Forum  >  On parle de quoi ? > ==============: LA VISION DE LA LUMIÈRE :==============

  mardi 03 février 2015, 23h33
#1

 La TARIQA KARKARIYA se caractérise par un cheminement marqué chez le murid par la vision de la Lumière et la réception des secrets divins. En effet, le murid karkari reçoit cette Lumière divine dans le cœur et en atteste avec ses yeux et sa vue. NOTRE SHAYKH, MUHAMMAD FAWZI AL-KARKARIY, qu’Allah l’agrée, dit dans une de ses célèbres paroles « je suis le Cheikh de celui qui voit. Celui qui ne voit pas, je ne suis pas son Cheikh et il n’est pas mon murid ».

En fait, la vision de la Lumière marque le début du cheminement pour le karkari car il la reçoit au moment du pacte avec le Cheikh. Il ne faut pas croire que cette vision de la Lumière, ou même le fait d’avoir de cette Lumière divine dans le cœur soit une chose nouvelle dans l’Islam. Le Coran, la sunna ainsi que les dires des pieux nous informent de l’existence de cette Lumière qu’Allah, par sa Miséricorde infinie, met dans le cœur du musulman sincère, comme nous le verrons plus tard. Cette Lumière, notre Prophète et Maître Muhammad (SallAllahu ‘aleyhi wa sallam) l’a caractérisé comme étant le foi elle-même, Al Imane, conformément au hadith : « L'Iman est une Lumière qu'Allâh place dans le coeur de Son serviteur croyant, cette Lumière augmente et diminue en fonction de l'accomplissement de bonnes œuvres » (rapporté par ibn 'Abbâs) Cette Lumière permet au serviteur de saisir le vrai Tawhid , l’Unicité d’Allah. Cheikh Al Buzidi a dit à son élève Cheikh Ahmad al ‘Alawi : « Tu aurais mieux fait de purifier ton âme [au lieu de prendre des cours de croyance] jusqu'a ce que la Lumière de Ton Seigneur te parvienne et que tu comprennes enfin le vrai Tawhid. »

Le Messager d’Allah, Muhammad (SallAllahu ‘aleyhi wa sallam) a dit du croyant voyant cette lumière; "Craignez la perspicacité (firasa) du croyant, car il voit avec la Lumière d’Allah." [Jami’ at Tirmidhi, n 3072] On peut mieux comprendre cette parole par les dires d’ ibn Qayyim al-Jawziyya suivants : « Quand le serviteur s'applique dans cela (la quête de la Connaissance d’Allah), il demande à Allah de lui accorder une lumière grâce à laquelle il puisse contempler les manifestations de Ses sublimes attributs, car plus cette lumière s'intensifie dans le cœur du serviteur, plus il acquiert davantage de clairvoyance sur ce qui est digne d'Allah comme attributs de perfection et de majesté. »

 

Cheikh Ahmad ibn ‘Ajiba a dit: « L’œil du cœur, c’est le moyen de perception du for intérieur, aussi bien que la vue est le moyen de perception des sens. L’œil du cœur ne voit que les significations et l’œil physique ne voit que les choses sensorielles. L’œil du cœur ne voit que le subtil et l’œil physique ne voit que l’apparent. L’œil du cœur ne voit que l’intemporel et l’œil physique ne voit que le temporel. L’œil du cœur ne voit que l’Être, alors que la vue ne perçoit que les êtres. Lorsque l’amour et le service grandissent, la lumière de ton œil du cœur devient plus forte jusqu’à dépasser celle de la vue, et la lumière de la vue disparait dans la lumière de l’œil du cœur pour ne voir que les significations subtiles et les lumières intemporelles perçues par l’œil du cœur. »

  mardi 03 février 2015, 23h34
#2
  mercredi 04 février 2015, 22h54
#3

Jacque Grimault nous parle de sciences, d'énigmes, de secrets, d'anciennes civilisations ayant une science qui nous dépasse...  Cette science, selon lui, serait perdue (en grande partie) et il nous dit que l'on pourrait l'atteindre, la récupérée par l'esprit rationnel ( les cours dont il dispense) alors qu'il nous dit que cette science n'était donnée qu'a certaines personnes ayant un haut degrés de moralité dans le passé... loin de moi le fait de vouloir juger l'intention de cet homme car Allah seul sait ce qu'il y a dans les cœurs. Mais il me parait étonnant que Mr Grimault ne parle jamais de l'islam et du taçawwuf ( soufisme ) qui est la mère des sciences, Science du dévoilement de la Réalité Divine et non de la pensée philosophique et discursive. C'est par cette science que des choses, incompréhensibles de nos jours, ont été construite, Science qui s'est puisée dans la Lumière Mouhammedienne (sallAllahu alayhi wa salam). Monsieur Jacque Grimault a tout de même raison sur un point, c'est que pour avoir avoir accès à cette Science, qui n'est qu'en fait, la connaissance de Allah ta'ala, il faut se soumettre, avilir sa nafs ( âme égotique ) car c'est elle qui nous voile du Vrai. 

Mais cela ne suffit pas, il nous faut aussi nous soumettre à la volonté Divine en attestant qu'il n'y a que divinité qu'Allah ( Ash-hadu An-Laa Ilaha Illa-Allaah ) et que Mouhamad est sont messager (wa Ash-hadu Anna Muhammadan Rasool-Allaah). Ensuite, il nous faudra trouver la porte qui mène à la ville de la Science. Comme en atteste la parole de notre Prophète (sallAllahu alayhi wa salam) :"« Je suis la cité de la science et Ali est sa porte » Saydina Ali étant son gendre et héritier des Secrets Divins. C'est secrets ont été transmit de coeur à coeur jusqu'a aujourd'hui. Il vous faut donc trouver le dépositaire de ces secrets vivant à cette époque. 

Il faut préciser, que c'est secrets ne s'apprennent pas avec la paroles, des livres mais avec la  vision du coeur ( basira ), mouchaadate ou vision en état d'éveil.  En voici le réci, d'un Shaykh qui a été héritier de ces secrets à son époque:

Extrait de Kitâb al-Ibrîz - Siddi 'Abd al-'Aziz ad-Dabbagh, Saints & Sanctuaires de Fès - Faouzi Skali

C'est en 1125/1713 de l'Hégire que Siddi 'Abd al-'Aziz rapporte avoir connu l' « ouverture suprême ».

Trois jours après la mort du maître Omar, il a reçu l’illumination (al-fath) et Allâh lui a fait connaître les réalités de son âme. Cela s’est passé le jeudi 8 de Rajb, en 1125 de l’hégire ; sa femme l'avait envoyé chercher de l’huile chez Ali Ben Hirzum pour frire le poisson ; en route, il eu soudain la chair de poule, accompagnée d’un grand frisson et sa peau fourmillait de partout. Cet état allait en s’accentuant, jusqu’à son arrivée au cimetière. Ses symptômes augmentaient d’une façon impressionnante ; sa poitrine tremblait tellement fort que sa clavicule tapait sur sa barbe. Il pensa que sa fin était arrivée. Ensuite, il est sorti de son corps une vapeur ressemblant à celle du bouillon de couscous . Son être commençait à s’allonger pour devenir de plus en plus grand. Alors, les choses se découvraient à lui, et apparaissaient comme s’ils les tenaient dans ses mains. Alors, il vit toutes les villes, tous les villages et tous les quartiers, et tout ce qui est sur la terre. Il vit également toutes les mers et les terres avec tout ce qu’ils peuvent contenir d’hommes et d’animaux. Il vit le ciel comme s'il était au dessus, et il voyait ce qu’il contenait, et alors il perçut une forte lumière ressemblant à un éclair, mais qui arrivait de toutes les directions : au-dessus et en dessous de lui, à sa droite ainsi qu’à sa gauche, devant et derrière lui. Un grand froid l’envahit, il cru être mort. Il se protégea de cette lumière en mettant ses mains sur son visage ; et là, tout son corps, ainsi que tous ses membres sont devenus " œil " : ses yeux , sa tête, ses pieds, tous ses membres avaient la faculté de voir. Il regarda ses habits et vit qu’ils ne pouvaient cacher son corps et empêcher cette vision ; le fait de mettre ses mains sur ses yeux n’affectait pas non plus cette faculté. Une heure après, tout redevint normal.

Il était dans un état de grande faiblesse, incapable de continuer à marcher pour finir sa course ; il se mit à pleurer rebroussa chemin sans achever son parcours ; Dans les premiers temps, ce phénomène extraordinaire recommença et cessa toutes les heures, et à force, il fit partie de lui. Plus tard, il ne s’arrêta qu’une heure le jour et une heure la nuit ; il arriva un moment où il devint continu. Après sa nuit de fath, il alla visiter le wali Idriss ; il vit chez lui un faqih (juriste), le hadj Ahmed Jurnadi qui est l’imam d’Idriss, qui est aussi un arif (savant , gnostique) ; il lui raconta tout ce qui lui était arrivé. Siddi Ahmed Jurnadi lui demanda de répéter cela encore une fois, et quand il eut fini, il le regarda en pleurant et lui dit : cela fait 400 années qu’on a pas vu un tel phénomène ! Il lui donna beaucoup d’argent, et lui fit promettre de venir le voir lorsqu'il serait dans le besoin ; et s’il lui arrivait malheur, il faudrait qu'il aille voir un certain Abd Allâh al-Tawdi. Après la mort de Ahmed Jurnadi, il fit ce qu’il lui avait dit, et partit à la rencontre d’Abd Allâh, qui était un Saint, et qui par sa qualité de wali devina le jour de son arrivée, ainsi que le but de sa visite. Il resta avec lui, le guidant et le conseillant, afin d’éliminer la peur qu'il avait en lui. Au troisième jour de ‘id, il vit saydunna Muhammad (salallâhou 'alayhi wassalam), et son maître lui dit : « avant ce jour, j’avais peur qu’il ne t’arrive quelque chose, maintenant que Allâh t’a fait rencontrer le Prophète, mon cœur est en paix et mon esprit est serein, je peux rentrer chez moi. » C’est là qu'il réalisa, que tant qu'il n’avait pas rencontré le Prophète après son fath, les ténèbres pouvaient interrompre ce phénomène ; c’est pour cela qu’il (le maître) était resté auprès de lui, pour le protéger. À ce moment, il réalisa le chemin parcouru, les efforts dépensés pour respecter les règles établies pour toutes les situations, l’une menant à la suivante, jusqu’à aboutir à la servitude absolue.

Dans une autre partie du Kitâb al-ibrîz, la description du fath (ce mot ici traduit par illumination peut également vouloir dire ouverture, dans le sens ouvrir violemment ou transpercer) devient plus précise et obéit à un ordre chronologique. Il dit en effet : « Sachez que si Allâh veut donner à un serviteur l’une des lumières de la vérité (haqq), elle pénètre son essence (dhat) de tous les côtés en transperçant la peau jusqu’aux os. La souffrance qui s’en suit est semblable à l’ivresse de la mort. Cette formidable lumière a pour but de révéler tous les secrets concernant les créatures et les objets. Ainsi, s’il veut lui montrer les créatures humaines, la lumière lui révèlera les secrets de leur création. Il en sera de même pour les animaux et les végétaux. Et avant chaque vision, il souffrira physique ment de la même manière. La rencontre avec le Prophète se fera quand l’élu aura la vision de son essence noble (dhat alcharifa), pour cela il faudra plus de cent mille rayons de lumière pour faire disparaitre toutes les qualités obscures. Par exemple pour obtenir la patience (sabr), la lumière transperçante fera disparaitre l’angoisse et l’anxiété. Pour obtenir la clémence, il éliminera la sévérité , et ainsi de suite, jusqu’à disparition de toutes les mauvaises qualités. De cette façon, l’élu verra son soi noble, car il aura traversé un nombre très important de stations (maquamat). C’est à ce moment qu’il est prêt à rencontrer notre seigneur al-Rasûl Muhammad. »