise. Tous les régimes dictatoriaux ont eu à cœur de vouloir modifier la nature de la société humaine, de réaménager les mœurs selon les besoins de l'idéologie dictatoriale du moment à seule fin de produire un homme « nouveau » ; plus grand, plus beau, plus intelligent, plus mieux.

La morale ? Les mœurs ? Mais ça sert à rien enfin. C'est du passé. On va réformer et optimiser tout ça.

Une telle démarche a déjà été entreprise, en France, dans le secteur de l'industrie. Si vous voulez comprendre les origines du délitement de notre tissu industriel, lisez cet article écrit par un ingénieur en mécanique :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/moi-ingenieur-10-ans-d-experience-102449

Je vous fais un résumé : Selon l'auteur, il y a encore 10 ans, l'industrie française tenait debout car la production était supervisée par des chefs de service qui avaient de l'expérience. Des managers qui n'avaient aucune qualification dans l'industrie ont fini par les remplacer, et depuis tout part en vrille. Une phrase résume bien l'état actuel des choses : Posez aujourd'hui une question technique à votre chef il sera sûrement incapable d'y répondre car il n'a pas les connaissances pour le faire.

Je fais ce parallèle avec cette émission car on assiste exactement au même raisonnement pour réformer la société : on prend quelque chose qui marche bien et on le remplace par de l'incertitude. Le savant qui se prend pour le Grand Architecte en personne.

Que nos « élites » restent à leur place, les bergers à la leur, et les moutons seront bien gardés.

La bonne nouvelle, c'est qu'à force de tout libéraliser, nos héritiers finiront sans doute (à force d'en avoir assez de vivre dans un champ de ruines permanent) par rebâtir la société que nous avons détruite.

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